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Oraux ESCP Appro

Oraux ESCP des sessions précédentes réécrits et reformulés dans le nouveau format en vigueur depuis la session 2025. Je vous rappelle que dorénavant les oraux sont intégralement sans préparation : il y a un exercice (ci-dessous) à résoudre en 20-22 minutes sans préparation et une petite question sans préparation (voir page QSP) à résoudre en 8-10 minutes. Les exercices originaux sont trouvables sur le site de l’ESCP mais sont obsolètes, je ne conseille pas de travailler dessus pour s’entraîner pour l’ESCP.

Thèmes

469 exercices

ESCP 2015

ESCP Exercice 1 [INT,FVR]

Sujet 1.01 — Analyse

On considère, lorsque cette intégrale converge,

f(x)=∫1+∞dt1+t+tx+1.f(x)=\int_1^{+\infty}\frac{dt}{1+t+t^{x+1}}.
  1. Déterminer le domaine de définition de ff et son sens de variation.
  2. Pour x>0x>0, justifier la convergence de g(x)=∫1+∞dtt+tx+1g(x)=\displaystyle\int_1^{+\infty}\frac{dt}{t+t^{x+1}} et calculer g(x)g(x) à l'aide d'un changement de variable.
  3. Montrer que, pour tout x>0x>0, 0≤g(x)−f(x)≤12x+1.0\leq g(x)-f(x)\leq\frac1{2x+1}.

    En déduire la limite de ff en +∞+\infty et un équivalent de f(x)f(x) lorsque x→0+x\to0^+.

Corrigé
  1. Si x>0x>0, l'intégrande est équivalent à t−x−1t^{-x-1} en +∞+\infty, donc l'intégrale converge. Si x=0x=0, il est équivalent à 1/(2t)1/(2t) ; si x<0x<0, à 1/t1/t : dans ces deux cas elle diverge. Ainsi Df=]0,+∞[\boxed{D_f=]0,+\infty[}. Pour y>x>0y>x>0 et t>1t>1, ty+1>tx+1t^{y+1}>t^{x+1}, donc l'intégrande pour yy est strictement plus petit. L'intégration donne f strictement deˊcroissante\boxed{f\text{ strictement décroissante}}.
  2. Pour x>0x>0, la comparaison à t−x−1t^{-x-1} assure la convergence de g(x)g(x). Le changement u=t−xu=t^{-x} est de classe C1\mathcal C^1, bijectif et strictement décroissant de [1,+∞[[1,+\infty[ sur ]0,1]]0,1], avec du=−xt−x−1dtdu=-xt^{-x-1}dt. Il donne une intégrale de même nature et g(x)=1x∫01du1+u=ln⁡2x.\boxed{g(x)=\frac1x\int_0^1\frac{du}{1+u}=\frac{\ln2}{x}}.
  3. Avec A=t+tx+1A=t+t^{x+1}, 0≤1A−1A+1=1A(A+1)≤t−2x−2.0\leq\frac1A-\frac1{A+1}=\frac1{A(A+1)}\leq t^{-2x-2}.

    En intégrant entre 11 et RR, puis en faisant tendre RR vers +∞+\infty,

    0≤g(x)−f(x)≤12x+1.\boxed{0\leq g(x)-f(x)\leq\frac1{2x+1}}.

    L'encadrement 0<f(x)≤ln⁡2/x0<f(x)\leq\ln2/x entraîne f(x)⟶0 (x→+∞)\boxed{f(x)\longrightarrow0\ (x\to+\infty)}. Au voisinage de 00 à droite, ∣xf(x)−ln⁡2∣≤x/(2x+1)→0|xf(x)-\ln2|\leq x/(2x+1)\to0, donc f(x)∼ln⁡2/x\boxed{f(x)\sim\ln2/x}.

ESCP Exercice 2 [INT,SS]

Sujet 1.02 — Analyse

Pour n∈Nn\in\mathbb{N}, on pose

un=∫01xn1+x dx,vn=∫01xn1−x dx.u_n=\int_0^1\frac{x^n}{\sqrt{1+x}}\,dx,\qquad v_n=\int_0^1\frac{x^n}{\sqrt{1-x}}\,dx.
  1. Justifier ces définitions. Étudier la monotonie et la limite de (un)(u_n).
  2. À l'aide d'intégrations par parties, déterminer les réels a,ba,b tels que un=an+bn2+o ⁣(1n2)(n→+∞).u_n=\frac a n+\frac b{n^2}+o\!\left(\frac1{n^2}\right)\quad(n\to+\infty).

    Quelle est la nature de la série ∑un\sum u_n ?

