Les exercices principaux des oraux HEC de 2007 à 2025 (hors 2020), avec leurs références d’origine. Tous les exercices ont leurs indications et leur corrigé.
227 exercices
HEC 2007
HEC Exercice 1[DENS,CE]
Exercice 1 - Estimation d'un paramètre - HEC 2007
Question de cours. Définition d'un estimateur ; définitions du biais et du risque quadratique d'un estimateur. On considère n>2 variables aléatoires réelles indépendantes X1,…,Xn de même loi, de densité
f0(x)=⎩⎨⎧θ33x20si x∈[0,θ],sinon,
où θ>0. On pose S=X1+⋯+Xn et T=max(X1,…,Xn).
Calculer E(S) et V(S).
Calculer P(T≤t). En déduire une densité de T, puis E(T) et V(T).
On suppose maintenant θ inconnu et on se propose de l'estimer.
Montrer qu'il existe a,b∈R tels que S′=aS et T′=bT soient des estimateurs sans biais de θ. Calculer V(S′) et V(T′).
Entre les deux estimateurs S′ et T′, lequel doit-on préférer ?
Indication 1. Calculer E(X1) et E(X12) par intégration sur le segment [0,θ], puis utiliser l'indépendance pour V(S).
Indication 2. On a [T≤t]=⋂i=1n[Xi≤t]. Le risque quadratique d'un estimateur sans biais est sa variance : comparer V(S′) et V(T′).
Corrigé
Question de cours. Un estimateur de θ est une variable aléatoire de la forme Tn=φ(X1,…,Xn), où φ ne dépend pas de θ. Lorsque Tn admet une espérance, son biais est bθ(Tn)=Eθ(Tn)−θ ; l'estimateur est sans biais si ce biais est nul pour tout θ. Lorsque Tn admet un moment d'ordre 2, son risque quadratique est
rθ(Tn)=Eθ((Tn−θ)2)=Vθ(Tn)+bθ(Tn)2.
Les intégrales suivantes portent sur des fonctions continues sur le segment [0,θ] :
E(X1)=∫0θθ33x3dx=43θ,E(X12)=∫0θθ33x4dx=53θ2,
donc V(X1)=53θ2−169θ2=803θ2. Par linéarité de l'espérance, puis par indépendance des Xi :
E(S)=43nθ,V(S)=803nθ2.
La fonction de répartition commune est F(t)=0 si t<0, F(t)=θ3t3 si t∈[0,θ] et F(t)=1 si t>θ. Comme [T≤t]=⋂i=1n[Xi≤t], l'indépendance donne P(T≤t)=F(t)n :
P(T≤t)=⎩⎨⎧0θ3nt3n1si t<0,si 0≤t≤θ,si t>θ.
Cette fonction est continue sur R et de classe C1 sauf en 0 et θ : T est à densité, et en dérivant là où c'est possible, une densité de T est g(t)=θ3n3nt3n−1 sur [0,θ] et g(t)=0 ailleurs. Alors
S′=aS et T′=bT sont des estimateurs (ils ne dépendent pas de θ). On a E(aS)=43nθa=θ pour tout θ si et seulement si a=3n4, et E(bT)=θ si et seulement si b=3n3n+1. Ensuite V(S′)=a2V(S) et V(T′)=b2V(T) :
a=3n4,b=3n3n+1,V(S′)=15nθ2,V(T′)=3n(3n+2)θ2.
Les deux estimateurs étant sans biais, leur risque quadratique est égal à leur variance. Or 3n(3n+2)−15n=9n(n−1)>0 pour n>2, donc V(T′)<V(S′) :
on preˊfeˋre T′=3n3n+1max(X1,…,Xn), de risque quadratique plus petit.
HEC Exercice 2[EV-AL,RED]
Exercice 2 - Endomorphisme nilpotent - HEC 2007
Soit E un R-espace vectoriel de dimension finie. Pour tout endomorphisme u de E, on note u0=IdE et ur=r termesu∘⋯∘u pour r∈N∗. On considère u=0 tel que, pour tout x∈E, il existe r(x)∈N∗ avec ur(x)(x)=0. (Note : La source écrit ur(x)=0 ; l'argument x est rétabli pour exprimer la nilpotence locale utilisée dans la question suivante.)
Donner deux conditions suffisantes de diagonalisabilité d'une matrice réelle (en toute généralité).
Montrer qu'il existe r∈N∗ tel que ur soit nulle et ur−1 ne soit pas nulle.
Déterminer les valeurs propres de u ; est-il diagonalisable ?
