Oraux ESCP des sessions précédentes réécrits et reformulés dans le nouveau format en vigueur depuis la session 2025. Je vous rappelle que dorénavant les oraux sont intégralement sans préparation : il y a un exercice (ci-dessous) à résoudre en 20-22 minutes sans préparation et une petite question sans préparation (voir page QSP) à résoudre en 8-10 minutes. Les exercices originaux sont trouvables sur le site de l’ESCP mais sont obsolètes, je ne conseille pas de travailler dessus pour s’entraîner pour l’ESCP.
469 exercices
ESCP 2015
ESCP Exercice 1[INT,FVR]
Sujet 1.01 — Analyse
On considère, lorsque cette intégrale converge,
f(x)=∫1+∞1+t+tx+1dt.
Déterminer le domaine de définition de f et son sens de variation.
Pour x>0, justifier la convergence de g(x)=∫1+∞t+tx+1dt et calculer g(x) à l'aide d'un changement de variable.
Montrer que, pour tout x>0,
0≤g(x)−f(x)≤2x+11.
En déduire la limite de f en +∞ et un équivalent de f(x) lorsque x→0+.
Indication 1. Comparer l'intégrande à t−x−1 à l'infini. Pour g, poser u=t−x.
Indication 2. Écrire la différence des deux fractions ; son intégrale est majorée par celle de t−2x−2.
Corrigé
Si x>0, l'intégrande est équivalent à t−x−1 en +∞, donc l'intégrale converge. Si x=0, il est équivalent à 1/(2t) ; si x<0, à 1/t : dans ces deux cas elle diverge. Ainsi Df=]0,+∞[. Pour y>x>0 et t>1, ty+1>tx+1, donc l'intégrande pour y est strictement plus petit. L'intégration donne f strictement deˊcroissante.
Pour x>0, la comparaison à t−x−1 assure la convergence de g(x). Le changement u=t−x est de classe C1, bijectif et strictement décroissant de [1,+∞[ sur ]0,1], avec du=−xt−x−1dt. Il donne une intégrale de même nature et
g(x)=x1∫011+udu=xln2.
Avec A=t+tx+1,
0≤A1−A+11=A(A+1)1≤t−2x−2.
En intégrant entre 1 et R, puis en faisant tendre R vers +∞,
0≤g(x)−f(x)≤2x+11.
L'encadrement 0<f(x)≤ln2/x entraîne f(x)⟶0(x→+∞). Au voisinage de 0 à droite, ∣xf(x)−ln2∣≤x/(2x+1)→0, donc f(x)∼ln2/x.
ESCP Exercice 2[INT,SS]
Sujet 1.02 — Analyse
Pour n∈N, on pose
un=∫011+xxndx,vn=∫011−xxndx.
Justifier ces définitions. Étudier la monotonie et la limite de (un).
À l'aide d'intégrations par parties, déterminer les réels a,b tels que
un=na+n2b+o(n21)(n→+∞).
Quelle est la nature de la série ∑un ?
Déterminer la limite de (vn) et la nature de la série ∑vn.
Indication 1. Pour un, intégrer deux fois par parties en prenant successivement les primitives xn+1/(n+1) puis xn+2/(n+2).
Indication 2. Pour vn, couper l'intégrale en a∈]0,1[ ; pour la série, minorer par 1/(n+1).
Corrigé
L'intégrande de un est continu sur [0,1]. Celui de vn est positif et majoré par (1−x)−1/2, dont l'intégrale sur [0,1[ vaut 2. Les deux nombres existent. Comme xn+1<xn pour 0<x<1, un+1<un. Enfin 0≤un≤∫01xndx=1/(n+1) : un↓0.
Posons h(x)=(1+x)−1/2. Les fonctions h, h′ et les puissances utilisées sont de classe C1 sur [0,1]. On a h′=−(1/2)(1+x)−3/2 et h′′=(3/4)(1+x)−5/2. Pour la première intégration par parties, prendre u=h et v=xn+1/(n+1), avec u′=h′ et v′=xn. Pour la seconde, prendre u=h′ et v=xn+2/(n+2), avec u′=h′′ et v′=xn+1. Les deux intégrations par parties sur ce segment donnent
un=n+1h(1)−(n+1)(n+2)h′(1)+(n+1)(n+2)1∫01xn+2h′′(x)dx.
Le dernier terme est compris entre 0 et 3/[4(n+1)(n+2)(n+3)]. Comme h(1)=1/2 et h′(1)=−1/(42),
un=2n1−42n23+o(1/n2).