  3. Déterminer la limite de (vn)(v_n) et la nature de la série ∑vn\sum v_n.
Corrigé
  1. L'intégrande de unu_n est continu sur [0,1][0,1]. Celui de vnv_n est positif et majoré par (1−x)−1/2(1-x)^{-1/2}, dont l'intégrale sur [0,1[[0,1[ vaut 22. Les deux nombres existent. Comme xn+1<xnx^{n+1}<x^n pour 0<x<10<x<1, un+1<unu_{n+1}<u_n. Enfin 0≤un≤∫01xndx=1/(n+1)0\leq u_n\leq\int_0^1x^n dx=1/(n+1) : un↓0\boxed{u_n\downarrow0}.
  2. Posons h(x)=(1+x)−1/2h(x)=(1+x)^{-1/2}. Les fonctions hh, h′h' et les puissances utilisées sont de classe C1\mathcal C^1 sur [0,1][0,1]. On a h′=−(1/2)(1+x)−3/2h'=-(1/2)(1+x)^{-3/2} et h′′=(3/4)(1+x)−5/2h''=(3/4)(1+x)^{-5/2}. Pour la première intégration par parties, prendre u=hu=h et v=xn+1/(n+1)v=x^{n+1}/(n+1), avec u′=h′u'=h' et v′=xnv'=x^n. Pour la seconde, prendre u=h′u=h' et v=xn+2/(n+2)v=x^{n+2}/(n+2), avec u′=h′′u'=h'' et v′=xn+1v'=x^{n+1}. Les deux intégrations par parties sur ce segment donnent un=h(1)n+1−h′(1)(n+1)(n+2)+1(n+1)(n+2)∫01xn+2h′′(x)dx.u_n=\frac{h(1)}{n+1}-\frac{h'(1)}{(n+1)(n+2)}+\frac1{(n+1)(n+2)}\int_0^1x^{n+2}h''(x)dx.

    Le dernier terme est compris entre 00 et 3/[4(n+1)(n+2)(n+3)]3/[4(n+1)(n+2)(n+3)]. Comme h(1)=1/2h(1)=1/\sqrt2 et h′(1)=−1/(42)h'(1)=-1/(4\sqrt2),

    un=12 n−342 n2+o(1/n2).\boxed{u_n=\frac1{\sqrt2\,n}-\frac3{4\sqrt2\,n^2}+o(1/n^2)}.

    Ainsi a=1/2, b=−3/(42)\boxed{a=1/\sqrt2,\ b=-3/(4\sqrt2)} ; par comparaison avec la série harmonique, ∑un diverge\boxed{\sum u_n\text{ diverge}}.

  3. Pour 0<a<10<a<1, 0≤vn≤an∫0adx1−x+∫a1dx1−x≤2an+21−a.0\leq v_n\leq a^n\int_0^a\frac{dx}{\sqrt{1-x}}+\int_a^1\frac{dx}{\sqrt{1-x}}\leq2a^n+2\sqrt{1-a}.

    Pour tout ε>0\varepsilon>0, choisir d'abord aa tel que 21−a<ε/22\sqrt{1-a}<\varepsilon/2, puis nn tel que 2an<ε/22a^n<\varepsilon/2. Donc vn→0\boxed{v_n\to0}. Mais vn≥∫01xndx=1/(n+1)v_n\geq\int_0^1x^n dx=1/(n+1) : ∑vn diverge\boxed{\sum v_n\text{ diverge}}.

ESCP Exercice 3 [INT,FVR]

Sujet 1.03 — Analyse

On considère

F(x)=∫0+∞e−xt21+t dtF(x)=\int_0^{+\infty}\frac{e^{-xt^2}}{1+t}\,dt

pour les réels xx pour lesquels l'intégrale converge. On admet que ∫0+∞e−u2 du=π2\displaystyle\int_0^{+\infty}e^{-u^2}\,du=\frac{\sqrt\pi}{2}.

  1. Déterminer le domaine de définition de FF et son sens de variation.
  2. Montrer que, pour x>0x>0, F(x)≥1e∫01/xdt1+t,F(x)=∫0+∞e−u2x+u du.F(x)\geq\frac1e\int_0^{1/\sqrt x}\frac{dt}{1+t},\qquad F(x)=\int_0^{+\infty}\frac{e^{-u^2}}{\sqrt x+u}\,du.

    En déduire les limites de FF aux extrémités de son domaine.