On pose v=∑k=0r−1uk/k!. Montrer que v est un isomorphisme de E sur E. Exprimer son inverse en fonction de u.
Donner une relation simple entre Keru et Ker(v−Id).
Déterminer les valeurs propres de v.
Indication 1. Pour la question 2, fixer une base (e1,…,ep) de E et prendre r au moins égal à tous les r(ei), puis le plus petit entier convenable.
Indication 2. Pour l'inverse de v, penser à ∑k=0r−1(−1)kuk/k! et au binôme. Écrire v−Id=u∘w avec w inversible.
Corrigé
Deux conditions suffisantes pour qu'une matrice A∈Mp(R) soit diagonalisable :
A symeˊtrique reˊelle (theˊoreˋme spectral)ouA posseˋde p valeurs propres distinctes.
Soit (e1,…,ep) une base de E et s=maxir(ei). Pour tout i, us(ei)=us−r(ei)(ur(ei)(ei))=0 ; l'endomorphisme us est nul sur une base, donc nul. L'ensemble des entiers k≥1 tels que uk=0 est une partie non vide de N∗ : il admet un plus petit élément r. On a r≥2 car u=0, et ur−1=0 par minimalité :
∃r≥2,ur=0 et ur−1=0.
Le polynôme Xr est annulateur de u, donc toute valeur propre de u est racine de Xr : Sp(u)⊂{0}. Comme ur−1=0, il existe y tel que x=ur−1(y)=0, et u(x)=ur(y)=0 : 0 est valeur propre. Si u était diagonalisable, sa matrice dans une base de vecteurs propres serait nulle, donc u=0, ce qui est exclu.
Sp(u)={0},u n’est pas diagonalisable.
Posons w=∑j=0r−1j!(−1)juj. Les puissances de u commutent et um=0 pour m≥r, donc
v∘w=m=0∑r−1(k=0∑mk!(m−k)!(−1)m−k)um=m=0∑r−1m!(1−1)mum=IdE,
car, pour m≤r−1, tous les couples (k,m−k) apparaissent dans le produit, et (1−1)m=0 pour m≥1. De même w∘v=IdE. Ainsi
v est un automorphisme de E et v−1=k=0∑r−1k!(−1)kuk.
On a v−IdE=∑k=1r−1k!uk=u∘w1 avec w1=IdE+n1 et n1=∑k=2r−1k!uk−1. L'endomorphisme n1 s'écrit u∘z avec z polynôme en u, donc n1r=ur∘zr=0 ; par télescopage, (IdE+n1)∘∑k=0r−1(−1)kn1k=IdE−(−1)rn1r=IdE, et de même dans l'autre sens : w1 est inversible. Comme w1 commute avec u, v−IdE=w1∘u et, w1 étant injectif, (v−IdE)(x)=0⟺u(x)=0 :
Ker(v−IdE)=Keru.
D'après la question précédente, (v−IdE)r=w1r∘ur=0 : le polynôme (X−1)r annule v, donc Sp(v)⊂{1}. Enfin Ker(v−IdE)=Keru={0} par la question 3, donc 1 est valeur propre :
Sp(v)={1}.
HEC Exercice 3[DENS,DIS]
Exercice 3 - Durée de vie de composants - HEC 2007
On considère un type de composants électroniques dont la durée de vie X, exprimée en heures, est une variable de densité
f(t)={c/t20si t≥10,sinon.
Rappeler les qualités d'une densité de probabilité ; en déduire c.
Déterminer les réels m pour lesquels P(X≤m)=P(X>m).
Quelle est la probabilité que, sur un lot de 5 composants, 3 au moins fonctionnent durant au moins 15 heures ?
Deux machines A,B sont équipées de composants de ce type :
A contient deux composants et cesse de fonctionner dès que l'un est défectueux ;
B contient deux composants mais un seul suffit à la faire fonctionner.
On note TA,TB leurs durées de fonctionnement. (Note : La source ne précise pas l'indépendance des durées de vie des composants.)
Déterminer une densité de chacune des variables TA,TB.
Pour chacune, indiquer si elle possède une espérance et, le cas échéant, la calculer.
Indication 1. Une densité est positive, continue sauf en un nombre fini de points et d'intégrale égale à 1. La fonction de répartition vaut 1−x10 pour x≥10.
Indication 2. Avec deux composants indépendants, TA=min(X1,X2) et TB=max(X1,X2) : calculer P(TA>t) et P(TB≤t).
Corrigé
Une densité est une fonction positive, continue sur R sauf éventuellement en un nombre fini de points, dont l'intégrale sur R converge et vaut 1. Ici f est positive dès que c≥0 et continue sauf en 10. Pour A>10,
∫10At2cdt=c(101−A1)A→+∞10c,
donc c=10.
