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Les exercices des oraux HEC de la voie Mathématiques appliquées, de 2012 à 2025, adaptés au programme en vigueur. Filtrez par thème (plusieurs thèmes se combinent : un exercice doit tous les porter) ou par année. Chaque exercice a ses indications et son corrigé.

Thèmes

111 exercices

HEC 2012

HEC Exercice 1 [Fonctions d’une variable, Suites, Séries]

Sujet E3

  1. Cours : donner la définition d'une série convergente. Pour quels réels x>0x>0 la série de terme général (ln⁡x)n(\ln x)^n converge-t-elle ? Calculer alors sa somme.
  2. Pour tout entier n≥1n\ge1, on définit sur ]0,+∞[]0,+\infty[ fn(x)=(ln⁡x)n−x.f_n(x)=(\ln x)^n-x.
    1. Calculer fn′f_n' et fn′′f_n''.
    2. Montrer que f1f_1 ne s'annule jamais.
    3. Justifier l'existence d'un réel a∈]0,1[a\in]0,1[ tel que f2(a)=0f_2(a)=0.
  3. On suppose désormais n≥3n\ge3, et l'on étudie les solutions de fn(x)=0f_n(x)=0 sur ]1,+∞[]1,+\infty[. On donne ln⁡2≃0,693\ln 2\simeq0{,}693.
    1. Dresser le tableau de variations de fnf_n sur ]1,+∞[]1,+\infty[, puis montrer que l'équation fn(x)=0f_n(x)=0 admet deux racines un<vnu_n<v_n sur cet intervalle.
    2. Calculer lim⁡n→+∞vn\displaystyle\lim_{n\to+\infty}v_n.
  4. Montrer que la suite (un)n≥3(u_n)_{n\ge3} converge et déterminer sa limite.
Corrigé
  1. La série ∑un\sum u_{n} converge si la suite de ses sommes partielles ∑k=0nuk\sum_{k=0}^{n}u_{k} converge ; sa somme est la limite. La série géométrique ∑(ln⁡x)n\sum(\ln x)^{n} converge si et seulement si ∣ln⁡x∣<1|\ln x|<1, soit x∈]1e,e[x\in\left]\frac1e,e\right[, et alors ∑n=0+∞(ln⁡x)n=11−ln⁡x.\sum_{n=0}^{+\infty}(\ln x)^{n}=\frac{1}{1-\ln x}.
    1. fn′(x)=n(ln⁡x)n−1x−1f_{n}'(x)=\frac{n(\ln x)^{n-1}}{x}-1 et fn′′(x)=n(ln⁡x)n−2x2(n−1−ln⁡x)f_{n}''(x)=\frac{n(\ln x)^{n-2}}{x^{2}}\left(n-1-\ln x\right) (pour n=1n=1, f1′′(x)=−1x2f_{1}''(x)=-\frac1{x^{2}}).
    2. Par concavité du logarithme, ln⁡x≤x−1<x\ln x\le x-1<x : f1(x)=ln⁡x−x<0f_{1}(x)=\ln x-x<0.
    3. f2f_{2} est continue sur ]0,1]]0,1], f2(1)=−1<0f_{2}(1)=-1<0 et f2(x)→+∞f_{2}(x)\to+\infty quand x→0+x\to0^{+}. Il existe donc b∈ ]0,1[b\in\,]0,1[ tel que f2(b)>0f_{2}(b)>0, et par le théorème des valeurs intermédiaires sur [b,1][b,1], il existe a∈ ]b,1[a\in\,]b,1[ tel que f2(a)=0f_{2}(a)=0.
    1. Sur ]1,+∞[]1,+\infty[, fn′′f_{n}'' a le signe de n−1−ln⁡xn-1-\ln x : fn′f_{n}' croît sur ]1,en−1]\left]1,e^{n-1}\right] puis décroît. Or fn′(x)→−1f_{n}'(x)\to-1 en 11 et en +∞+\infty (croissances comparées), et fn′(en−1)=n(n−1e)n−1−1>0f_{n}'(e^{n-1})=n\left(\frac{n-1}{e}\right)^{n-1}-1>0

      (pour n=3n=3, 3⋅4e2>13\cdot\frac4{e^{2}}>1 ; pour n≥4n\geq4, n−1e>1\frac{n-1}e>1). Donc fn′f_{n}' s'annule en exactement deux points αn<en−1<βn\alpha_{n}<e^{n-1}<\beta_{n} : fnf_{n} décroît sur ]1,αn]]1,\alpha_{n}], croît sur [αn,βn][\alpha_{n},\beta_{n}], décroît sur [βn,+∞[[\beta_{n},+\infty[.

      On a fn(x)→−1f_{n}(x)\to-1 en 11, fn(x)→−∞f_{n}(x)\to-\infty en +∞+\infty (car (ln⁡x)n=o(x)(\ln x)^{n}=o(x)), et fn(en)=nn−en>0f_{n}(e^{n})=n^{n}-e^{n}>0 puisque n>en>e, avec en>en−1>αne^{n}>e^{n-1}>\alpha_{n}. Donc fn<0f_{n}<0 sur ]1,αn]]1,\alpha_{n}], fn(βn)≥fn(en)>0f_{n}(\beta_{n})\geq f_{n}(e^{n})>0 si en≤βne^{n}\le\beta_{n} et fn(βn)>fn(en)>0f_{n}(\beta_{n})>f_{n}(e^{n})>0 sinon. Par le théorème de la bijection sur [αn,βn][\alpha_{n},\beta_{n}] puis sur [βn,+∞[[\beta_{n},+\infty[, l'équation fn(x)=0f_{n}(x)=0 a exactement deux racines un∈ ]αn,βn[u_{n}\in\,]\alpha_{n},\beta_{n}[ et vn>βnv_{n}>\beta_{n}.

    2. fnf_{n} est positive sur [en,βn][e^{n},\beta_{n}] lorsque en≤βne^{n}\le\beta_{n}, et décroissante positive en ene^{n} sinon : dans les deux cas vn>env_{n}>e^{n}, donc lim⁡vn=+∞.\boxed{\lim v_{n}=+\infty.}
  2. De (ln⁡un)n=un>1(\ln u_{n})^{n}=u_{n}>1, on tire ln⁡un>1\ln u_{n}>1, soit un>eu_{n}>e. Soit ε>0\varepsilon>0 et y=e1+εy=e^{1+\varepsilon}. On a fn(y)=(1+ε)n−e1+ε>0f_{n}(y)=(1+\varepsilon)^{n}-e^{1+\varepsilon}>0 pour nn assez grand, et y<en−1<βny<e^{n-1}<\beta_{n}. Comme fn<0f_{n}<0 sur ]1,αn]]1,\alpha_{n}], on a y>αny>\alpha_{n} ; fnf_{n} étant croissante sur [αn,βn][\alpha_{n},\beta_{n}] et positive en yy, un<yu_{n}<y. Ainsi e<un<e1+εe<u_{n}<e^{1+\varepsilon} pour nn assez grand : lim⁡n→+∞un=e.\boxed{\lim_{n\to+\infty}u_{n}=e.}

HEC Exercice 2 [Intégrales, Probabilités discrètes]

Sujet E4

  1. Cours : énoncer la formule des probabilités totales.
  2. Pour (n,p)∈N2(n,p)\in\mathbb{N}^2, on pose In,p=∫01xn(1−x)p dx.I_{n,p}=\int_0^1x^n(1-x)^p\,\mathrm{d} x.
    1. Calculer In,0I_{n,0}.
    2. Exprimer In,p+1I_{n,p+1} en fonction de In+1,pI_{n+1,p}.
    3. En déduire une expression de In,pI_{n,p} en fonction de nn et pp.