  3. À l'aide de la seconde expression, montrer que FF est continue et établir le développement F(x)=π2x−12x+o ⁣(1x)(x→+∞).F(x)=\frac{\sqrt\pi}{2\sqrt x}-\frac1{2x}+o\!\left(\frac1x\right)\quad(x\to+\infty).
Corrigé
  1. Pour x>0x>0, l'intégrande est continu en 00 et, pour t≥1t\geq1, majoré par e−xte^{-xt} : l'intégrale converge. Pour x≤0x\leq0, il est supérieur à 1/(1+t)1/(1+t) : elle diverge. Ainsi DF=]0,+∞[\boxed{D_F=]0,+\infty[}. La comparaison stricte des intégrandes donne F strictement deˊcroissante\boxed{F\text{ strictement décroissante}}.
  2. Pour 0≤t≤1/x0\leq t\leq1/\sqrt x, e−xt2≥e−1e^{-xt^2}\geq e^{-1}, donc F(x)≥e−1ln⁡(1+1/x).F(x)\geq e^{-1}\ln(1+1/\sqrt x).

    Le changement u=x tu=\sqrt x\,t est de classe C1\mathcal C^1, bijectif de [0,+∞[[0,+\infty[ sur lui-même ; l'intégrale obtenue a la même nature et

    F(x)=∫0+∞e−u2x+u du.\boxed{F(x)=\int_0^{+\infty}\frac{e^{-u^2}}{\sqrt x+u}\,du}.

    La minoration précédente donne F(x)→+∞ (x→0+)\boxed{F(x)\to+\infty\ (x\to0^+)}. La majoration F(x)≤π/(2x)F(x)\leq\sqrt\pi/(2\sqrt x) donne F(x)→0 (x→+∞)\boxed{F(x)\to0\ (x\to+\infty)}.

  3. Pour x,y>0x,y>0, en intégrant une majoration de la différence, ∣F(x)−F(y)∣≤∣x−y∣xyπ2.|F(x)-F(y)|\leq\frac{|\sqrt x-\sqrt y|}{\sqrt x\sqrt y}\frac{\sqrt\pi}2.

    Le membre de droite tend vers 00 quand y→x>0y\to x>0 : F est continue\boxed{F\text{ est continue}}. L'identité indiquée, avec s=xs=\sqrt x, donne

    F(x)=π2x−12x+R(x),0≤R(x)≤x−3/2∫0+∞u2e−u2du.F(x)=\frac{\sqrt\pi}{2\sqrt x}-\frac1{2x}+R(x),\quad 0\leq R(x)\leq x^{-3/2}\int_0^{+\infty}u^2e^{-u^2}du.

    L'intégrale de droite converge par comparaison à e−u2/2e^{-u^2/2} puis à e−u/2e^{-u/2} pour u≥1u\geq1. Le calcul ∫0+∞ue−u2du=1/2\int_0^{+\infty}ue^{-u^2}du=1/2 provient de la primitive −e−u2/2-e^{-u^2}/2. Donc xR(x)→0xR(x)\to0, ce qui établit

    F(x)=π2x−12x+o(1/x).\boxed{F(x)=\frac{\sqrt\pi}{2\sqrt x}-\frac1{2x}+o(1/x)}.

ESCP Exercice 4 [SS]

Sujet 1.04 — Analyse

Soit a>0a>0. On définit u1=au_1=a et, pour tout n≥1n\geq1,

un+1=un2n.u_{n+1}=\frac{u_n^2}{\sqrt n}.
  1. Montrer que si un≥nu_n\geq\sqrt n pour tout n≥1n\geq1, alors (un)(u_n) tend vers +∞+\infty.
  2. Montrer que, s'il existe k≥1k\geq1 tel que uk<ku_k<\sqrt k, alors (un)(u_n) tend vers 00. En déduire que (un)(u_n) converge si et seulement si un de ses termes est strictement inférieur à 11.
  3. On pose vn=21−nln⁡unv_n=2^{1-n}\ln u_n. Établir une relation entre vnv_n et vn+1v_{n+1} et justifier la convergence de S=∑n=1+∞ln⁡n2n+1.S=\sum_{n=1}^{+\infty}\frac{\ln n}{2^{n+1}}.
  4. Montrer que (un)(u_n) converge si et seulement si a<eSa<e^S.
Corrigé
  1. L'hypothèse donne directement un≥n→+∞u_n\geq\sqrt n\to+\infty, donc un→+∞\boxed{u_n\to+\infty}.
  2. On a rn+1=rn2n/(n+1)≤rn2r_{n+1}=r_n^2\sqrt{n/(n+1)}\leq r_n^2. Si rk=ρ<1r_k=\rho<1, une récurrence donne rk+j≤ρ2jr_{k+j}\leq\rho^{2^j} et 0<uk+j≤k+jρ2j→00<u_{k+j}\leq\sqrt{k+j}\rho^{2^j}\to0 par croissances comparées. Ainsi uk<k⇒un→0\boxed{u_k<\sqrt k\Rightarrow u_n\to0}. En l'absence d'un tel kk, la question 1 s'applique. Une suite convergente est donc nécessairement de limite 00, et possède alors un terme inférieur à 11. Réciproquement, uk<1u_k<1 entraîne uk<ku_k<\sqrt k. Donc (un) converge  ⟺  ∃k, uk<1\boxed{(u_n)\text{ converge}\iff\exists k,\ u_k<1}.
  3. En prenant les logarithmes, vn+1=vn−ln⁡n2n+1,vn=ln⁡a−∑k=1n−1ln⁡k2k+1.\boxed{v_{n+1}=v_n-\frac{\ln n}{2^{n+1}},\qquad v_n=\ln a-\sum_{k=1}^{n-1}\frac{\ln k}{2^{k+1}}}.