La fonction de répartition de X est F(x)=0 si x<10 et F(x)=1−x10 si x≥10. Comme P(X>m)=1−F(m), la condition s'écrit F(m)=21. Elle est impossible pour m<10, et pour m≥10 elle équivaut à m10=21 :
m=20.
Un composant fonctionne au moins 15 heures avec la probabilité P(X≥15)=1510=32. En supposant les durées de vie des 5 composants indépendantes, le nombre N de composants fonctionnant au moins 15 heures suit la loi B(5,32) :
P(N≥3)=(35)3523+(45)3524+3525=24380+80+32,
soit P(N≥3)=8164.
On suppose les durées de vie X1,X2 des deux composants indépendantes, de densité f. Alors TA=min(X1,X2) et TB=max(X1,X2). Pour t≥10, par indépendance,
P(TA>t)=P(X1>t)P(X2>t)=t2100,P(TB≤t)=F(t)2=(1−t10)2,
et ces deux fonctions de répartition sont nulles sur ]−∞,10[. Elles sont continues sur R et de classe C1 sauf en 10 ; en dérivant là où c'est possible :
Pour A>10, ∫10Att3200dt=200(101−A1)→20 : TA admet une espérance. En revanche tfTB(t)=t220(t−10) est positive et équivalente à t20 en +∞ ; l'intégrale de Riemann ∫10+∞tdt diverge, donc ∫10+∞tfTB(t)dt diverge.
E(TA)=20,TB n’admet pas d’espeˊrance.
HEC Exercice 4[DIS,SS]
Exercice 4 - Deux pièces truquées - HEC 2007
Question de cours. Rappeler la formule des probabilités totales. On lance deux pièces truquées : la pièce 1 donne pile avec la probabilité p1 et la pièce 2 avec la probabilité p2. On choisit une pièce uniformément au hasard et on la lance. Si on obtient pile, on relance la même pièce jusqu'à obtenir face ; à ce moment on change de pièce. Plus généralement, dès qu'on obtient face, on change de pièce. On suppose p1,p2∈]0,1[.
Quelle est la probabilité de lancer la pièce 1 au n-ième lancer ?
Quelle est la probabilité rn d'obtenir pile au n-ième lancer ?
Calculer L=limn→+∞rn.
On suppose p1=1/3 et p2=1/6. Écrire en Pascal l'expression d'une fonction permettant de calculer un rang n0 à partir duquel ∣rn−L∣≤10−6.
Indication 1. Noter an la probabilité de lancer la pièce 1 au n-ième lancer et appliquer la formule des probabilités totales avec le système complet formé de cet événement et de son contraire.
Indication 2. On obtient une suite arithmético-géométrique de raison p1+p2−1∈]−1,1[, puis rn=p2+(p1−p2)an.
Corrigé
Question de cours. Si (Ai)i∈I, avec I fini ou dénombrable, est un système complet d'événements, alors pour tout événement B : P(B)=∑i∈IP(Ai∩B), et P(B)=∑i∈IP(Ai)PAi(B) lorsque tous les P(Ai) sont non nuls.
Notons An l'événement « on lance la pièce 1 au n-ième lancer » et an=P(An). On lance la pièce 1 au lancer n+1 si l'on a lancé la pièce 1 au lancer n et obtenu pile, ou si l'on a lancé la pièce 2 et obtenu face. Avec le système complet (An,An) :
an+1=p1an+(1−p2)(1−an)=san+1−p2,s=p1+p2−1∈]−1,1[.
Le point fixe est ℓ=1−s1−p2=2−p1−p21−p2, et an+1−ℓ=s(an−ℓ) ; comme a1=21 :
Avec le système complet (An,An) :
rn=p1an+p2(1−an)=p2+(p1−p2)an.
Comme ∣s∣<1, sn−1→0, donc an→ℓ et rn→p2+(p1−p2)ℓ. Après simplification du numérateur p2(2−p1−p2)+(p1−p2)(1−p2) :
L=2−p1−p2p1+p2−2p1p2.