Ainsi a=1/2,b=−3/(42) ; par comparaison avec la série harmonique, ∑un diverge.
Pour 0<a<1,
0≤vn≤an∫0a1−xdx+∫a11−xdx≤2an+21−a.
Pour tout ε>0, choisir d'abord a tel que 21−a<ε/2, puis n tel que 2an<ε/2. Donc vn→0. Mais vn≥∫01xndx=1/(n+1) : ∑vn diverge.
ESCP Exercice 3[INT,FVR]
Sujet 1.03 — Analyse
On considère
F(x)=∫0+∞1+te−xt2dt
pour les réels x pour lesquels l'intégrale converge. On admet que ∫0+∞e−u2du=2π.
Déterminer le domaine de définition de F et son sens de variation.
Montrer que, pour x>0,
F(x)≥e1∫01/x1+tdt,F(x)=∫0+∞x+ue−u2du.
En déduire les limites de F aux extrémités de son domaine.
À l'aide de la seconde expression, montrer que F est continue et établir le développement
F(x)=2xπ−2x1+o(x1)(x→+∞).
Indication 1. Dans la seconde représentation, poser s=x et utiliser l'identité 1/(s+u)=1/s−u/s2+u2/(s2(s+u)).
Indication 2. La continuité se prouve en majorant directement la différence des intégrandes pour deux paramètres positifs.
Corrigé
Pour x>0, l'intégrande est continu en 0 et, pour t≥1, majoré par e−xt : l'intégrale converge. Pour x≤0, il est supérieur à 1/(1+t) : elle diverge. Ainsi DF=]0,+∞[. La comparaison stricte des intégrandes donne F strictement deˊcroissante.
Pour 0≤t≤1/x, e−xt2≥e−1, donc
F(x)≥e−1ln(1+1/x).
Le changement u=xt est de classe C1, bijectif de [0,+∞[ sur lui-même ; l'intégrale obtenue a la même nature et
F(x)=∫0+∞x+ue−u2du.
La minoration précédente donne F(x)→+∞(x→0+). La majoration F(x)≤π/(2x) donne F(x)→0(x→+∞).
Pour x,y>0, en intégrant une majoration de la différence,
∣F(x)−F(y)∣≤xy∣x−y∣2π.
Le membre de droite tend vers 0 quand y→x>0 : F est continue. L'identité indiquée, avec s=x, donne
F(x)=2xπ−2x1+R(x),0≤R(x)≤x−3/2∫0+∞u2e−u2du.
L'intégrale de droite converge par comparaison à e−u2/2 puis à e−u/2 pour u≥1. Le calcul ∫0+∞ue−u2du=1/2 provient de la primitive −e−u2/2. Donc xR(x)→0, ce qui établit
F(x)=2xπ−2x1+o(1/x).
ESCP Exercice 4[SS]
Sujet 1.04 — Analyse
Soit a>0. On définit u1=a et, pour tout n≥1,
un+1=nun2.
Montrer que si un≥n pour tout n≥1, alors (un) tend vers +∞.
Montrer que, s'il existe k≥1 tel que uk<k, alors (un) tend vers 0. En déduire que (un) converge si et seulement si un de ses termes est strictement inférieur à 1.
On pose vn=21−nlnun. Établir une relation entre vn et vn+1 et justifier la convergence de
S=n=1∑+∞2n+1lnn.
Montrer que (un) converge si et seulement si a<eS.
Indication 1. Poser rn=un/n. Si rk<1, alors rn+1≤rn2 pour n≥k.
Indication 2. Sommer la relation vérifiée par vn ; traiter séparément le cas lna=S.
Corrigé
L'hypothèse donne directement un≥n→+∞, donc un→+∞.
On a rn+1=rn2n/(n+1)≤rn2. Si rk=ρ<1, une récurrence donne rk+j≤ρ2j et 0<uk+j≤k+jρ2j→0 par croissances comparées. Ainsi uk<k⇒un→0. En l'absence d'un tel k, la question 1 s'applique. Une suite convergente est donc nécessairement de limite 0, et possède alors un terme inférieur à 1. Réciproquement, uk<1 entraîne uk<k. Donc (un) converge⟺∃k,uk<1.
En prenant les logarithmes,
vn+1=vn−2n+1lnn,vn=lna−k=1∑n−12k+1lnk.
Par croissances comparées, lnk≤2k/2 pour k assez grand ; la série positive définissant S est donc dominée, à partir d'un certain rang, par une série géométrique de raison 1/2. Ainsi S existe.
