Les exercices des oraux HEC de la voie Mathématiques appliquées, de 2012 à 2025, adaptés au programme en vigueur. Filtrez par thème (plusieurs thèmes se combinent : un exercice doit tous les porter) ou par année. Chaque exercice a ses indications et son corrigé.
111 exercices
HEC 2012
HEC Exercice 1[Fonctions d’une variable, Suites, Séries]
Sujet E3
Cours : donner la définition d'une série convergente. Pour quels réels x>0 la série de terme général (lnx)n converge-t-elle ? Calculer alors sa somme.
Pour tout entier n≥1, on définit sur ]0,+∞[fn(x)=(lnx)n−x.
Calculer fn′ et fn′′.
Montrer que f1 ne s'annule jamais.
Justifier l'existence d'un réel a∈]0,1[ tel que f2(a)=0.
On suppose désormais n≥3, et l'on étudie les solutions de fn(x)=0 sur ]1,+∞[. On donne ln2≃0,693.
Dresser le tableau de variations de fn sur ]1,+∞[, puis montrer que l'équation fn(x)=0 admet deux racines un<vn sur cet intervalle.
Calculer n→+∞limvn.
Montrer que la suite (un)n≥3 converge et déterminer sa limite.
Indication 1. La série ∑(lnx)n est géométrique de raison lnx. Pour la question 3, étudier le signe de fn′′(x)=x2n(lnx)n−2(n−1−lnx).
Indication 2. On a fn(en)=nn−en>0. Pour la question 4, comparer un à e et évaluer fn(e1+ε).
Corrigé
La série ∑un converge si la suite de ses sommes partielles ∑k=0nuk converge ; sa somme est la limite. La série géométrique ∑(lnx)n converge si et seulement si ∣lnx∣<1, soit x∈]e1,e[, et alors
n=0∑+∞(lnx)n=1−lnx1.
fn′(x)=xn(lnx)n−1−1 et fn′′(x)=x2n(lnx)n−2(n−1−lnx) (pour n=1, f1′′(x)=−x21).
Par concavité du logarithme, lnx≤x−1<x : f1(x)=lnx−x<0.
f2 est continue sur ]0,1], f2(1)=−1<0 et f2(x)→+∞ quand x→0+. Il existe donc b∈]0,1[ tel que f2(b)>0, et par le théorème des valeurs intermédiaires sur [b,1], il existe a∈]b,1[ tel que f2(a)=0.
Sur ]1,+∞[, fn′′ a le signe de n−1−lnx : fn′ croît sur ]1,en−1] puis décroît. Or fn′(x)→−1 en 1 et en +∞ (croissances comparées), et
fn′(en−1)=n(en−1)n−1−1>0
(pour n=3, 3⋅e24>1 ; pour n≥4, en−1>1). Donc fn′ s'annule en exactement deux points αn<en−1<βn : fn décroît sur ]1,αn], croît sur [αn,βn], décroît sur [βn,+∞[.
On a fn(x)→−1 en 1, fn(x)→−∞ en +∞ (car (lnx)n=o(x)), et fn(en)=nn−en>0 puisque n>e, avec en>en−1>αn. Donc fn<0 sur ]1,αn], fn(βn)≥fn(en)>0 si en≤βn et fn(βn)>fn(en)>0 sinon. Par le théorème de la bijection sur [αn,βn] puis sur [βn,+∞[, l'équation fn(x)=0 a exactement deux racines un∈]αn,βn[ et vn>βn.
fn est positive sur [en,βn] lorsque en≤βn, et décroissante positive en en sinon : dans les deux cas vn>en, donc limvn=+∞.
De (lnun)n=un>1, on tire lnun>1, soit un>e. Soit ε>0 et y=e1+ε. On a fn(y)=(1+ε)n−e1+ε>0 pour n assez grand, et y<en−1<βn. Comme fn<0 sur ]1,αn], on a y>αn ; fn étant croissante sur [αn,βn] et positive en y, un<y. Ainsi e<un<e1+ε pour n assez grand :
n→+∞limun=e.
Cours : énoncer la formule des probabilités totales.
Pour (n,p)∈N2, on pose
In,p=∫01xn(1−x)pdx.
Calculer In,0.
Exprimer In,p+1 en fonction de In+1,p.
En déduire une expression de In,p en fonction de n et p.