    On dispose de NN urnes U1,…,UNU_1,\ldots,U_N. Pour k∈⟦1,N⟧k\in\llbracket 1,N\rrbracket, l'urne UkU_k contient kk boules rouges et N−kN-k boules blanches. On choisit une urne avec une probabilité proportionnelle au nombre de boules rouges qu'elle contient, puis on effectue dans cette urne des tirages successifs avec remise.

  3. Pour k∈⟦1,N⟧k\in\llbracket 1,N\rrbracket, calculer la probabilité de choisir UkU_k.
  4. Soit n∈N∗n\in\mathbb{N}^*. On note EnE_n l'événement : « parmi les 2n2n premiers tirages, on obtient nn boules rouges et nn boules blanches », et R2n+1R_{2n+1} l'événement : « le (2n+1)(2n+1)-ième tirage donne une boule rouge ».
    1. Exprimer P(En)\mathbb{P}(E_n) sous forme d'une somme.
    2. Donner une expression de P(R2n+1∣En)\mathbb{P}(R_{2n+1}\mid E_n).
Corrigé
  1. Si (Ai)i∈I(A_{i})_{i\in I} est un système complet d'événements (II fini ou dénombrable) de probabilités non nulles, pour tout événement BB : P(B)=∑iP(Ai)PAi(B)\mathbb{P}(B)=\sum_{i}\mathbb{P}(A_{i})\mathbb{P}_{A_{i}}(B).
    1. In,0=∫01xn dx=1n+1I_{n,0}=\int_{0}^{1}x^{n}\,dx=\frac{1}{n+1}.
    2. Les fonctions u:x↦xn+1n+1u:x\mapsto\frac{x^{n+1}}{n+1} et v:x↦(1−x)p+1v:x\mapsto(1-x)^{p+1} sont de classe C1\mathcal{C}^{1} sur [0,1][0,1], avec u′(x)=xnu'(x)=x^{n} et v′(x)=−(p+1)(1−x)pv'(x)=-(p+1)(1-x)^{p}. Le crochet étant nul : In,p+1=p+1n+1 In+1,p.I_{n,p+1}=\frac{p+1}{n+1}\,I_{n+1,p}.
    3. Par récurrence sur pp : In,p=pn+1⋅p−1n+2⋯1n+p In+p,0=n! p!(n+p+1)!I_{n,p}=\frac{p}{n+1}\cdot\frac{p-1}{n+2}\cdots\frac{1}{n+p}\,I_{n+p,0}=\boxed{\frac{n!\,p!}{(n+p+1)!}}
  2. On note encore UkU_{k} l'événement « on choisit l'urne UkU_{k} ». P(Uk)=ck\mathbb{P}(U_{k})=ck avec c∑k=1Nk=1c\sum_{k=1}^{N}k=1, donc P(Uk)=2kN(N+1)\mathbb{P}(U_{k})=\frac{2k}{N(N+1)}.
    1. Sachant UkU_{k}, le nombre de rouges en 2n2n tirages suit la loi B ⁣(2n,kN)\mathcal{B}\!\left(2n,\frac kN\right). Avec le système complet (U1,…,UN)(U_{1},\ldots,U_{N}) : P(En)=∑k=1N2kN(N+1)(2nn)(kN)n(1−kN)n.\mathbb{P}(E_{n})=\sum_{k=1}^{N}\frac{2k}{N(N+1)}\binom{2n}{n}\left(\frac kN\right)^{n}\left(1-\frac kN\right)^{n}.
    2. De même, sachant UkU_{k}, PUk(En∩R2n+1)=(2nn)(kN)n+1(1−kN)n\mathbb{P}_{U_{k}}(E_{n}\cap R_{2n+1})=\binom{2n}{n}\left(\frac kN\right)^{n+1}\left(1-\frac kN\right)^{n}. Donc PEn(R2n+1)=P(En∩R2n+1)P(En)=∑k=1Nk(kN)n+1(1−kN)n∑k=1Nk(kN)n(1−kN)n.\mathbb{P}_{E_{n}}(R_{2n+1})=\frac{\mathbb{P}(E_{n}\cap R_{2n+1})}{\mathbb{P}(E_{n})}=\frac{\displaystyle\sum_{k=1}^{N}k\left(\frac kN\right)^{n+1}\left(1-\frac kN\right)^{n}}{\displaystyle\sum_{k=1}^{N}k\left(\frac kN\right)^{n}\left(1-\frac kN\right)^{n}}.

HEC Exercice 3 [Variables à densité, Estimations]

Sujet E6

Rappel : Le risque quadratique d'un estimateur TnT_n d'un paramètre θ\theta est

Rθ(Tn)=Eθ ⁣[(Tn−θ)2].R_\theta(T_n)=\mathbb{E}_\theta\!\left[(T_n-\theta)^2\right].

Un estimateur est sans biais lorsque Eθ(Tn)=θ\mathbb{E}_\theta(T_n)=\theta.

Soit θ>0\theta>0 inconnu. Une variable aléatoire XX, à valeurs dans [0,θ][0,\theta], admet pour densité