Si lna<S, alors vn→lna−S<0, et lnun=2n−1vn→−∞ : un→0. Si lna≥S,
lnun=2n−1(lna−S+k=n∑+∞2k+1lnk)≥21lnn,
car ∑k=n+∞2−k−1=2−n. Donc un≥n→+∞, y compris au seuil a=eS. Finalement (un) converge⟺a<eS.
ESCP Exercice 5[INT]
Sujet 1.05 — Analyse
On considère
F(x)=∫0+∞t(1+t2)arctan(xt)dt.
Déterminer le domaine de définition D de F et sa parité.
On admet que F est de classe C1 sur D et que
F′(x)=∫0+∞(1+t2)(1+x2t2)dt.
Calculer F′(x), puis F(x) pour tout x∈D.
Justifier la convergence de l'intégrale suivante et calculer sa valeur :
∫0+∞(tarctant)2dt.
Indication 1. Pour l'intégrale de F′, poser t=tanθ puis comparer les intégrales ayant pour numérateurs cos2θ et sin2θ.
Indication 2. Pour la dernière intégrale, intégrer par parties sur [ε,R] avec une primitive de 1/t2.
Corrigé
En 0, arctan(xt)/t→x ; en +∞, la valeur absolue de l'intégrande est majorée par π/(2t3). Ainsi D=R. L'imparité de arctan donne F(−x)=−F(x).
Notons a=∣x∣ et J(a)=∫0+∞[(1+t2)(1+a2t2)]−1dt. Pour a>0, le changement t=tanθ, de classe C1 et bijectif de [0,π/2[ sur [0,+∞[, donne une intégrale de même nature :
J(a)=∫0π/2cos2θ+a2sin2θcos2θdθ.
Si K(a) désigne la même intégrale avec sin2θ au numérateur, alors J+a2K=π/2. Le même changement, puis v=at, donne J+K=∫0+∞(1+a2t2)−1dt=π/(2a). Pour a=1, la résolution de ces deux égalités donne J=π/[2(1+a)]. Pour a=1, J=∫0π/2cos2θdθ=π/4 ; pour a=0, J=π/2. La formule admise de dérivation entraîne donc
F′(x)=2(1+∣x∣)π.
Comme F(0)=0, l'intégration sur le segment entre 0 et x, puis l'imparité, donnent
F(x)={2πln(1+x)−2πln(1−x)x≥0,x<0.
L'intégrande tend vers 1 en 0 et est majoré par π2/(4t2) à l'infini. Sur [ε,R], les fonctions u(t)=(arctant)2 et v(t)=−1/t sont de classe C1, avec u′=2arctant/(1+t2) et v′=1/t2. L'intégration par parties donne
∫εRt2(arctant)2dt=[−t(arctant)2]εR+2∫εRt(1+t2)arctantdt.
Le terme de bord tend vers 0 aux deux extrémités. Ainsi ∫0+∞(arctant/t)2dt=2F(1)=πln2.
ESCP Exercice 6[INT,FVR,EV-AL,RED]
Sujet 1.06 — Analyse
Soit E=C0(R+,R) et soit ω∈E strictement positive. On pose Ω(x)=∫0xω(t)dt. Pour f∈E et x>0, on définit
T(f)(x)=Ω(x)1∫0xf(t)ω(t)dt.
Montrer que T(f) se prolonge continûment en 0. On note encore T(f) ce prolongement.
Montrer que T est un endomorphisme injectif de E. L'image d'une fonction bornée est-elle bornée ?
Soient λ=0 et f∈E tels que T(f)=λf. Montrer que f est dérivable sur R+∗ et déterminer une équation différentielle vérifiée par f.
Déterminer toutes les valeurs propres réelles de T et les sous-espaces propres associés.
Indication 1. L'intégrale est une moyenne pondérée par une fonction strictement positive. Dériver ensuite Ω(x)T(f)(x).
Indication 2. L'équation propre devient f′=((1−λ)/λ)(ω/Ω)f ; imposer la continuité en 0.
Corrigé
Pour x>0, Ω(x)>0. Pour tout ε>0, la continuité de f en 0 donne ∣f(t)−f(0)∣≤ε sur un segment [0,δ]. Si 0<x≤δ,
∣T(f)(x)−f(0)∣≤Ω(x)1∫0xεω(t)dt=ε.
Ainsi T(f)(0)=f(0) définit le prolongement continu.
La linéarité provient de celle de l'intégrale et de l'évaluation en 0 ; sur ]0,+∞[ le quotient est continu. Si T(f)=0, alors ∫0xf(t)ω(t)dt=0 ; le théorème fondamental de l'analyse donne f(x)ω(x)=0, donc f=0 sur ]0,+∞[ puis en 0. Ainsi T est un endomorphisme injectif. Si ∣f∣≤M, alors ∣T(f)∣≤M par positivité des poids : T(f) est borneˊe.