On dispose de N urnes U1,…,UN. Pour k∈[[1,N]], l'urne Uk contient k boules rouges et N−k boules blanches. On choisit une urne avec une probabilité proportionnelle au nombre de boules rouges qu'elle contient, puis on effectue dans cette urne des tirages successifs avec remise.
Pour k∈[[1,N]], calculer la probabilité de choisir Uk.
Soit n∈N∗. On note En l'événement : « parmi les 2n premiers tirages, on obtient n boules rouges et n boules blanches », et R2n+1 l'événement : « le (2n+1)-ième tirage donne une boule rouge ».
Exprimer P(En) sous forme d'une somme.
Donner une expression de P(R2n+1∣En).
Indication 1. Intégrer par parties avec x↦n+1xn+1 et x↦(1−x)p+1.
Indication 2. Utiliser le système complet (U1,…,UN) : dans l'urne Uk, les tirages sont des épreuves de Bernoulli indépendantes de paramètre Nk.
Corrigé
Si (Ai)i∈I est un système complet d'événements (I fini ou dénombrable) de probabilités non nulles, pour tout événement B : P(B)=∑iP(Ai)PAi(B).
In,0=∫01xndx=n+11.
Les fonctions u:x↦n+1xn+1 et v:x↦(1−x)p+1 sont de classe C1 sur [0,1], avec u′(x)=xn et v′(x)=−(p+1)(1−x)p. Le crochet étant nul :
In,p+1=n+1p+1In+1,p.
Par récurrence sur p :
In,p=n+1p⋅n+2p−1⋯n+p1In+p,0=(n+p+1)!n!p!
On note encore Uk l'événement « on choisit l'urne Uk ». P(Uk)=ck avec c∑k=1Nk=1, donc P(Uk)=N(N+1)2k.
Sachant Uk, le nombre de rouges en 2n tirages suit la loi B(2n,Nk). Avec le système complet (U1,…,UN) :
P(En)=k=1∑NN(N+1)2k(n2n)(Nk)n(1−Nk)n.
De même, sachant Uk, PUk(En∩R2n+1)=(n2n)(Nk)n+1(1−Nk)n. Donc
PEn(R2n+1)=P(En)P(En∩R2n+1)=k=1∑Nk(Nk)n(1−Nk)nk=1∑Nk(Nk)n+1(1−Nk)n.
HEC Exercice 3[Variables à densité, Estimations]
Sujet E6
Rappel : Le risque quadratique d'un estimateur Tn d'un paramètre θ est
Rθ(Tn)=Eθ[(Tn−θ)2].
Un estimateur est sans biais lorsque Eθ(Tn)=θ.
Soit θ>0 inconnu. Une variable aléatoire X, à valeurs dans [0,θ], admet pour densité
f(x)=⎩⎨⎧θ22x,0,x∈]0,θ],sinon.
Cours : rappeler les définitions d'un estimateur sans biais et de son risque quadratique.
Calculer E(X) et V(X).
Soit (X1,…,Xn) un n-échantillon de même loi que X, et
Xn=n1i=1∑nXi.
Déterminer la fonction de répartition F de X.
Tracer l'allure de la courbe représentative de F.
Déterminer un estimateur Tn de θ, sans biais et de la forme cXn.
Calculer les risques quadratiques de Xn et de Tn, considérés comme estimateurs de θ.
On pose Mn=max(X1,…,Xn).
Déterminer la fonction de répartition Gn et une densité gn de Mn.
Calculer E(Mn), puis en déduire un estimateur sans biais Wn de θ.
Entre Tn et Wn, quel estimateur doit-on préférer au regard du risque quadratique ?
Soit α∈]0,1[.
Établir l'existence de a,b∈]0,1[ tels que
P(Mn≤aθ)=2α,P(bθ≤Mn≤θ)=2α.
En déduire un intervalle de confiance de θ au niveau de confiance 1−α.
Indication 1.E(X)=32θ, V(X)=18θ2 et F(x)=θ2x2 sur [0,θ].
Indication 2.Gn=Fn par indépendance ; le risque quadratique d'un estimateur sans biais est sa variance.
Corrigé
Un estimateur Tn de θ est sans biais si Eθ(Tn)=θ pour tout θ ; son risque quadratique est Eθ((Tn−θ)2)=Vθ(Tn)+(Eθ(Tn)−θ)2.
Les intégrales existent par intégration d'une fonction continue sur un segment :
E(X)=∫0θθ22x2dx=32θ,E(X2)=∫0θθ22x3dx=2θ2,V(X)=18θ2.