f(x)={2xθ2,x∈]0,θ],0,sinon.f(x)= \begin{cases} \dfrac{2x}{\theta^2},&x\in]0,\theta],\\ 0,&\text{sinon}. \end{cases}
  1. Cours : rappeler les définitions d'un estimateur sans biais et de son risque quadratique.
  2. Calculer E(X)\mathbb{E}(X) et V(X)\mathbb{V}(X).
  3. Soit (X1,…,Xn)(X_1,\ldots,X_n) un nn-échantillon de même loi que XX, et X‾n=1n∑i=1nXi.\overline X_n=\frac1n\sum_{i=1}^nX_i.
    1. Déterminer la fonction de répartition FF de XX.
    2. Tracer l'allure de la courbe représentative de FF.
    1. Déterminer un estimateur TnT_n de θ\theta, sans biais et de la forme cX‾nc\overline X_n.
    2. Calculer les risques quadratiques de X‾n\overline X_n et de TnT_n, considérés comme estimateurs de θ\theta.
  4. On pose Mn=max⁡(X1,…,Xn)M_n=\max(X_1,\ldots,X_n).
    1. Déterminer la fonction de répartition GnG_n et une densité gng_n de MnM_n.
    2. Calculer E(Mn)\mathbb{E}(M_n), puis en déduire un estimateur sans biais WnW_n de θ\theta.
    3. Entre TnT_n et WnW_n, quel estimateur doit-on préférer au regard du risque quadratique ?
  5. Soit α∈]0,1[\alpha\in]0,1[.
    1. Établir l'existence de a,b∈]0,1[a,b\in]0,1[ tels que P(Mn≤aθ)=α2,P(bθ≤Mn≤θ)=α2.\mathbb{P}(M_n\le a\theta)=\frac{\alpha}{2}, \qquad \mathbb{P}(b\theta\le M_n\le\theta)=\frac{\alpha}{2}.
    2. En déduire un intervalle de confiance de θ\theta au niveau de confiance 1−α1-\alpha.
Corrigé
  1. Un estimateur TnT_{n} de θ\theta est sans biais si Eθ(Tn)=θ\mathbb{E}_{\theta}(T_{n})=\theta pour tout θ\theta ; son risque quadratique est Eθ((Tn−θ)2)=Vθ(Tn)+(Eθ(Tn)−θ)2\mathbb{E}_{\theta}\left((T_{n}-\theta)^{2}\right)=\mathbb{V}_{\theta}(T_{n})+\left(\mathbb{E}_{\theta}(T_{n})-\theta\right)^{2}.
  2. Les intégrales existent par intégration d'une fonction continue sur un segment : E(X)=∫0θ2x2θ2 dx=2θ3,E(X2)=∫0θ2x3θ2 dx=θ22,V(X)=θ218.\mathbb{E}(X)=\int_{0}^{\theta}\frac{2x^{2}}{\theta^{2}}\,dx=\frac{2\theta}3,\qquad \mathbb{E}(X^{2})=\int_{0}^{\theta}\frac{2x^{3}}{\theta^{2}}\,dx=\frac{\theta^{2}}2,\qquad \mathbb{V}(X)=\frac{\theta^{2}}{18}.
    1. F(x)=0F(x)=0 pour x<0x<0, F(x)=x2θ2F(x)=\frac{x^{2}}{\theta^{2}} pour 0≤x≤θ0\le x\le\theta, F(x)=1F(x)=1 pour x>θx>\theta.
    2. La courbe est nulle sur ]−∞,0]]-\infty,0], en arc de parabole croissant de (0,0)(0,0) à (θ,1)(\theta,1) (convexe, tangente horizontale en 00), puis constante égale à 11.
    1. E(cX‾n)=2cθ3\mathbb{E}(c\overline X_{n})=\frac{2c\theta}3 : Tn=32X‾nT_{n}=\frac32\overline X_{n} est sans biais.
    2. V(X‾n)=θ218n\mathbb{V}(\overline X_{n})=\frac{\theta^{2}}{18n} et le biais de X‾n\overline X_{n} vaut −θ3-\frac\theta3 : Rθ(X‾n)=θ218n+θ29,Rθ(Tn)=V(Tn)=94⋅θ218n=θ28n.R_{\theta}(\overline X_{n})=\frac{\theta^{2}}{18n}+\frac{\theta^{2}}{9},\qquad R_{\theta}(T_{n})=\mathbb{V}(T_{n})=\frac94\cdot\frac{\theta^{2}}{18n}=\frac{\theta^{2}}{8n}.
    1. Par indépendance, Gn(x)=P(X1≤x)⋯P(Xn≤x)=F(x)nG_{n}(x)=\mathbb{P}(X_{1}\le x)\cdots\mathbb{P}(X_{n}\le x)=F(x)^{n}, soit x2nθ2n\frac{x^{2n}}{\theta^{2n}} sur [0,θ][0,\theta], 00 avant, 11 après. GnG_{n} est continue, de classe C1\mathcal{C}^{1} sauf en θ\theta : en dérivant, gn(x)=2nx2n−1θ2ng_{n}(x)=\frac{2nx^{2n-1}}{\theta^{2n}} sur ]0,θ[]0,\theta[, 00 ailleurs, est une densité de MnM_{n}.
    2. E(Mn)=∫0θ2nx2nθ2n dx=2n2n+1θ\mathbb{E}(M_{n})=\int_{0}^{\theta}\frac{2nx^{2n}}{\theta^{2n}}\,dx=\frac{2n}{2n+1}\theta. Donc Wn=2n+12nMnW_{n}=\frac{2n+1}{2n}M_{n} est sans biais.
    3. E(Mn2)=2n2n+2θ2=nn+1θ2\mathbb{E}(M_{n}^{2})=\frac{2n}{2n+2}\theta^{2}=\frac{n}{n+1}\theta^{2}, d'où V(Mn)=nθ2(n+1)(2n+1)2\mathbb{V}(M_{n})=\frac{n\theta^{2}}{(n+1)(2n+1)^{2}} et Rθ(Wn)=(2n+1)24n2V(Mn)=θ24n(n+1)≤θ28n=Rθ(Tn),R_{\theta}(W_{n})=\frac{(2n+1)^{2}}{4n^{2}}\mathbb{V}(M_{n})=\frac{\theta^{2}}{4n(n+1)}\le\frac{\theta^{2}}{8n}=R_{\theta}(T_{n}),

      car 2≤n+12\le n+1, avec égalité seulement pour n=1n=1. On préfère WnW_{n}.

    1. P(Mn≤aθ)=a2n\mathbb{P}(M_{n}\le a\theta)=a^{2n} et P(bθ≤Mn≤θ)=1−b2n\mathbb{P}(b\theta\le M_{n}\le\theta)=1-b^{2n}. On prend a=(α2)1/(2n)a=\left(\frac\alpha2\right)^{1/(2n)} et b=(1−α2)1/(2n)b=\left(1-\frac\alpha2\right)^{1/(2n)}, qui sont dans ]0,1[]0,1[, avec a<ba<b.
    2. Alors P(aθ<Mn<bθ)=1−α2−α2=1−α\mathbb{P}(a\theta<M_{n}<b\theta)=1-\frac\alpha2-\frac\alpha2=1-\alpha, et aθ<Mn<bθa\theta<M_{n}<b\theta équivaut à Mnb<θ<Mna\frac{M_{n}}{b}<\theta<\frac{M_{n}}{a} : ]Mn(1−α/2)1/(2n), Mn(α/2)1/(2n)[ est un intervalle de confiance de θ au niveau 1−α.\boxed{\left]\frac{M_{n}}{(1-\alpha/2)^{1/(2n)}},\ \frac{M_{n}}{(\alpha/2)^{1/(2n)}}\right[\ \text{est un intervalle de confiance de } \theta \text{ au niveau } 1-\alpha.}

HEC Exercice 4 [Probabilités discrètes, Couples de variables discrètes]

Sujet E7

Une puce effectue des sauts de longueur 11 dans un repère orthonormé (O,i⃗,j⃗)(O,\vec i,\vec j). Chaque saut se fait, avec équiprobabilité, dans l'une des quatre directions portées par les axes. On note MnM_n sa position après nn sauts, et XnX_n, YnY_n ses coordonnées. Initialement, M0=OM_0=O.