Si T(f)=λf avec λ=0, l'égalité λΩf=∫0xfω montre que f est de classe C1 sur ]0,+∞[. En dérivant,
λΩf′=(1−λ)ωf.
En posant c=(1−λ)/λ, la dérivée de fΩ−c est nulle : f(x)=CΩ(x)c pour x>0.
L'injectivité exclut 0. Si c<0, Ω(x)→0 en 0 et une solution non nulle diverge : elle n'appartient pas à E. Si c=0, les solutions sont les constantes, avec λ=1. Si c>0, Ωc se prolonge par 0 en 0 et
∫0xΩ(t)cω(t)dt=c+1Ω(x)c+1,
par le théorème fondamental, d'abord sur [ε,x] puis en faisant tendre ε vers 0. Donc T(Ωc)=Ωc/(c+1). Finalement
Sp(T)=]0,1],E1=Vect(1),Eλ=Vect(Ω1/λ−1)(0<λ<1).
ESCP Exercice 7[SS]
Sujet 1.07 — Analyse
Soit (an)n≥1 une suite de réels strictement positifs. Pour n≥1, on définit
un=a1+a2+⋯+an.
Montrer que (un) est croissante. Montrer également que remplacer chaque ak par un réel plus grand ne peut que faire augmenter un.
Étudier la convergence de (un) lorsque an=β>0 pour tout n, puis lorsque an=α2n, avec α>0. Déterminer les limites dans ces deux cas.
Montrer que (un) converge si et seulement si la suite (2−nlnan)n≥1 est majorée.
Indication 1. Pour des termes constants, les radicaux vérifient une récurrence du type wn+1=β+wn.
Indication 2. Si ak=α2k, factoriser successivement les puissances de α. Dans le cas général, utiliser un≥an1/2n.
Corrigé
La racine carrée est croissante : augmenter un terme interne augmente chaque radical extérieur. Le passage de un à un+1 remplace le dernier an par an+an+1>an. Donc un+1>un et la monotonie par rapport à chaque ak est établie.
Si ak=β, notons wn=un ; alors w1=β et wn+1=β+wn. Le nombre L=(1+1+4β)/2 vérifie L2=β+L et w1<L. Par récurrence wn<L. Le théorème de la limite monotone donne une limite positive ℓ, et ℓ2=β+ℓ impose
un→21+1+4β.
Si ak=α2k, la factorisation des puissances de α à chaque étage donne un=αzn, où z1=1 et zn+1=1+zn. Le cas précédent, avec β=1, entraîne un→α(1+5)/2.
Si un→L, alors L>0 et un≤L. En ne gardant que le dernier terme à l'intérieur des radicaux, un≥an1/2n ; ainsi 2−nlnan≤lnL. Réciproquement, si 2−nlnan≤C, poser α=eC>0 ; alors an≤α2n et, par la monotonie prouvée,
un≤αzn≤α21+5.
La suite (un) est croissante et majorée, donc converge. Ainsi (un) converge⟺(2−nlnan) est majoreˊe.
ESCP Exercice 8[FNV,BIL]
Sujet 1.08 — Analyse
Soit n≥2. Pour x=(x1,…,xn)∈Rn, on pose
f(x)=k=1∏nxk2,g(x)=k=1∑nxk2.
La norme est la norme euclidienne.
Justifier que f atteint un maximum sur la sphère unité et déterminer ce maximum ainsi que les points où il est atteint.
En déduire, pour tout u∈Rn, une majoration de ∣∏k=1nuk∣ en fonction de ∥u∥.
Soit a=(a1,…,an)=0. Montrer que g atteint un minimum sous la contrainte ∑k=1nakxk=1, puis déterminer sa valeur et les points où il est atteint.
Indication 1. Sur la sphère unité, poser ti=xi2. Si deux ti sont distincts, les remplacer par leur moyenne augmente leur produit.
Indication 2. Pour la contrainte affine, utiliser Cauchy-Schwarz puis examiner son cas d'égalité.
Corrigé
La sphère unité est fermée bornée et f y est continue ; le théorème des bornes atteintes assure un maximum. Il est positif, puisque xi=1/n donne f(x)=n−n. En un point de maximum, tous les ti=xi2 sont donc strictement positifs et leur somme vaut 1. Si ti=tj, les remplacer par (ti+tj)/2 préserve la somme et augmente strictement le produit, car ((ti+tj)/2)2−titj=(ti−tj)2/4>0. Contradiction. Tous les ti valent donc 1/n :
maxf=n−n,xi∈{−1/n,1/n} pour tout i.