F(x)=0 pour x<0, F(x)=θ2x2 pour 0≤x≤θ, F(x)=1 pour x>θ.
La courbe est nulle sur ]−∞,0], en arc de parabole croissant de (0,0) à (θ,1) (convexe, tangente horizontale en 0), puis constante égale à 1.
E(cXn)=32cθ : Tn=23Xn est sans biais.
V(Xn)=18nθ2 et le biais de Xn vaut −3θ :
Rθ(Xn)=18nθ2+9θ2,Rθ(Tn)=V(Tn)=49⋅18nθ2=8nθ2.
Par indépendance, Gn(x)=P(X1≤x)⋯P(Xn≤x)=F(x)n, soit θ2nx2n sur [0,θ], 0 avant, 1 après. Gn est continue, de classe C1 sauf en θ : en dérivant, gn(x)=θ2n2nx2n−1 sur ]0,θ[, 0 ailleurs, est une densité de Mn.
E(Mn)=∫0θθ2n2nx2ndx=2n+12nθ. Donc Wn=2n2n+1Mn est sans biais.
E(Mn2)=2n+22nθ2=n+1nθ2, d'où V(Mn)=(n+1)(2n+1)2nθ2 et
Rθ(Wn)=4n2(2n+1)2V(Mn)=4n(n+1)θ2≤8nθ2=Rθ(Tn),
car 2≤n+1, avec égalité seulement pour n=1. On préfère Wn.
P(Mn≤aθ)=a2n et P(bθ≤Mn≤θ)=1−b2n. On prend a=(2α)1/(2n) et b=(1−2α)1/(2n), qui sont dans ]0,1[, avec a<b.
Alors P(aθ<Mn<bθ)=1−2α−2α=1−α, et aθ<Mn<bθ équivaut à bMn<θ<aMn :
](1−α/2)1/(2n)Mn,(α/2)1/(2n)Mn[est un intervalle de confiance de θ au niveau 1−α.
HEC Exercice 4[Probabilités discrètes, Couples de variables discrètes]
Sujet E7
Une puce effectue des sauts de longueur 1 dans un repère orthonormé (O,i,j). Chaque saut se fait, avec équiprobabilité, dans l'une des quatre directions portées par les axes. On note Mn sa position après n sauts, et Xn, Yn ses coordonnées. Initialement, M0=O.
Cours : donner la définition de l'indépendance de deux variables aléatoires finies.
Pour n≥1, on pose Tn=Xn−Xn−1. Les variables T1,…,Tn sont supposées indépendantes.
Déterminer la loi de Tn, son espérance et sa variance.
Exprimer Xn en fonction de T1,…,Tn.
Calculer E(Xn).
Calculer E(Xn2).
On pose Zn=OMn.
Les variables Xn et Yn sont-elles indépendantes ?
Montrer que E(Zn)≤n.
On note pn la probabilité que la puce soit revenue en O après n sauts.
Que vaut pn lorsque n est impair ?
Si n=2m, on admet
k=0∑m(km)2=(m2m).
Établir
p2m=(m2m)242m1.
Indication 1.Tn vaut 1 et −1 avec probabilité 41, 0 avec probabilité 21.
Indication 2.E(Zn2)=E(Xn2)+E(Yn2)=n et V(Zn)≥0. Pour p2m, compter les trajets ayant autant de pas vers la droite que vers la gauche, et autant vers le haut que vers le bas.
Corrigé
Deux variables finies X,Y sont indépendantes si P([X=x]∩[Y=y])=P(X=x)P(Y=y) pour tous x∈X(Ω), y∈Y(Ω).
Le n-ième saut modifie l'abscisse de +1 ou −1 (probabilité 41 chacun), ou ne la modifie pas (saut vertical, probabilité 21). Donc E(Tn)=0 et V(Tn)=E(Tn2)=21.
Par télescopage, Xn=T1+⋯+Tn.
E(Xn)=0.
Par indépendance, E(Xn2)=V(Xn)=∑V(Tk)=2n.
Non : P([X1=1]∩[Y1=1])=0 alors que P(X1=1)P(Y1=1)=161.
Zn=Xn2+Yn2 est finie et, par symétrie, E(Yn2)=2n, donc E(Zn2)=n. Comme V(Zn)=E(Zn2)−E(Zn)2≥0, E(Zn)≤n (Zn≥0).