Pour p1=31 et p2=61 : s=−21, ℓ=95, L=277 et
∣rn−L∣=∣p1−p2∣∣an−ℓ∣=61⋅181⋅2n−11=108⋅2n−11,
qui décroît strictement : le premier rang où ∣rn−L∣≤10−6 convient pour tous les rangs suivants. Le programme calcule an et rn par la récurrence et s'arrête au premier rang où l'écart est au plus 10−6.
def rang():
p1 = 1/3
p2 = 1/6
L = (p1+p2-2*p1*p2)/(2-p1-p2)
a = 1/2
r = p2+(p1-p2)*a
n = 1
while r-L > 10**(-6) or L-r > 10**(-6):
a = (p1+p2-1)*a+1-p2
r = p2+(p1-p2)*a
n = n+1
return n
La condition 108⋅2n−1≥106 équivaut à 2n−1≥9260 environ, et 213<9260<214 : la fonction renvoie n0=15.
HEC Exercice 5[DIS]
Exercice 5 - Tirages avec remise - HEC 2007
Soient n,N des entiers non nuls. Une urne contient n jetons numérotés de 1 à n. On effectue N tirages avec remise.
Soit Fi le nombre de fois où le jeton i a été tiré. Déterminer sa loi. On pose F=∑i=1nFi.
Déterminer la loi de Fi, son espérance et sa variance. (Note : La source répète ici Fi après avoir défini F ; cette formulation est conservée.) Les Fi sont-elles deux à deux indépendantes ?
Pour i∈{1,…,n}, on note Xi la variable égale à 0 si le numéro i n'a pas été tiré et à 1 s'il l'a été au moins une fois. Déterminer sa loi, son espérance et sa variance.
Pour tout (i,j)∈{1,…,n}2, déterminer P[Xi=0](Xj=0). (Note : La source indique (i,j)∈{0,1}2, alors que les variables sont indexées de 1 à n ; les indices sont harmonisés avec leur définition.) Les variables Xi,Xj sont-elles indépendantes ?
Indication 1. Chaque tirage donne le jeton i avec la probabilité n1, indépendamment des autres : Fi compte des succès. Que vaut F1+⋯+Fn ?
Indication 2.[Xi=0]=[Fi=0]. Pour i=j, [Xi=0]∩[Xj=0] signifie que les N tirages évitent les deux jetons i et j.
Corrigé
Les N tirages sont indépendants et chacun donne le jeton i avec la probabilité n1 : Fi est le nombre de succès dans N épreuves de Bernoulli indépendantes de paramètre n1. Chaque tirage donne exactement un jeton, donc F=N est certaine.
Fi↪B(N,n1),E(Fi)=nN,V(Fi)=n2N(n−1),F=N.
Pour n≥2 et i=j, P([Fi=N]∩[Fj=N])=0 alors que P(Fi=N)P(Fj=N)=n−2N=0 : les Fi ne sont pas deux aˋ deux indeˊpendantes.
On a [Xi=0]=[Fi=0], de probabilité q=(nn−1)N. Ainsi Xi suit une loi de Bernoulli :
Xi↪B(1,1−q),E(Xi)=1−(nn−1)N,V(Xi)=(nn−1)N(1−(nn−1)N).
Pour n≥2, q>0. Si i=j, la probabilité conditionnelle vaut 1. Si i=j, l'événement [Xi=0]∩[Xj=0] signifie que chacun des N tirages donne un jeton autre que i et j, d'où P([Xi=0]∩[Xj=0])=(nn−2)N et
Pour i=j, l'indépendance imposerait (n−1n−2)N=(nn−1)N, soit n(n−2)=(n−1)2, c'est-à-dire 0=1 : Xi et Xj(i=j) ne sont pas indeˊpendantes.
HEC Exercice 6[DENS,INT,FVR]
Exercice 6 - Loi de Pareto - HEC 2007
Soient α>0, x0>0 et
f(x)=⎩⎨⎧x0α(xx0)α+10si x≥x0,sinon.
Donner la définition d'une variable à densité et vérifier que f est une densité d'une variable réelle X. Déterminer sa fonction de répartition et donner l'allure de son graphe. On dit que X suit la loi de Pareto de paramètres x0,α.
Pour quelles valeurs de α, X admet-elle une espérance et une variance ? Calculer l'espérance lorsqu'elle existe.
On suppose α>1 et on pose, pour x>x0,
MX(x)=∫x+∞f(t)dt∫x+∞tf(t)dt.
Calculer MX(x).
On se propose d'établir une réciproque. Soient x0>0 et Y à valeurs dans [x0,+∞[, de densité h continue, à valeurs strictement positives, admettant une espérance et telle qu'il existe k>1 vérifiant
∀x>x0,MY(x)=∫x+∞h(t)dt∫x+∞th(t)dt=kx.
On pose G(x)=∫x+∞h(t)dt pour x>x0. Montrer que G(x)=k1−kxG′(x).