    Par croissances comparées, ln⁡k≤2k/2\ln k\leq2^{k/2} pour kk assez grand ; la série positive définissant SS est donc dominée, à partir d'un certain rang, par une série géométrique de raison 1/21/\sqrt2. Ainsi S existe\boxed{S\text{ existe}}.

  4. Si ln⁡a<S\ln a<S, alors vn→ln⁡a−S<0v_n\to\ln a-S<0, et ln⁡un=2n−1vn→−∞\ln u_n=2^{n-1}v_n\to-\infty : un→0u_n\to0. Si ln⁡a≥S\ln a\geq S, ln⁡un=2n−1(ln⁡a−S+∑k=n+∞ln⁡k2k+1)≥12ln⁡n,\ln u_n=2^{n-1}\left(\ln a-S+\sum_{k=n}^{+\infty}\frac{\ln k}{2^{k+1}}\right)\geq\frac12\ln n,

    car ∑k=n+∞2−k−1=2−n\sum_{k=n}^{+\infty}2^{-k-1}=2^{-n}. Donc un≥n→+∞u_n\geq\sqrt n\to+\infty, y compris au seuil a=eSa=e^S. Finalement (un) converge  ⟺  a<eS\boxed{(u_n)\text{ converge}\iff a<e^S}.

ESCP Exercice 5 [INT]

Sujet 1.05 — Analyse

On considère

F(x)=∫0+∞arctan⁡(xt)t(1+t2) dt.F(x)=\int_0^{+\infty}\frac{\arctan(xt)}{t(1+t^2)}\,dt.
  1. Déterminer le domaine de définition DD de FF et sa parité.
  2. On admet que FF est de classe C1\mathcal C^1 sur DD et que F′(x)=∫0+∞dt(1+t2)(1+x2t2).F'(x)=\int_0^{+\infty}\frac{dt}{(1+t^2)(1+x^2t^2)}.

    Calculer F′(x)F'(x), puis F(x)F(x) pour tout x∈Dx\in D.

  3. Justifier la convergence de l'intégrale suivante et calculer sa valeur : ∫0+∞(arctan⁡tt)2dt.\int_0^{+\infty}\left(\frac{\arctan t}{t}\right)^2dt.
Corrigé
  1. En 00, arctan⁡(xt)/t→x\arctan(xt)/t\to x ; en +∞+\infty, la valeur absolue de l'intégrande est majorée par π/(2t3)\pi/(2t^3). Ainsi D=R\boxed{D=\mathbb R}. L'imparité de arctan⁡\arctan donne F(−x)=−F(x)\boxed{F(-x)=-F(x)}.
  2. Notons a=∣x∣a=|x| et J(a)=∫0+∞[(1+t2)(1+a2t2)]−1dtJ(a)=\int_0^{+\infty}[(1+t^2)(1+a^2t^2)]^{-1}dt. Pour a>0a>0, le changement t=tan⁡θt=\tan\theta, de classe C1\mathcal C^1 et bijectif de [0,π/2[[0,\pi/2[ sur [0,+∞[[0,+\infty[, donne une intégrale de même nature : J(a)=∫0π/2cos⁡2θcos⁡2θ+a2sin⁡2θ dθ.J(a)=\int_0^{\pi/2}\frac{\cos^2\theta}{\cos^2\theta+a^2\sin^2\theta}\,d\theta.

    Si K(a)K(a) désigne la même intégrale avec sin⁡2θ\sin^2\theta au numérateur, alors J+a2K=π/2J+a^2K=\pi/2. Le même changement, puis v=atv=at, donne J+K=∫0+∞(1+a2t2)−1dt=π/(2a)J+K=\int_0^{+\infty}(1+a^2t^2)^{-1}dt=\pi/(2a). Pour a≠1a\neq1, la résolution de ces deux égalités donne J=π/[2(1+a)]J=\pi/[2(1+a)]. Pour a=1a=1, J=∫0π/2cos⁡2θ dθ=π/4J=\int_0^{\pi/2}\cos^2\theta\,d\theta=\pi/4 ; pour a=0a=0, J=π/2J=\pi/2. La formule admise de dérivation entraîne donc

    F′(x)=π2(1+∣x∣).\boxed{F'(x)=\frac\pi{2(1+|x|)}}.