À chaque saut, Xn+Yn change de ±1, donc change de parité. Après un nombre impair de sauts, Xn+Yn est impair et la puce n'est pas en O : pn=0.
Les 42m suites de sauts sont équiprobables. La puce revient en O si et seulement si, pour un certain k∈[[0,m]], elle fait k sauts à droite, k à gauche, m−k en haut et m−k en bas. Le nombre de telles suites est
k=0∑mk!k!(m−k)!(m−k)!(2m)!=(m2m)k=0∑m(km)2=(m2m)2,
Dans une base B=(i,j,k) d'un espace vectoriel réel de dimension 3, on considère la matrice
A=1−11120011.
On note I3 la matrice identité.
Cours : donner la définition de deux matrices semblables.
Montrer que
(2I3−A)(A2−2A+2I3)=0.
La matrice A est-elle inversible ?
Déterminer ses valeurs propres et ses sous-espaces propres.
La matrice A est-elle diagonalisable ?
Soient a,b,c∈R, non tous nuls, et
P={(x,y,z)∈R3∣ax+by+cz=0}.
On considère
U=(−b,a,0),V=(0,c,−b),W=(−c,0,a).
Montrer que Vect(U,V,W) est de dimension 2.
Déterminer tous les plans P tels que AP⊂P.
Indication 1.(2−x)(x2−2x+2) est annulateur, et x2−2x+2 n'a pas de racine réelle.
Indication 2. Écrire P={X:LX=0} avec L=(abc) ; montrer que AP⊂P équivaut à l'existence de μ tel que LA=μL, c'est-à-dire tAtL=μtL.
Corrigé
A et B sont semblables s'il existe P inversible telle que B=P−1AP.
Le calcul donne A2=0−22331131, A2−2A+2I3=000111111, et (2I3−A)000111111=0, car chaque ligne de 2I3−A a une somme nulle.
En développant, −A3+4A2−6A+4I3=0, donc A⋅41(A2−4A+6I3)=I3 : A est inversible.
Les valeurs propres sont racines du polynôme annulateur (2−x)(x2−2x+2) ; comme x2−2x+2=(x−1)2+1>0, Sp(A)⊂{2}. On résout (A−2I3)X=0 :
⎩⎨⎧−x+y=0−x+z=0x−z=0⟺x=y=z.
Donc Sp(A)={2} et E2(A)=Vect(t(1,1,1)).
Non : sinon A serait semblable à 2I3, donc égale à 2I3.
U,V,W appartiennent à P (par exemple a(−b)+ba=0). P est le noyau de la forme linéaire non nulle (x,y,z)↦ax+by+cz, donc dimP=2 par le théorème du rang. Deux des trois vecteurs ne sont pas colinéaires : si a=0, U et W ; si a=0 et b=0, U et V ; si a=b=0, V et W. Donc Vect(U,V,W)=P est de dimension 2.
Soit L=(abc). Si LA=μL, alors LX=0⇒LAX=μLX=0 : AP⊂P. Réciproquement, si AP⊂P, soit X0 tel que LX0=1 ; tout X s'écrit X=(X−(LX)X0)+(LX)X0 avec X−(LX)X0∈P, donc LAX=(LX)(LAX0) : LA=μL avec μ=LAX0.
La condition est donc que tL soit un vecteur propre de tA. Comme tA annule le même polynôme, sa seule valeur propre possible est 2, et
tA−2I3=−110−10110−1:⎩⎨⎧−a−b+c=0a=0b−c=0⟺a=0,b=c.Le seul ensemble P convenable est {(x,y,z):y+z=0}.
On vérifie : At(x,y,z)=t(x+y,−x+2y+z,x+z), dont la somme des deux dernières coordonnées vaut 2(y+z).
HEC Exercice 6[Fonctions d’une variable, Suites, Intégrales]
Sujet E10
Cours : rappeler la définition de la convexité d'une fonction sur un intervalle.
Pour x∈R, on pose
f(x)=∫0xet2dt.
Justifier que cette intégrale est bien définie.
Montrer que f est de classe C2, puis étudier sa parité et sa convexité.
Étudier les variations de f et tracer l'allure de sa courbe.
Montrer que, pour tout n≥1, il existe un unique réel un tel que f(un)=1/n.
Montrer que (un) est décroissante et convergente.
Déterminer sa limite.