Si u=0, le produit est nul. Sinon x=u/∥u∥ appartient à la sphère ; la question précédente donne
i=1∏nui≤nn/2∥u∥n.
L'égalité, pour u=0, équivaut à ∣ui∣=∥u∥/n pour tout i.
Si ⟨a,x⟩=1, Cauchy-Schwarz donne 1≤∥a∥∥x∥, donc g(x)≥1/∥a∥2. Le vecteur x∗=a/∥a∥2 satisfait la contrainte et atteint cette borne. Dans le cas d'égalité, x est colinéaire à a et la contrainte fixe le coefficient. Ainsi
ming=∥a∥21,atteint uniquement en x∗=∥a∥2a.
ESCP Exercice 9[INT,FVR]
Sujet 1.09 — Analyse
Soient a<b deux réels.
Soient f,g:[a,b]→R continues, g gardant un signe constant. Montrer qu'il existe c∈[a,b] tel que
∫abf(x)g(x)dx=f(c)∫abg(x)dx.
Soit maintenant f:[a,b]→R+ de classe C1, décroissante, et soit g:[a,b]→R continue. En introduisant G(x)=∫axg(t)dt, montrer qu'il existe c∈[a,b] tel que
∫abf(x)g(x)dx=f(a)∫acg(x)dx.
Indication 1. Encadrer f entre son minimum et son maximum avant de multiplier par g.
Indication 2. Intégrer fG′ par parties, puis encadrer G entre son minimum et son maximum, en remarquant que G(a)=0.
Corrigé
Supposons d'abord g≥0. Si ∫abg=0, sa continuité et sa positivité imposent g=0, et tout c convient. Sinon, en notant m=minf et M=maxf sur le segment, l'intégration de mg≤fg≤Mg donne
m≤∫abg∫abfg≤M.
Par le théorème des valeurs intermédiaires, ce quotient est f(c) pour un c∈[a,b]. Si g≤0, appliquer le raisonnement à −g. Ainsi ∫abfg=f(c)∫abg.
La fonction G est de classe C1, G′=g et G(a)=0. Les fonctions f,G sont de classe C1 sur [a,b], donc l'intégration par parties donne
I=∫abfG′=f(b)G(b)+∫ab(−f′(x))G(x)dx.
Notons m=minG et M=maxG. Comme f(b)≥0 et −f′≥0, le membre de droite est compris entre mf(a) et Mf(a) : la somme des poids vaut f(b)+∫ab(−f′)=f(a). Si f(a)>0, I/f(a)∈[m,M] est une valeur G(c) par continuité. Si f(a)=0, la positivité et la décroissance donnent f=0 et tout c convient. Ainsi
∫abf(x)g(x)dx=f(a)G(c)=f(a)∫acg(x)dx.
ESCP Exercice 10[FVR,SS]
Sujet 1.10 — Analyse
On cherche les fonctions g:]−1,+∞[→R vérifiant
g(x+1)−g(x)=−(x+1)21,x→+∞limg(x)=0.
Montrer qu'une telle fonction est nécessairement donnée par
g(x)=n=1∑+∞(x+n)21.
Justifier que cette expression définit une fonction sur ]−1,+∞[ et montrer qu'elle est l'unique solution du problème. Préciser son sens de variation.
Déterminer un équivalent de g en +∞, puis sa limite en −1 par valeurs supérieures.
Indication 1. Sommer l'équation fonctionnelle pour x,x+1,…,x+N−1.
Indication 2. Comparer la série à l'intégrale de t↦(x+t)−2, fonction positive décroissante.
Corrigé
En sommant les N égalités, g(x+N)−g(x)=−∑k=1N(x+k)−2. Comme g(x+N)→0, nécessairement
g(x)=k=1∑+∞(x+k)21.
Pour x>−1, les termes sont définis et positifs, et (x+k)−2∼k−2 ; la série converge. La soustraction des sommes partielles, puis leur passage à la limite, donne g(x+1)=g(x)−(x+1)−2. Pour x>0, la comparaison série-intégrale donne
x+11≤g(x)≤x1.
Elle entraîne g(x)→0 à l'infini. La fonction construite satisfait donc toutes les conditions, et la question 1 prouve son unicité. Si y>x>−1, tous les termes de la série pour y sont plus petits ; la différence est strictement positive dès le premier terme. Ainsi g est strictement deˊcroissante.