    Comme F(0)=0F(0)=0, l'intégration sur le segment entre 00 et xx, puis l'imparité, donnent

    F(x)={π2ln⁡(1+x)x≥0,−π2ln⁡(1−x)x<0.\boxed{F(x)=\begin{cases}\frac\pi2\ln(1+x)&x\geq0,\\-\frac\pi2\ln(1-x)&x<0.\end{cases}}
  3. L'intégrande tend vers 11 en 00 et est majoré par π2/(4t2)\pi^2/(4t^2) à l'infini. Sur [ε,R][\varepsilon,R], les fonctions u(t)=(arctan⁡t)2u(t)=(\arctan t)^2 et v(t)=−1/tv(t)=-1/t sont de classe C1\mathcal C^1, avec u′=2arctan⁡t/(1+t2)u'=2\arctan t/(1+t^2) et v′=1/t2v'=1/t^2. L'intégration par parties donne ∫εR(arctan⁡t)2t2dt=[−(arctan⁡t)2t]εR+2∫εRarctan⁡tt(1+t2)dt.\int_\varepsilon^R\frac{(\arctan t)^2}{t^2}dt=\left[-\frac{(\arctan t)^2}t\right]_\varepsilon^R+2\int_\varepsilon^R\frac{\arctan t}{t(1+t^2)}dt.

    Le terme de bord tend vers 00 aux deux extrémités. Ainsi ∫0+∞(arctan⁡t/t)2dt=2F(1)=πln⁡2\boxed{\int_0^{+\infty}(\arctan t/t)^2dt=2F(1)=\pi\ln2}.

ESCP Exercice 6 [INT,FVR,EV-AL,RED]

Sujet 1.06 — Analyse

Soit E=C0(R+,R)E=\mathcal C^0(\mathbb{R}_+,\mathbb{R}) et soit ω∈E\omega\in E strictement positive. On pose Ω(x)=∫0xω(t) dt\Omega(x)=\displaystyle\int_0^x\omega(t)\,dt. Pour f∈Ef\in E et x>0x>0, on définit

T(f)(x)=1Ω(x)∫0xf(t)ω(t) dt.T(f)(x)=\frac1{\Omega(x)}\int_0^x f(t)\omega(t)\,dt.
  1. Montrer que T(f)T(f) se prolonge continûment en 00. On note encore T(f)T(f) ce prolongement.
  2. Montrer que TT est un endomorphisme injectif de EE. L'image d'une fonction bornée est-elle bornée ?
  3. Soient λ≠0\lambda\neq0 et f∈Ef\in E tels que T(f)=λfT(f)=\lambda f. Montrer que ff est dérivable sur R+∗\mathbb{R}_+^* et déterminer une équation différentielle vérifiée par ff.
  4. Déterminer toutes les valeurs propres réelles de TT et les sous-espaces propres associés.
Corrigé
  1. Pour x>0x>0, Ω(x)>0\Omega(x)>0. Pour tout ε>0\varepsilon>0, la continuité de ff en 00 donne ∣f(t)−f(0)∣≤ε|f(t)-f(0)|\leq\varepsilon sur un segment [0,δ][0,\delta]. Si 0<x≤δ0<x\leq\delta, ∣T(f)(x)−f(0)∣≤1Ω(x)∫0xεω(t)dt=ε.|T(f)(x)-f(0)|\leq\frac1{\Omega(x)}\int_0^x\varepsilon\omega(t)dt=\varepsilon.

    Ainsi T(f)(0)=f(0)\boxed{T(f)(0)=f(0)} définit le prolongement continu.

  2. La linéarité provient de celle de l'intégrale et de l'évaluation en 00 ; sur ]0,+∞[]0,+\infty[ le quotient est continu. Si T(f)=0T(f)=0, alors ∫0xf(t)ω(t)dt=0\int_0^x f(t)\omega(t)dt=0 ; le théorème fondamental de l'analyse donne f(x)ω(x)=0f(x)\omega(x)=0, donc f=0f=0 sur ]0,+∞[]0,+\infty[ puis en 00. Ainsi T est un endomorphisme injectif\boxed{T\text{ est un endomorphisme injectif}}. Si ∣f∣≤M|f|\leq M, alors ∣T(f)∣≤M|T(f)|\leq M par positivité des poids : T(f) est borneˊe\boxed{T(f)\text{ est bornée}}.
  3. Si T(f)=λfT(f)=\lambda f avec λ≠0\lambda\neq0, l'égalité λΩf=∫0xfω\lambda\Omega f=\int_0^x f\omega montre que ff est de classe C1\mathcal C^1 sur ]0,+∞[]0,+\infty[. En dérivant, λΩf′=(1−λ)ωf.\boxed{\lambda\Omega f'=(1-\lambda)\omega f}.