Montrer que, pour u∈[0,ln2],
1+u≤eu≤1+2u.
En déduire qu'il existe n0 tel que, pour n≥n0,
∫0un(1+t2)dt≤n1≤∫0un(1+2t2)dt.
Montrer que nun3→0, puis donner un équivalent de un.
Indication 1.f est la primitive de t↦et2 nulle en 0 : f′(x)=ex2. f réalise une bijection de R sur R.
Indication 2. Pour n grand, un2≤ln2 ; intégrer l'encadrement 1+t2≤et2≤1+2t2 sur [0,un].
Corrigé
f est convexe sur I si, pour tous x,y∈I et λ∈[0,1], f(λx+(1−λ)y)≤λf(x)+(1−λ)f(y).
t↦et2 est continue sur R, donc intégrable sur le segment d'extrémités 0 et x.
f est la primitive nulle en 0 d'une fonction de classe C1 : f′(x)=ex2, f′′(x)=2xex2, et f est C2. Par le changement de variable t=−u, f(−x)=−f(x) : f est impaire. f′′≥0 sur R+ et ≤0 sur R− : f est convexe sur R+, concave sur R−, avec un point d'inflexion en 0.
f′>0 : f est strictement croissante. Pour x≥0, f(x)≥∫0x1dt=x, donc f→+∞ en +∞ et, par imparité, f→−∞ en −∞. La courbe passe par l'origine avec une tangente de pente 1 et croît de −∞ à +∞.
f est continue et strictement croissante de R sur R : par le théorème de la bijection, un=f−1(n1) existe et est unique.
f−1 est croissante et n+11<n1 : un+1<un. De plus un>0=f−1(0). Décroissante et minorée, (un) converge.
Sa limite ℓ vérifie, par continuité de f, f(ℓ)=limn1=0, donc ℓ=0.
eu≥1+u par convexité de l'exponentielle (tangente en 0). La fonction g(u)=1+2u−eu vérifie g(0)=0 et g′(u)=2−eu≥0 sur [0,ln2] : g≥0.
Comme un→0, il existe n0 tel que un2≤ln2 pour n≥n0. Pour t∈[0,un], t2∈[0,ln2] et 1+t2≤et2≤1+2t2. En intégrant sur [0,un] (bornes dans l'ordre croissant) et avec f(un)=n1, on obtient l'encadrement.
Il s'écrit un+3un3≤n1≤un+32un3. En particulier nun≤1, donc 0≤nun3=(nun)un2≤un2→0. En multipliant par n : 1−32nun3≤nun≤1, donc nun→1 :
un∼n1.
HEC Exercice 7[Probabilités discrètes, Couples de variables discrètes]
Sujet E11
Soient p∈]0,1[, q=1−p et λ>0. On suppose que X suit une loi de Poisson de paramètre λ, que Y est à valeurs dans N, et que, pour tout n∈N, la loi conditionnelle de Y sachant [X=n] est la loi binomiale B(n,p).
Cours : rappeler la loi d'un couple de variables aléatoires discrètes, les lois marginales et les lois conditionnelles.
Déterminer la loi du couple (X,Y).
Montrer que Y suit une loi de Poisson de paramètre λp.
Déterminer la loi de X−Y.
Montrer que Y et X−Y sont indépendantes.
Calculer le coefficient de corrélation linéaire de X et Y.
Indication 1.P([X=n]∩[Y=k])=e−λn!λn(kn)pkqn−k pour 0≤k≤n.
Indication 2. Calculer P([Y=k]∩[X−Y=j]) : elle se factorise. Puis Cov(X,Y)=Cov(Y+(X−Y),Y)=V(Y).
Corrigé
La loi de (X,Y) est la donnée des P([X=x]∩[Y=y]). Les lois marginales s'en déduisent par P(X=x)=∑yP([X=x]∩[Y=y]) (système complet ([Y=y])y). La loi conditionnelle de Y sachant [X=x] (avec P(X=x)>0) est y↦P[X=x](Y=y)=P(X=x)P([X=x]∩[Y=y]).
Pour 0≤k≤n, P([X=n]∩[Y=k])=e−λn!λn(kn)pkqn−k, et 0 si k>n.
Avec le système complet ([X=n])n∈N :
P(Y=k)=n≥k∑e−λk!(n−k)!λnpkqn−k=e−λk!(λp)kj≥0∑j!(λq)j=e−λpk!(λp)k.