  1. Cours : donner la définition de l'indépendance de deux variables aléatoires finies.
  2. Pour n≥1n\ge1, on pose Tn=Xn−Xn−1T_n=X_n-X_{n-1}. Les variables T1,…,TnT_1,\ldots,T_n sont supposées indépendantes.
    1. Déterminer la loi de TnT_n, son espérance et sa variance.
    2. Exprimer XnX_n en fonction de T1,…,TnT_1,\ldots,T_n.
    3. Calculer E(Xn)\mathbb{E}(X_n).
    4. Calculer E(Xn2)\mathbb{E}(X_n^2).
  3. On pose Zn=OMnZ_n=OM_n.
    1. Les variables XnX_n et YnY_n sont-elles indépendantes ?
    2. Montrer que E(Zn)≤n\mathbb{E}(Z_n)\le\sqrt n.
  4. On note pnp_n la probabilité que la puce soit revenue en OO après nn sauts.
    1. Que vaut pnp_n lorsque nn est impair ?
    2. Si n=2mn=2m, on admet ∑k=0m(mk)2=(2mm).\sum_{k=0}^{m}\binom{m}{k}^2=\binom{2m}{m}.

      Établir

      p2m=(2mm) ⁣2142m.p_{2m}=\binom{2m}{m}^{\!2}\frac1{4^{2m}}.
Corrigé
  1. Deux variables finies X,YX,Y sont indépendantes si P([X=x]∩[Y=y])=P(X=x)P(Y=y)\mathbb{P}([X=x]\cap[Y=y])=\mathbb{P}(X=x)\mathbb{P}(Y=y) pour tous x∈X(Ω)x\in X(\Omega), y∈Y(Ω)y\in Y(\Omega).
    1. Le nn-ième saut modifie l'abscisse de +1+1 ou −1-1 (probabilité 14\frac14 chacun), ou ne la modifie pas (saut vertical, probabilité 12\frac12). Donc E(Tn)=0\mathbb{E}(T_{n})=0 et V(Tn)=E(Tn2)=12\mathbb{V}(T_{n})=\mathbb{E}(T_{n}^{2})=\frac12.
    2. Par télescopage, Xn=T1+⋯+TnX_{n}=T_{1}+\cdots+T_{n}.
    3. E(Xn)=0\mathbb{E}(X_{n})=0.
    4. Par indépendance, E(Xn2)=V(Xn)=∑V(Tk)=n2\mathbb{E}(X_{n}^{2})=\mathbb{V}(X_{n})=\sum\mathbb{V}(T_{k})=\frac n2.
    1. Non : P([X1=1]∩[Y1=1])=0\mathbb{P}([X_{1}=1]\cap[Y_{1}=1])=0 alors que P(X1=1)P(Y1=1)=116\mathbb{P}(X_{1}=1)\mathbb{P}(Y_{1}=1)=\frac1{16}.
    2. Zn=Xn2+Yn2Z_{n}=\sqrt{X_{n}^{2}+Y_{n}^{2}} est finie et, par symétrie, E(Yn2)=n2\mathbb{E}(Y_{n}^{2})=\frac n2, donc E(Zn2)=n\mathbb{E}(Z_{n}^{2})=n. Comme V(Zn)=E(Zn2)−E(Zn)2≥0\mathbb{V}(Z_{n})=\mathbb{E}(Z_{n}^{2})-\mathbb{E}(Z_{n})^{2}\geq0, E(Zn)≤n\mathbb{E}(Z_{n})\le\sqrt n (Zn≥0Z_{n}\geq0).
    1. À chaque saut, Xn+YnX_{n}+Y_{n} change de ±1\pm1, donc change de parité. Après un nombre impair de sauts, Xn+YnX_{n}+Y_{n} est impair et la puce n'est pas en OO : pn=0p_{n}=0.
    2. Les 42m4^{2m} suites de sauts sont équiprobables. La puce revient en OO si et seulement si, pour un certain k∈⟦0,m⟧k\in\llbracket0,m\rrbracket, elle fait kk sauts à droite, kk à gauche, m−km-k en haut et m−km-k en bas. Le nombre de telles suites est ∑k=0m(2m)!k! k! (m−k)! (m−k)!=(2mm)∑k=0m(mk)2=(2mm)2,\sum_{k=0}^{m}\frac{(2m)!}{k!\,k!\,(m-k)!\,(m-k)!}=\binom{2m}{m}\sum_{k=0}^{m}\binom mk^{2}=\binom{2m}{m}^{2},

      donc p2m=(2mm)2142mp_{2m}=\binom{2m}{m}^{2}\frac{1}{4^{2m}}.

HEC Exercice 5 [Espaces vectoriels, Réduction, Applications linéaires]

Sujet E8

Dans une base B=(i,j,k)\mathcal B=(i,j,k) d'un espace vectoriel réel de dimension 33, on considère la matrice

A=(110−121101).A= \begin{pmatrix} 1&1&0\\ -1&2&1\\ 1&0&1 \end{pmatrix}.

On note I3I_3 la matrice identité.

  1. Cours : donner la définition de deux matrices semblables.
    1. Montrer que (2I3−A)(A2−2A+2I3)=0.(2I_3-A)(A^2-2A+2I_3)=0.
    2. La matrice AA est-elle inversible ?
    3. Déterminer ses valeurs propres et ses sous-espaces propres.
    4. La matrice AA est-elle diagonalisable ?
  2. Soient a,b,c∈Ra,b,c\in\mathbb{R}, non tous nuls, et P={(x,y,z)∈R3∣ax+by+cz=0}.P=\{(x,y,z)\in\mathbb{R}^3\mid ax+by+cz=0\}.

    On considère

    U=(−b,a,0),V=(0,c,−b),W=(−c,0,a).U=(-b,a,0),\qquad V=(0,c,-b),\qquad W=(-c,0,a).
    1. Montrer que Vect⁡(U,V,W)\operatorname{Vect}(U,V,W) est de dimension 22.
    2. Déterminer tous les plans PP tels que AP⊂PAP\subset P.
Corrigé
  1. AA et BB sont semblables s'il existe PP inversible telle que B=P−1APB=P^{-1}AP.
    1. Le calcul donne A2=(031−233211)A^{2}=\begin{pmatrix}0&3&1\\-2&3&3\\2&1&1\end{pmatrix}, A2−2A+2I3=(011011011)A^{2}-2A+2I_{3}=\begin{pmatrix}0&1&1\\0&1&1\\0&1&1\end{pmatrix}, et (2I3−A)(011011011)=0(2I_{3}-A)\begin{pmatrix}0&1&1\\0&1&1\\0&1&1\end{pmatrix}=0, car chaque ligne de 2I3−A2I_{3}-A a une somme nulle.
    2. En développant, −A3+4A2−6A+4I3=0-A^{3}+4A^{2}-6A+4I_{3}=0, donc A⋅14(A2−4A+6I3)=I3A\cdot\frac14\left(A^{2}-4A+6I_{3}\right)=I_{3} : AA est inversible.
    3. Les valeurs propres sont racines du polynôme annulateur (2−x)(x2−2x+2)(2-x)(x^{2}-2x+2) ; comme x2−2x+2=(x−1)2+1>0x^{2}-2x+2=(x-1)^{2}+1>0, Sp⁡(A)⊂{2}\operatorname{Sp}(A)\subset\{2\}. On résout (A−2I3)X=0(A-2I_{3})X=0 : {−x+y=0−x+z=0x−z=0  ⟺  x=y=z.\begin{cases}-x+y=0\\-x+z=0\\x-z=0\end{cases}\iff x=y=z.