    En posant c=(1−λ)/λc=(1-\lambda)/\lambda, la dérivée de fΩ−cf\Omega^{-c} est nulle : f(x)=CΩ(x)cf(x)=C\Omega(x)^c pour x>0x>0.

  4. L'injectivité exclut 00. Si c<0c<0, Ω(x)→0\Omega(x)\to0 en 00 et une solution non nulle diverge : elle n'appartient pas à EE. Si c=0c=0, les solutions sont les constantes, avec λ=1\lambda=1. Si c>0c>0, Ωc\Omega^c se prolonge par 00 en 00 et ∫0xΩ(t)cω(t)dt=Ω(x)c+1c+1,\int_0^x\Omega(t)^c\omega(t)dt=\frac{\Omega(x)^{c+1}}{c+1},

    par le théorème fondamental, d'abord sur [ε,x][\varepsilon,x] puis en faisant tendre ε\varepsilon vers 00. Donc T(Ωc)=Ωc/(c+1)T(\Omega^c)=\Omega^c/(c+1). Finalement

    Sp⁡(T)=]0,1],E1=Vect⁡(1),Eλ=Vect⁡(Ω1/λ−1) (0<λ<1).\boxed{\operatorname{Sp}(T)=]0,1],\quad E_1=\operatorname{Vect}(1),\quad E_\lambda=\operatorname{Vect}(\Omega^{1/\lambda-1})\ (0<\lambda<1)}.

ESCP Exercice 7 [SS]

Sujet 1.07 — Analyse

Soit (an)n≥1(a_n)_{n\geq1} une suite de réels strictement positifs. Pour n≥1n\geq1, on définit

un=a1+a2+⋯+an.u_n=\sqrt{a_1+\sqrt{a_2+\cdots+\sqrt{a_n}}}.
  1. Montrer que (un)(u_n) est croissante. Montrer également que remplacer chaque aka_k par un réel plus grand ne peut que faire augmenter unu_n.
  2. Étudier la convergence de (un)(u_n) lorsque an=β>0a_n=\beta>0 pour tout nn, puis lorsque an=α2na_n=\alpha^{2^n}, avec α>0\alpha>0. Déterminer les limites dans ces deux cas.
  3. Montrer que (un)(u_n) converge si et seulement si la suite (2−nln⁡an)n≥1\bigl(2^{-n}\ln a_n\bigr)_{n\geq1} est majorée.
Corrigé
  1. La racine carrée est croissante : augmenter un terme interne augmente chaque radical extérieur. Le passage de unu_n à un+1u_{n+1} remplace le dernier an\sqrt{a_n} par an+an+1>an\sqrt{a_n+\sqrt{a_{n+1}}}>\sqrt{a_n}. Donc un+1>un\boxed{u_{n+1}>u_n} et la monotonie par rapport à chaque aka_k est établie.
  2. Si ak=βa_k=\beta, notons wn=unw_n=u_n ; alors w1=βw_1=\sqrt\beta et wn+1=β+wnw_{n+1}=\sqrt{\beta+w_n}. Le nombre L=(1+1+4β)/2L=(1+\sqrt{1+4\beta})/2 vérifie L2=β+LL^2=\beta+L et w1<Lw_1<L. Par récurrence wn<Lw_n<L. Le théorème de la limite monotone donne une limite positive ℓ\ell, et ℓ2=β+ℓ\ell^2=\beta+\ell impose un→1+1+4β2.\boxed{u_n\to\frac{1+\sqrt{1+4\beta}}2}.

    Si ak=α2ka_k=\alpha^{2^k}, la factorisation des puissances de α\alpha à chaque étage donne un=αznu_n=\alpha z_n, où z1=1z_1=1 et zn+1=1+znz_{n+1}=\sqrt{1+z_n}. Le cas précédent, avec β=1\beta=1, entraîne un→α(1+5)/2\boxed{u_n\to\alpha(1+\sqrt5)/2}.

  3. Si un→Lu_n\to L, alors L>0L>0 et un≤Lu_n\leq L. En ne gardant que le dernier terme à l'intérieur des radicaux, un≥an1/2nu_n\geq a_n^{1/2^n} ; ainsi 2−nln⁡an≤ln⁡L2^{-n}\ln a_n\leq\ln L. Réciproquement, si 2−nln⁡an≤C2^{-n}\ln a_n\leq C, poser α=eC>0\alpha=e^C>0 ; alors an≤α2na_n\leq\alpha^{2^n} et, par la monotonie prouvée, un≤αzn≤α1+52.u_n\leq\alpha z_n\leq\alpha\frac{1+\sqrt5}2.