De même, P([Y=k]∩[X−Y=j])=P([X=k+j]∩[Y=k])=e−λk!j!λk+jpkqj, et en sommant sur k : X−Y↪P(λq).
Le calcul précédent donne P([Y=k]∩[X−Y=j])=e−λpk!(λp)k⋅e−λqj!(λq)j=P(Y=k)P(X−Y=j) : Y et X−Y sont indépendantes.
Cov(X,Y)=Cov(Y,Y)+Cov(X−Y,Y)=V(Y)=λp, donc
ρ(X,Y)=λ⋅λpλp=p.
Cours : rappeler la définition et les propriétés des fonctions de classe Cp.
Montrer que B=(f1,f2) est une base de E.
Montrer que la dérivation stabilise E, puis écrire dans B la matrice
A=(α01α).
La matrice A est-elle inversible ? Est-elle diagonalisable ?
Calculer A−1, puis déterminer toutes les primitives sur R de
x⟼(2x−3)eαx.
Calculer An pour tout n∈N.
En déduire la dérivée n-ième de la fonction précédente.
Indication 1.f1′=αf1 et f2′=f1+αf2. La fonction x↦(2x−3)eαx a pour coordonnées (−3,2).
Indication 2.A=αI2+N avec N2=0 : utiliser la formule du binôme.
Corrigé
Une fonction est de classe Cp sur un intervalle si elle est p fois dérivable et si sa dérivée p-ième est continue. Les sommes, produits et composées de fonctions Cp sont Cp.
(f1,f2) engendre E. Si af1+bf2=0, alors a+bx=0 pour tout x (en divisant par eαx), donc a=b=0 : c'est une base.
f1′=αf1 et f2′=f1+αf2 : la dérivée d'un élément de E est dans E, et la matrice de la dérivation d dans B est A=(α01α).
A est triangulaire à coefficients diagonaux non nuls : elle est inversible. Sa seule valeur propre est α ; si elle était diagonalisable, on aurait A=αI2, ce qui est faux.
A−1=α21(α0−1α). La fonction g:x↦(2x−3)eαx=−3f1+2f2 a pour coordonnées t(−3,2). Comme d est bijective sur E, l'unique primitive de g dans E a pour coordonnées
A−1(−32)=(−α3−α22α2).
Les primitives de g sur R diffèrent d'une constante :
x⟼(α2x−α3−α22)eαx+C,C∈R.
A=αI2+N avec N=(0010), N2=0, et I2, N commutent. Par la formule du binôme :
An=αnI2+nαn−1N=(αn0nαn−1αn).
g(n) a pour coordonnées Ant(−3,2)=t(−3αn+2nαn−1,2αn) :
g(n)(x)=(2αnx+2nαn−1−3αn)eαx.
HEC 2013
HEC Exercice 10[Probabilités discrètes]
Sujet E20
Soit (Xn)n∈N∗ une suite de variables aléatoires indépendantes suivant toutes la loi de Bernoulli de paramètre 1/2. Pour n≥1, on pose
Wn=k=1∑nkXk,sn=2n(n+1).
Cours : rappeler le schéma binomial.
Calculer E(Wn) et V(Wn).
Calculer P(Wn=0) et P(Wn=sn).
Calculer, selon les valeurs de n, P(Wn=3).
Montrer que, pour tout k∈[[0,sn]],
P(Wn=k)=P(Wn=sn−k).
Déterminer, pour j∈[[0,sn]], la loi conditionnelle de Wn+1 sachant [Wn=j].
En déduire
P(Wn+1=k)=⎩⎨⎧21P(Wn=k),21P(Wn=k)+21P(Wn=k−n−1),21P(Wn=k−n−1),k≤n,n+1≤k≤sn,sn+1≤k≤sn+1.
Indication 1. Les kXk sont indépendantes : V(Wn)=∑k2V(Xk). Pour P(Wn=3), chercher les parties de [[1,n]] de somme 3.
Indication 2.(1−X1,…,1−Xn) a la même loi que (X1,…,Xn). Pour la question 4, Wn+1=Wn+(n+1)Xn+1 avec Xn+1 indépendante de Wn.
Corrigé
On répète n fois, de façon indépendante, une épreuve de Bernoulli de paramètre p ; le nombre de succès suit la loi B(n,p).
Par linéarité, E(Wn)=21∑k=1nk=2sn. Par indépendance, V(Wn)=41∑k=1nk2=24n(n+1)(2n+1).