      Donc Sp⁡(A)={2}\operatorname{Sp}(A)=\{2\} et E2(A)=Vect⁡(t(1,1,1))E_{2}(A)=\operatorname{Vect}\left({}^t(1,1,1)\right).

    4. Non : sinon AA serait semblable à 2I32I_{3}, donc égale à 2I32I_{3}.
    1. U,V,WU,V,W appartiennent à PP (par exemple a(−b)+ba=0a(-b)+ba=0). PP est le noyau de la forme linéaire non nulle (x,y,z)↦ax+by+cz(x,y,z)\mapsto ax+by+cz, donc dim⁡P=2\dim P=2 par le théorème du rang. Deux des trois vecteurs ne sont pas colinéaires : si a≠0a\neq0, UU et WW ; si a=0a=0 et b≠0b\neq0, UU et VV ; si a=b=0a=b=0, VV et WW. Donc Vect⁡(U,V,W)=P\operatorname{Vect}(U,V,W)=P est de dimension 22.
    2. Soit L=(a b c)L=(a\ b\ c). Si LA=μLLA=\mu L, alors LX=0⇒LAX=μLX=0LX=0\Rightarrow LAX=\mu LX=0 : AP⊂PAP\subset P. Réciproquement, si AP⊂PAP\subset P, soit X0X_{0} tel que LX0=1LX_{0}=1 ; tout XX s'écrit X=(X−(LX)X0)+(LX)X0X=(X-(LX)X_{0})+(LX)X_{0} avec X−(LX)X0∈PX-(LX)X_{0}\in P, donc LAX=(LX)(LAX0)LAX=(LX)(LAX_{0}) : LA=μLLA=\mu L avec μ=LAX0\mu=LAX_{0}.

      La condition est donc que tL{}^tL soit un vecteur propre de tA{}^tA. Comme tA{}^tA annule le même polynôme, sa seule valeur propre possible est 22, et

      tA−2I3=(−1−1110001−1):{−a−b+c=0a=0b−c=0  ⟺  a=0, b=c.{}^tA-2I_{3}=\begin{pmatrix}-1&-1&1\\1&0&0\\0&1&-1\end{pmatrix}:\quad\begin{cases}-a-b+c=0\\a=0\\b-c=0\end{cases}\iff a=0,\ b=c. Le seul ensemble P convenable est {(x,y,z):y+z=0}.\boxed{\text{Le seul ensemble } P \text{ convenable est } \{(x,y,z) : y+z=0\}.}

      On vérifie : At(x,y,z)=t(x+y, −x+2y+z, x+z)A{}^t(x,y,z)={}^t(x+y,\,-x+2y+z,\,x+z), dont la somme des deux dernières coordonnées vaut 2(y+z)2(y+z).

HEC Exercice 6 [Fonctions d’une variable, Suites, Intégrales]

Sujet E10

  1. Cours : rappeler la définition de la convexité d'une fonction sur un intervalle.
  2. Pour x∈Rx\in\mathbb{R}, on pose f(x)=∫0xet2 dt.f(x)=\int_0^x\mathrm{e}^{t^2}\,\mathrm{d} t.
    1. Justifier que cette intégrale est bien définie.
    2. Montrer que ff est de classe C2\mathcal C^2, puis étudier sa parité et sa convexité.
    3. Étudier les variations de ff et tracer l'allure de sa courbe.
    1. Montrer que, pour tout n≥1n\ge1, il existe un unique réel unu_n tel que f(un)=1/nf(u_n)=1/n.
    2. Montrer que (un)(u_n) est décroissante et convergente.
    3. Déterminer sa limite.
    1. Montrer que, pour u∈[0,ln⁡2]u\in[0,\ln2], 1+u≤eu≤1+2u.1+u\le\mathrm{e}^u\le1+2u.
    2. En déduire qu'il existe n0n_0 tel que, pour n≥n0n\ge n_0, ∫0un(1+t2) dt≤1n≤∫0un(1+2t2) dt.\int_0^{u_n}(1+t^2)\,\mathrm{d} t\le\frac1n \le\int_0^{u_n}(1+2t^2)\,\mathrm{d} t.
    3. Montrer que nun3→0nu_n^3\to0, puis donner un équivalent de unu_n.
Corrigé
  1. ff est convexe sur II si, pour tous x,y∈Ix,y\in I et λ∈[0,1]\lambda\in[0,1], f(λx+(1−λ)y)≤λf(x)+(1−λ)f(y)f(\lambda x+(1-\lambda)y)\le\lambda f(x)+(1-\lambda)f(y).
    1. t↦et2t\mapsto e^{t^{2}} est continue sur R\mathbb{R}, donc intégrable sur le segment d'extrémités 00 et xx.
    2. ff est la primitive nulle en 00 d'une fonction de classe C1\mathcal{C}^{1} : f′(x)=ex2f'(x)=e^{x^{2}}, f′′(x)=2xex2f''(x)=2xe^{x^{2}}, et ff est C2\mathcal{C}^{2}. Par le changement de variable t=−ut=-u, f(−x)=−f(x)f(-x)=-f(x) : ff est impaire. f′′≥0f''\geq0 sur R+\mathbb{R}_{+} et ≤0\le0 sur R−\mathbb{R}_{-} : ff est convexe sur R+\mathbb{R}_{+}, concave sur R−\mathbb{R}_{-}, avec un point d'inflexion en 00.
    3. f′>0f'>0 : ff est strictement croissante. Pour x≥0x\geq0, f(x)≥∫0x1 dt=xf(x)\geq\int_{0}^{x}1\,dt=x, donc f→+∞f\to+\infty en +∞+\infty et, par imparité, f→−∞f\to-\infty en −∞-\infty. La courbe passe par l'origine avec une tangente de pente 11 et croît de −∞-\infty à +∞+\infty.
    1. ff est continue et strictement croissante de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R} : par le théorème de la bijection, un=f−1(1n)u_{n}=f^{-1}\left(\frac1n\right) existe et est unique.
    2. f−1f^{-1} est croissante et 1n+1<1n\frac1{n+1}<\frac1n : un+1<unu_{n+1}<u_{n}. De plus un>0=f−1(0)u_{n}>0=f^{-1}(0). Décroissante et minorée, (un)(u_{n}) converge.
    3. Sa limite ℓ\ell vérifie, par continuité de ff, f(ℓ)=lim⁡1n=0f(\ell)=\lim\frac1n=0, donc ℓ=0\ell=0.
    1. eu≥1+ue^{u}\geq1+u par convexité de l'exponentielle (tangente en 00). La fonction g(u)=1+2u−eug(u)=1+2u-e^{u} vérifie g(0)=0g(0)=0 et g′(u)=2−eu≥0g'(u)=2-e^{u}\geq0 sur [0,ln⁡2][0,\ln2] : g≥0g\geq0.
    2. Comme un→0u_{n}\to0, il existe n0n_{0} tel que un2≤ln⁡2u_{n}^{2}\le\ln2 pour n≥n0n\geq n_{0}. Pour t∈[0,un]t\in[0,u_{n}], t2∈[0,ln⁡2]t^{2}\in[0,\ln2] et 1+t2≤et2≤1+2t21+t^{2}\le e^{t^{2}}\le1+2t^{2}. En intégrant sur [0,un][0,u_{n}] (bornes dans l'ordre croissant) et avec f(un)=1nf(u_{n})=\frac1n, on obtient l'encadrement.
    3. Il s'écrit un+un33≤1n≤un+2un33u_{n}+\frac{u_{n}^{3}}3\le\frac1n\le u_{n}+\frac{2u_{n}^{3}}3. En particulier nun≤1nu_{n}\le1, donc 0≤nun3=(nun)un2≤un2→00\le nu_{n}^{3}=(nu_{n})u_{n}^{2}\le u_{n}^{2}\to0. En multipliant par nn : 1−23nun3≤nun≤11-\frac23nu_{n}^{3}\le nu_{n}\le1, donc nun→1nu_{n}\to1 : un∼1n.\boxed{u_{n}\sim\frac1n.}