    La suite (un)(u_n) est croissante et majorée, donc converge. Ainsi (un) converge  ⟺  (2−nln⁡an) est majoreˊe\boxed{(u_n)\text{ converge}\iff(2^{-n}\ln a_n)\text{ est majorée}}.

ESCP Exercice 8 [FNV,BIL]

Sujet 1.08 — Analyse

Soit n≥2n\geq2. Pour x=(x1,…,xn)∈Rnx=(x_1,\ldots,x_n)\in\mathbb{R}^n, on pose

f(x)=∏k=1nxk2,g(x)=∑k=1nxk2.f(x)=\prod_{k=1}^n x_k^2,\qquad g(x)=\sum_{k=1}^n x_k^2.

La norme est la norme euclidienne.

  1. Justifier que ff atteint un maximum sur la sphère unité et déterminer ce maximum ainsi que les points où il est atteint.
  2. En déduire, pour tout u∈Rnu\in\mathbb{R}^n, une majoration de ∣∏k=1nuk∣\left|\prod_{k=1}^n u_k\right| en fonction de ∥u∥\left\lVert u\right\rVert.
  3. Soit a=(a1,…,an)≠0a=(a_1,\ldots,a_n)\neq0. Montrer que gg atteint un minimum sous la contrainte ∑k=1nakxk=1\sum_{k=1}^n a_kx_k=1, puis déterminer sa valeur et les points où il est atteint.
Corrigé
  1. La sphère unité est fermée bornée et ff y est continue ; le théorème des bornes atteintes assure un maximum. Il est positif, puisque xi=1/nx_i=1/\sqrt n donne f(x)=n−nf(x)=n^{-n}. En un point de maximum, tous les ti=xi2t_i=x_i^2 sont donc strictement positifs et leur somme vaut 11. Si ti≠tjt_i\neq t_j, les remplacer par (ti+tj)/2(t_i+t_j)/2 préserve la somme et augmente strictement le produit, car ((ti+tj)/2)2−titj=(ti−tj)2/4>0((t_i+t_j)/2)^2-t_it_j=(t_i-t_j)^2/4>0. Contradiction. Tous les tit_i valent donc 1/n1/n : max⁡f=n−n,xi∈{−1/n,1/n} pour tout i.\boxed{\max f=n^{-n},\quad x_i\in\{-1/\sqrt n,1/\sqrt n\}\text{ pour tout }i}.
  2. Si u=0u=0, le produit est nul. Sinon x=u/∥u∥x=u/\|u\| appartient à la sphère ; la question précédente donne ∣∏i=1nui∣≤∥u∥nnn/2.\boxed{\left|\prod_{i=1}^nu_i\right|\leq\frac{\|u\|^n}{n^{n/2}}}.

    L'égalité, pour u≠0u\neq0, équivaut à ∣ui∣=∥u∥/n|u_i|=\|u\|/\sqrt n pour tout ii.

  3. Si ⟨a,x⟩=1\langle a,x\rangle=1, Cauchy-Schwarz donne 1≤∥a∥∥x∥1\leq\|a\|\|x\|, donc g(x)≥1/∥a∥2g(x)\geq1/\|a\|^2. Le vecteur x∗=a/∥a∥2x_*=a/\|a\|^2 satisfait la contrainte et atteint cette borne. Dans le cas d'égalité, xx est colinéaire à aa et la contrainte fixe le coefficient. Ainsi min⁡g=1∥a∥2,atteint uniquement en x∗=a∥a∥2.\boxed{\min g=\frac1{\|a\|^2},\quad\text{atteint uniquement en }x_*=\frac a{\|a\|^2}}.

ESCP Exercice 9 [INT,FVR]

Sujet 1.09 — Analyse

Soient a<ba<b deux réels.

  1. Soient f,g:[a,b]→Rf,g:[a,b]\to\mathbb{R} continues, gg gardant un signe constant. Montrer qu'il existe c∈[a,b]c\in[a,b] tel que ∫abf(x)g(x) dx=f(c)∫abg(x) dx.\int_a^b f(x)g(x)\,dx=f(c)\int_a^b g(x)\,dx.
  2. Soit maintenant f:[a,b]→R+f:[a,b]\to\mathbb{R}_+ de classe C1\mathcal C^1, décroissante, et soit g:[a,b]→Rg:[a,b]\to\mathbb{R} continue. En introduisant G(x)=∫axg(t) dtG(x)=\int_a^xg(t)\,dt, montrer qu'il existe c∈[a,b]c\in[a,b] tel que ∫abf(x)g(x) dx=f(a)∫acg(x) dx.\int_a^b f(x)g(x)\,dx=f(a)\int_a^c g(x)\,dx.
Corrigé
  1. Supposons d'abord g≥0g\geq0. Si ∫abg=0\int_a^b g=0, sa continuité et sa positivité imposent g=0g=0, et tout cc convient. Sinon, en notant m=min⁡fm=\min f et M=max⁡fM=\max f sur le segment, l'intégration de mg≤fg≤Mgmg\leq fg\leq Mg donne m≤∫abfg∫abg≤M.m\leq\frac{\int_a^b fg}{\int_a^b g}\leq M.