[Wn=0]=[X1=0]∩⋯∩[Xn=0] et [Wn=sn]=[X1=1]∩⋯∩[Xn=1] : ces probabilités valent 2−n.
Wn est la somme des k tels que Xk=1. Les parties de [[1,n]] de somme 3 sont {3} et {1,2}, et chaque partie est obtenue avec probabilité 2−n :
P(W1=3)=0,P(W2=3)=41,P(Wn=3)=2n2(n≥3).
Les variables 1−Xk sont indépendantes, de loi B(21) : (1−X1,…,1−Xn) a la même loi que (X1,…,Xn). Donc sn−Wn=∑k(1−Xk) a la même loi que Wn, et P(Wn=k)=P(sn−Wn=k)=P(Wn=sn−k).
Wn+1=Wn+(n+1)Xn+1, et Xn+1 est indépendante de Wn (lemme des coalitions). Sachant [Wn=j] (de probabilité non nulle), Wn+1 vaut j ou j+n+1, avec probabilité 21 chacun.
Avec le système complet ([Wn=j])0≤j≤sn :
P(Wn+1=k)=21P(Wn=k)+21P(Wn=k−n−1),
en convenant que P(Wn=m)=0 pour m∈/[[0,sn]]. Le second terme disparaît si k≤n, le premier si k≥sn+1, d'où les trois cas annoncés.
HEC Exercice 11[Probabilités discrètes, Couples de variables discrètes, Estimations]
Sujet E24
Rappel : Le biais d'un estimateur T de p est E(T)−p. Son risque quadratique est
Rp(T)=E[(T−p)2].
Un dé pipé possède des faces portant seulement les nombres 1, 2 et 3. À chaque lancer,
P(1)=p,P(2)=q,P(3)=1−p−q,
où p,q>0 et p+q<1.
Cours : donner la définition de l'indépendance de deux variables aléatoires discrètes.
On effectue n≥1 lancers indépendants. On note X le nombre de 1 et Y le nombre de 2.
Déterminer les lois de X et de Y.
Déterminer la loi du couple (X,Y).
Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?
Déterminer le biais et le risque quadratique de l'estimateur
Tn=n+1X
du paramètre p.
Le nombre de lancers est désormais une variable N suivant une loi de Poisson de paramètre λ>0. On note encore X et Y les nombres de 1 et de 2 obtenus.
Déterminer les lois de X et de Y.
Vérifier que X et Y sont indépendantes.
La variable
T=N+1X
est-elle un estimateur sans biais de p ?
Indication 1.X↪B(n,p) et P([X=i]∩[Y=j])=i!j!(n−i−j)!n!piqj(1−p−q)n−i−j.
Indication 2. Avec N↪P(λ), sommer sur le nombre k de 3 : la loi conjointe de (X,Y) se factorise. Pour T, E(N+11)=λ1−e−λ.
Corrigé
On note r=1−p−q.
X et Y discrètes sont indépendantes si P([X=x]∩[Y=y])=P(X=x)P(Y=y) pour tous x,y.
Chaque lancer donne 1 avec probabilité p, indépendamment : X↪B(n,p) et Y↪B(n,q).
Pour i+j≤n, on choisit les positions des 1 et des 2 :
P([X=i]∩[Y=j])=(in)(jn−i)piqjrn−i−j, et 0 si i+j>n.
Non : P([X=n]∩[Y=n])=0=pnqn.
E(Tn)=n+1np : le biais vaut −n+1p. Le risque quadratique vaut
V(Tn)+(n+1p)2=(n+1)2np(1−p)+p2.
Avec le système complet ([N=m])m∈N, en posant m=i+j+k (k : nombre de 3) :
P([X=i]∩[Y=j])=k≥0∑e−λi!j!k!λi+j+kpiqjrk=e−λi!j!(λp)i(λq)jeλr=e−λpi!(λp)i⋅e−λqj!(λq)j,
car p+q+r=1. En sommant sur j puis sur i : X↪P(λp) et Y↪P(λq).
La loi conjointe calculée en a) est le produit des lois marginales : X et Y sont indépendantes.
Sachant [N=m], X↪B(m,p). Avec le système complet ([N=m])m et le théorème de transfert :
E(T)=m≥0∑e−λm!λm⋅m+1mp=p(1−m≥0∑e−λ(m+1)!λm)=p(1−λ1−e−λ)=p.