HEC Exercice 7 [Probabilités discrètes, Couples de variables discrètes]

Sujet E11

Soient p∈]0,1[p\in]0,1[, q=1−pq=1-p et λ>0\lambda>0. On suppose que XX suit une loi de Poisson de paramètre λ\lambda, que YY est à valeurs dans N\mathbb{N}, et que, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, la loi conditionnelle de YY sachant [X=n][X=n] est la loi binomiale B(n,p)\mathcal B(n,p).

  1. Cours : rappeler la loi d'un couple de variables aléatoires discrètes, les lois marginales et les lois conditionnelles.
  2. Déterminer la loi du couple (X,Y)(X,Y).
  3. Montrer que YY suit une loi de Poisson de paramètre λp\lambda p.
  4. Déterminer la loi de X−YX-Y.
    1. Montrer que YY et X−YX-Y sont indépendantes.
    2. Calculer le coefficient de corrélation linéaire de XX et YY.
Corrigé
  1. La loi de (X,Y)(X,Y) est la donnée des P([X=x]∩[Y=y])\mathbb{P}([X=x]\cap[Y=y]). Les lois marginales s'en déduisent par P(X=x)=∑yP([X=x]∩[Y=y])\mathbb{P}(X=x)=\sum_{y}\mathbb{P}([X=x]\cap[Y=y]) (système complet ([Y=y])y([Y=y])_{y}). La loi conditionnelle de YY sachant [X=x][X=x] (avec P(X=x)>0\mathbb{P}(X=x)>0) est y↦P[X=x](Y=y)=P([X=x]∩[Y=y])P(X=x)y\mapsto\mathbb{P}_{[X=x]}(Y=y)=\frac{\mathbb{P}([X=x]\cap[Y=y])}{\mathbb{P}(X=x)}.
  2. Pour 0≤k≤n0\le k\le n, P([X=n]∩[Y=k])=e−λλnn!(nk)pkqn−k\mathbb{P}([X=n]\cap[Y=k])=e^{-\lambda}\frac{\lambda^{n}}{n!}\binom nkp^{k}q^{n-k}, et 00 si k>nk>n.
  3. Avec le système complet ([X=n])n∈N([X=n])_{n\in\mathbb{N}} : P(Y=k)=∑n≥ke−λλnk! (n−k)!pkqn−k=e−λ(λp)kk!∑j≥0(λq)jj!=e−λp(λp)kk!.\mathbb{P}(Y=k)=\sum_{n\geq k}e^{-\lambda}\frac{\lambda^{n}}{k!\,(n-k)!}p^{k}q^{n-k}=e^{-\lambda}\frac{(\lambda p)^{k}}{k!}\sum_{j\geq0}\frac{(\lambda q)^{j}}{j!}=e^{-\lambda p}\frac{(\lambda p)^{k}}{k!}.
  4. De même, P([Y=k]∩[X−Y=j])=P([X=k+j]∩[Y=k])=e−λλk+jk! j!pkqj\mathbb{P}([Y=k]\cap[X-Y=j])=\mathbb{P}([X=k+j]\cap[Y=k])=e^{-\lambda}\frac{\lambda^{k+j}}{k!\,j!}p^{k}q^{j}, et en sommant sur kk : X−Y↪P(λq)X-Y\hookrightarrow\mathcal{P}(\lambda q).
    1. Le calcul précédent donne P([Y=k]∩[X−Y=j])=e−λp(λp)kk!⋅e−λq(λq)jj!=P(Y=k)P(X−Y=j)\mathbb{P}([Y=k]\cap[X-Y=j])=e^{-\lambda p}\frac{(\lambda p)^{k}}{k!}\cdot e^{-\lambda q}\frac{(\lambda q)^{j}}{j!}=\mathbb{P}(Y=k)\mathbb{P}(X-Y=j) : YY et X−YX-Y sont indépendantes.
    2. Cov⁡(X,Y)=Cov⁡(Y,Y)+Cov⁡(X−Y,Y)=V(Y)=λp\operatorname{Cov}(X,Y)=\operatorname{Cov}(Y,Y)+\operatorname{Cov}(X-Y,Y)=\mathbb{V}(Y)=\lambda p, donc ρ(X,Y)=λpλ⋅λp=p.\rho(X,Y)=\frac{\lambda p}{\sqrt{\lambda\cdot\lambda p}}=\boxed{\sqrt p.}

HEC Exercice 8 [Espaces vectoriels, Réduction, Applications linéaires]

Sujet E21

Soit α∈R∗\alpha\in\mathbb{R}^*. On définit

f1(x)=eαx,f2(x)=xeαx,f_1(x)=\mathrm{e}^{\alpha x},\qquad f_2(x)=x\mathrm{e}^{\alpha x},

et E=Vect⁡(f1,f2)E=\operatorname{Vect}(f_1,f_2).