    Par le théorème des valeurs intermédiaires, ce quotient est f(c)f(c) pour un c∈[a,b]c\in[a,b]. Si g≤0g\leq0, appliquer le raisonnement à −g-g. Ainsi ∫abfg=f(c)∫abg\boxed{\int_a^b fg=f(c)\int_a^b g}.

  2. La fonction GG est de classe C1\mathcal C^1, G′=gG'=g et G(a)=0G(a)=0. Les fonctions f,Gf,G sont de classe C1\mathcal C^1 sur [a,b][a,b], donc l'intégration par parties donne I=∫abfG′=f(b)G(b)+∫ab(−f′(x))G(x)dx.I=\int_a^b fG'=f(b)G(b)+\int_a^b(-f'(x))G(x)dx.

    Notons m=min⁡Gm=\min G et M=max⁡GM=\max G. Comme f(b)≥0f(b)\geq0 et −f′≥0-f'\geq0, le membre de droite est compris entre mf(a)mf(a) et Mf(a)Mf(a) : la somme des poids vaut f(b)+∫ab(−f′)=f(a)f(b)+\int_a^b(-f')=f(a). Si f(a)>0f(a)>0, I/f(a)∈[m,M]I/f(a)\in[m,M] est une valeur G(c)G(c) par continuité. Si f(a)=0f(a)=0, la positivité et la décroissance donnent f=0f=0 et tout cc convient. Ainsi

    ∫abf(x)g(x)dx=f(a)G(c)=f(a)∫acg(x)dx.\boxed{\int_a^b f(x)g(x)dx=f(a)G(c)=f(a)\int_a^c g(x)dx}.

ESCP Exercice 10 [FVR,SS]

Sujet 1.10 — Analyse

On cherche les fonctions g:]−1,+∞[→Rg:]-1,+\infty[\to\mathbb{R} vérifiant

g(x+1)−g(x)=−1(x+1)2,lim⁡x→+∞g(x)=0.g(x+1)-g(x)=-\frac1{(x+1)^2},\qquad\lim_{x\to+\infty}g(x)=0.
  1. Montrer qu'une telle fonction est nécessairement donnée par g(x)=∑n=1+∞1(x+n)2.g(x)=\sum_{n=1}^{+\infty}\frac1{(x+n)^2}.
  2. Justifier que cette expression définit une fonction sur ]−1,+∞[]-1,+\infty[ et montrer qu'elle est l'unique solution du problème. Préciser son sens de variation.
  3. Déterminer un équivalent de gg en +∞+\infty, puis sa limite en −1-1 par valeurs supérieures.
Corrigé
  1. En sommant les NN égalités, g(x+N)−g(x)=−∑k=1N(x+k)−2g(x+N)-g(x)=-\sum_{k=1}^N(x+k)^{-2}. Comme g(x+N)→0g(x+N)\to0, nécessairement g(x)=∑k=1+∞1(x+k)2.\boxed{g(x)=\sum_{k=1}^{+\infty}\frac1{(x+k)^2}}.
  2. Pour x>−1x>-1, les termes sont définis et positifs, et (x+k)−2∼k−2(x+k)^{-2}\sim k^{-2} ; la série converge. La soustraction des sommes partielles, puis leur passage à la limite, donne g(x+1)=g(x)−(x+1)−2g(x+1)=g(x)-(x+1)^{-2}. Pour x>0x>0, la comparaison série-intégrale donne 1x+1≤g(x)≤1x.\frac1{x+1}\leq g(x)\leq\frac1x.

    Elle entraîne g(x)→0g(x)\to0 à l'infini. La fonction construite satisfait donc toutes les conditions, et la question 1 prouve son unicité. Si y>x>−1y>x>-1, tous les termes de la série pour yy sont plus petits ; la différence est strictement positive dès le premier terme. Ainsi g est strictement deˊcroissante\boxed{g\text{ est strictement décroissante}}.

  3. L'encadrement précédent implique xg(x)→1xg(x)\to1, d'où g(x)∼1/x (x→+∞)\boxed{g(x)\sim1/x\ (x\to+\infty)}. Quand x→−1+x\to-1^+, g(x)≥(x+1)−2→+∞g(x)\geq(x+1)^{-2}\to+\infty : g(x)→+∞\boxed{g(x)\to+\infty}.