  1. Cours : rappeler la définition et les propriétés des fonctions de classe Cp\mathcal C^p.
    1. Montrer que B=(f1,f2)\mathcal B=(f_1,f_2) est une base de EE.
    2. Montrer que la dérivation stabilise EE, puis écrire dans B\mathcal B la matrice A=(α10α).A=\begin{pmatrix}\alpha&1\\0&\alpha\end{pmatrix}.
    3. La matrice AA est-elle inversible ? Est-elle diagonalisable ?
  2. Calculer A−1A^{-1}, puis déterminer toutes les primitives sur R\mathbb{R} de x⟼(2x−3)eαx.x\longmapsto(2x-3)\mathrm{e}^{\alpha x}.
    1. Calculer AnA^n pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}.
    2. En déduire la dérivée nn-ième de la fonction précédente.
Corrigé
  1. Une fonction est de classe Cp\mathcal{C}^{p} sur un intervalle si elle est pp fois dérivable et si sa dérivée pp-ième est continue. Les sommes, produits et composées de fonctions Cp\mathcal{C}^{p} sont Cp\mathcal{C}^{p}.
    1. (f1,f2)(f_{1},f_{2}) engendre EE. Si af1+bf2=0af_{1}+bf_{2}=0, alors a+bx=0a+bx=0 pour tout xx (en divisant par eαxe^{\alpha x}), donc a=b=0a=b=0 : c'est une base.
    2. f1′=αf1f_{1}'=\alpha f_{1} et f2′=f1+αf2f_{2}'=f_{1}+\alpha f_{2} : la dérivée d'un élément de EE est dans EE, et la matrice de la dérivation dd dans B\mathcal{B} est A=(α10α)A=\begin{pmatrix}\alpha&1\\0&\alpha\end{pmatrix}.
    3. AA est triangulaire à coefficients diagonaux non nuls : elle est inversible. Sa seule valeur propre est α\alpha ; si elle était diagonalisable, on aurait A=αI2A=\alpha I_{2}, ce qui est faux.
  2. A−1=1α2(α−10α)A^{-1}=\frac{1}{\alpha^{2}}\begin{pmatrix}\alpha&-1\\0&\alpha\end{pmatrix}. La fonction g:x↦(2x−3)eαx=−3f1+2f2g:x\mapsto(2x-3)e^{\alpha x}=-3f_{1}+2f_{2} a pour coordonnées t(−3,2){}^t(-3,2). Comme dd est bijective sur EE, l'unique primitive de gg dans EE a pour coordonnées A−1(−32)=(−3α−2α22α).A^{-1}\begin{pmatrix}-3\\2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-\frac3\alpha-\frac2{\alpha^{2}}\\[1mm]\frac2\alpha\end{pmatrix}.

    Les primitives de gg sur R\mathbb{R} diffèrent d'une constante :

    x⟼(2xα−3α−2α2)eαx+C,C∈R.\boxed{x\longmapsto\left(\frac{2x}\alpha-\frac3\alpha-\frac2{\alpha^{2}}\right)e^{\alpha x}+C,\qquad C\in\mathbb{R}.}
    1. A=αI2+NA=\alpha I_{2}+N avec N=(0100)N=\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}, N2=0N^{2}=0, et I2I_{2}, NN commutent. Par la formule du binôme : An=αnI2+nαn−1N=(αnnαn−10αn).A^{n}=\alpha^{n}I_{2}+n\alpha^{n-1}N=\begin{pmatrix}\alpha^{n}&n\alpha^{n-1}\\0&\alpha^{n}\end{pmatrix}.
    2. g(n)g^{(n)} a pour coordonnées Ant(−3,2)=t ⁣(−3αn+2nαn−1, 2αn)A^{n}{}^t(-3,2)={}^t\!\left(-3\alpha^{n}+2n\alpha^{n-1},\ 2\alpha^{n}\right) : g(n)(x)=(2αnx+2nαn−1−3αn)eαx.\boxed{g^{(n)}(x)=\left(2\alpha^{n}x+2n\alpha^{n-1}-3\alpha^{n}\right)e^{\alpha x}.}

HEC 2013

HEC Exercice 10 [Probabilités discrètes]

Sujet E20

Soit (Xn)n∈N∗(X_n)_{n\in\mathbb{N}^*} une suite de variables aléatoires indépendantes suivant toutes la loi de Bernoulli de paramètre 1/21/2. Pour n≥1n\ge1, on pose

Wn=∑k=1nkXk,sn=n(n+1)2.W_n=\sum_{k=1}^n kX_k, \qquad s_n=\frac{n(n+1)}2.
  1. Cours : rappeler le schéma binomial.
    1. Calculer E(Wn)\mathbb{E}(W_n) et V(Wn)\mathbb{V}(W_n).
    2. Calculer P(Wn=0)\mathbb{P}(W_n=0) et P(Wn=sn)\mathbb{P}(W_n=s_n).
    3. Calculer, selon les valeurs de nn, P(Wn=3)\mathbb{P}(W_n=3).
  2. Montrer que, pour tout k∈⟦0,sn⟧k\in\llbracket 0,s_n\rrbracket, P(Wn=k)=P(Wn=sn−k).\mathbb{P}(W_n=k)=\mathbb{P}(W_n=s_n-k).
    1. Déterminer, pour j∈⟦0,sn⟧j\in\llbracket 0,s_n\rrbracket, la loi conditionnelle de Wn+1W_{n+1} sachant [Wn=j][W_n=j].
    2. En déduire P(Wn+1=k)={12P(Wn=k),k≤n,12P(Wn=k)+12P(Wn=k−n−1),n+1≤k≤sn,12P(Wn=k−n−1),sn+1≤k≤sn+1.\mathbb{P}(W_{n+1}=k)= \begin{cases} \dfrac12\mathbb{P}(W_n=k),&k\le n,\\[1mm] \dfrac12\mathbb{P}(W_n=k)+\dfrac12\mathbb{P}(W_n=k-n-1),&n+1\le k\le s_n,\\[1mm] \dfrac12\mathbb{P}(W_n=k-n-1),&s_n+1\le k\le s_{n+1}. \end{cases}
Corrigé
  1. On répète nn fois, de façon indépendante, une épreuve de Bernoulli de paramètre pp ; le nombre de succès suit la loi B(n,p)\mathcal{B}(n,p).
    1. Par linéarité, E(Wn)=12∑k=1nk=sn2\mathbb{E}(W_{n})=\frac12\sum_{k=1}^{n}k=\frac{s_{n}}2. Par indépendance, V(Wn)=14∑k=1nk2=n(n+1)(2n+1)24\mathbb{V}(W_{n})=\frac14\sum_{k=1}^{n}k^{2}=\frac{n(n+1)(2n+1)}{24}.
    2. [Wn=0]=[X1=0]∩⋯∩[Xn=0][W_{n}=0]=[X_{1}=0]\cap\cdots\cap[X_{n}=0] et [Wn=sn]=[X1=1]∩⋯∩[Xn=1][W_{n}=s_{n}]=[X_{1}=1]\cap\cdots\cap[X_{n}=1] : ces probabilités valent 2−n2^{-n}.
    3. WnW_{n} est la somme des kk tels que Xk=1X_{k}=1. Les parties de ⟦1,n⟧\llbracket1,n\rrbracket de somme 33 sont {3}\{3\} et {1,2}\{1,2\}, et chaque partie est obtenue avec probabilité 2−n2^{-n} : P(W1=3)=0,P(W2=3)=14,P(Wn=3)=22n  (n≥3).\mathbb{P}(W_{1}=3)=0,\qquad\mathbb{P}(W_{2}=3)=\frac14,\qquad\mathbb{P}(W_{n}=3)=\frac{2}{2^{n}}\ \ (n\geq3).
  2. Les variables 1−Xk1-X_{k} sont indépendantes, de loi B ⁣(12)\mathcal{B}\!\left(\frac12\right) : (1−X1,…,1−Xn)(1-X_{1},\ldots,1-X_{n}) a la même loi que (X1,…,Xn)(X_{1},\ldots,X_{n}). Donc sn−Wn=∑k(1−Xk)s_{n}-W_{n}=\sum k(1-X_{k}) a la même loi que WnW_{n}, et P(Wn=k)=P(sn−Wn=k)=P(Wn=sn−k)\mathbb{P}(W_{n}=k)=\mathbb{P}(s_{n}-W_{n}=k)=\mathbb{P}(W_{n}=s_{n}-k).
    1. Wn+1=Wn+(n+1)Xn+1W_{n+1}=W_{n}+(n+1)X_{n+1}, et Xn+1X_{n+1} est indépendante de WnW_{n} (lemme des coalitions). Sachant [Wn=j][W_{n}=j] (de probabilité non nulle), Wn+1W_{n+1} vaut jj ou j+n+1j+n+1, avec probabilité 12\frac12 chacun.
    2. Avec le système complet ([Wn=j])0≤j≤sn([W_{n}=j])_{0\le j\le s_{n}} : P(Wn+1=k)=12P(Wn=k)+12P(Wn=k−n−1),\mathbb{P}(W_{n+1}=k)=\frac12\mathbb{P}(W_{n}=k)+\frac12\mathbb{P}(W_{n}=k-n-1),

      en convenant que P(Wn=m)=0\mathbb{P}(W_{n}=m)=0 pour m∉⟦0,sn⟧m\notin\llbracket0,s_{n}\rrbracket. Le second terme disparaît si k≤nk\le n, le premier si k≥sn+1k\geq s_{n}+1, d'où les trois cas annoncés.

HEC Exercice 11 [Probabilités discrètes, Couples de variables discrètes, Estimations]

Sujet E24

Rappel : Le biais d'un estimateur TT de pp est E(T)−p\mathbb{E}(T)-p. Son risque quadratique est

Rp(T)=E ⁣[(T−p)2].R_p(T)=\mathbb{E}\!\left[(T-p)^2\right].

Un dé pipé possède des faces portant seulement les nombres 11, 22 et 33. À chaque lancer,

P(1)=p,P(2)=q,P(3)=1−p−q,\mathbb{P}(1)=p,\qquad \mathbb{P}(2)=q,\qquad \mathbb{P}(3)=1-p-q,

où p,q>0p,q>0 et p+q<1p+q<1.

  1. Cours : donner la définition de l'indépendance de deux variables aléatoires discrètes.
  2. On effectue n≥1n\ge1 lancers indépendants. On note XX le nombre de 11 et YY le nombre de 22.
    1. Déterminer les lois de XX et de YY.
    2. Déterminer la loi du couple (X,Y)(X,Y).
    3. Les variables XX et YY sont-elles indépendantes ?
    4. Déterminer le biais et le risque quadratique de l'estimateur Tn=Xn+1T_n=\frac{X}{n+1}

      du paramètre pp.

  3. Le nombre de lancers est désormais une variable NN suivant une loi de Poisson de paramètre λ>0\lambda>0. On note encore XX et YY les nombres de 11 et de 22 obtenus.
    1. Déterminer les lois de XX et de YY.
    2. Vérifier que XX et YY sont indépendantes.
    3. La variable T=XN+1T=\frac{X}{N+1}

      est-elle un estimateur sans biais de pp ?

Corrigé

On note r=1−p−qr=1-p-q.

  1. XX et YY discrètes sont indépendantes si P([X=x]∩[Y=y])=P(X=x)P(Y=y)\mathbb{P}([X=x]\cap[Y=y])=\mathbb{P}(X=x)\mathbb{P}(Y=y) pour tous x,yx,y.
    1. Chaque lancer donne 11 avec probabilité pp, indépendamment : X↪B(n,p)X\hookrightarrow\mathcal{B}(n,p) et Y↪B(n,q)Y\hookrightarrow\mathcal{B}(n,q).
    2. Pour i+j≤ni+j\le n, on choisit les positions des 11 et des 22 : P([X=i]∩[Y=j])=(ni)(n−ij)piqjrn−i−j,  et 0 si i+j>n.\mathbb{P}([X=i]\cap[Y=j])=\binom ni\binom{n-i}{j}p^{i}q^{j}r^{n-i-j},\ \text{ et } 0 \text{ si } i+j>n.
    3. Non : P([X=n]∩[Y=n])=0≠pnqn\mathbb{P}([X=n]\cap[Y=n])=0\neq p^{n}q^{n}.
    4. E(Tn)=npn+1\mathbb{E}(T_{n})=\frac{np}{n+1} : le biais vaut −pn+1-\frac{p}{n+1}. Le risque quadratique vaut V(Tn)+(pn+1)2=np(1−p)+p2(n+1)2.\mathbb{V}(T_{n})+\left(\frac{p}{n+1}\right)^{2}=\frac{np(1-p)+p^{2}}{(n+1)^{2}}.
    1. Avec le système complet ([N=m])m∈N([N=m])_{m\in\mathbb{N}}, en posant m=i+j+km=i+j+k (kk : nombre de 33) : P([X=i]∩[Y=j])=∑k≥0e−λλi+j+ki! j! k!piqjrk=e−λ(λp)i(λq)ji! j!eλr=e−λp(λp)ii!⋅e−λq(λq)jj!,\mathbb{P}([X=i]\cap[Y=j])=\sum_{k\geq0}e^{-\lambda}\frac{\lambda^{i+j+k}}{i!\,j!\,k!}p^{i}q^{j}r^{k}=e^{-\lambda}\frac{(\lambda p)^{i}(\lambda q)^{j}}{i!\,j!}e^{\lambda r}=e^{-\lambda p}\frac{(\lambda p)^{i}}{i!}\cdot e^{-\lambda q}\frac{(\lambda q)^{j}}{j!},

      car p+q+r=1p+q+r=1. En sommant sur jj puis sur ii : X↪P(λp)X\hookrightarrow\mathcal{P}(\lambda p) et Y↪P(λq)Y\hookrightarrow\mathcal{P}(\lambda q).

    2. La loi conjointe calculée en a) est le produit des lois marginales : XX et YY sont indépendantes.
    3. Sachant [N=m][N=m], X↪B(m,p)X\hookrightarrow\mathcal{B}(m,p). Avec le système complet ([N=m])m([N=m])_{m} et le théorème de transfert : E(T)=∑m≥0e−λλmm!⋅mpm+1=p(1−∑m≥0e−λλm(m+1)!)=p(1−1−e−λλ)≠p.\mathbb{E}(T)=\sum_{m\geq0}e^{-\lambda}\frac{\lambda^{m}}{m!}\cdot\frac{mp}{m+1}=p\left(1-\sum_{m\geq0}e^{-\lambda}\frac{\lambda^{m}}{(m+1)!}\right)=p\left(1-\frac{1-e^{-\lambda}}{\lambda}\right)\neq p.

      TT n'est pas sans biais.