En calculant la dérivée de x↦xk/(k−1)G(x) pour x>x0, déterminer G, puis la fonction de répartition de Y. Quelle loi retrouve-t-on ?
Indication 1. Pour A>x0, ∫x0Aαx0αt−α−1dt=1−(x0/A)α. Les moments se ramènent à des intégrales de Riemann en +∞.
Indication 2. Dériver la relation ∫x+∞th(t)dt=kxG(x) en utilisant G′=−h, puis vérifier que x↦xk/(k−1)G(x) est constante.
Corrigé
Une variable X est à densité si sa fonction de répartition est continue sur R et de classe C1 sauf éventuellement en un nombre fini de points. Ici f est positive, continue sauf en x0, et pour A>x0,
∫x0Ax0α(tx0)α+1dt=[−(tx0)α]x0A=1−(Ax0)αA→+∞1:
f est une densité. Sa fonction de répartition est
F(x)=0 si x<x0,F(x)=1−(xx0)α si x≥x0.
Le graphe est nul jusqu'à x0, puis croît strictement et de façon concave (car F′′(x)=−α(α+1)x0αx−α−2<0) de 0 vers l'asymptote horizontale y=1.
tf(t)=αx0αt−α et t2f(t)=αx0αt1−α sur [x0,+∞[. Par le critère de Riemann, la première intégrale converge si et seulement si α>1, la seconde si et seulement si α>2. Pour α>1, ∫x0+∞αx0αt−αdt=α−1αx0αx01−α :
E(X) existe⟺α>1,E(X)=α−1αx0;V(X) existe⟺α>2.
Pour x>x0, les mêmes calculs donnent ∫x+∞tf(t)dt=α−1αx0αx1−α et ∫x+∞f(t)dt=(xx0)α, d'où
MX(x)=α−1αx.
Comme h est continue, G(x)=1−∫x0xh(t)dt est de classe C1 sur ]x0,+∞[ avec G′=−h. De même ∫x+∞th(t)dt=E(Y)−∫x0xth(t)dt a pour dérivée −xh(x)=xG′(x). En dérivant l'égalité ∫x+∞th(t)dt=kxG(x) :
xG′(x)=kG(x)+kxG′(x),soitG(x)=k1−kxG′(x).
Posons φ(x)=xk/(k−1)G(x) pour x>x0. Avec la relation précédente, k−1kxk−11G(x)=−xk−1kG′(x), donc
φ′(x)=k−1kxk−11G(x)+xk−1kG′(x)=0.
φ est constante sur l'intervalle ]x0,+∞[ : G(x)=Cx−k/(k−1). Comme G(x)→1 quand x→x0+ (car Y≥x0), C=x0k/(k−1). En posant α=k−1k>1 :
FY(x)=1−(xx0)α(x≥x0),FY(x)=0(x<x0):Y suit la loi de Pareto de parameˋtres x0,α=k−1k.
On retrouve bien MY(x)=α−1αx=kx.
HEC Exercice 7[DIS]
Exercice 7 - Égalité de deux variables binomiales - HEC 2007
Soient X,Y deux variables binomiales de paramètres (n,1/2) indépendantes. Calculer P(X=Y).
Indication 1. La variable n−Y suit encore la loi B(n,21) et elle est indépendante de X : utiliser la stabilité des lois binomiales par somme.
Indication 2. L'événement [X=Y] est égal à [X+(n−Y)=n], avec X+(n−Y)↪B(2n,21).
Corrigé
La variable Y′=n−Y prend ses valeurs dans {0,…,n} et P(Y′=k)=P(Y=n−k)=(n−kn)2−n=(kn)2−n : Y′↪B(n,21), et Y′ est indépendante de X. Par stabilité des lois binomiales de même paramètre p=21, X+Y′↪B(2n,21). Or [X=Y]=[X+Y′=n], donc
P(X=Y)=(n2n)4n1.
On peut aussi écrire, avec le système complet ([X=k])0≤k≤n et l'indépendance, P(X=Y)=∑k=0nP(X=k)P(Y=k)=4n1∑k=0n(kn)2, ce qui redonne la formule de Vandermonde ∑k=0n(kn)2=(n2n).
HEC Exercice 8[FNV]
Exercice 8 - Rendement agricole - HEC 2007
Un agriculteur souhaite améliorer le rendement de son exploitation en utilisant de l'engrais. Une étude a montré que le rendement, en tonnes par hectare, pour la variété de blé cultivée est
f(B,N)=120B−8B2+4BN−2N2,
où B est la quantité de semences de blé utilisée et N la quantité d'engrais.
Déterminer les extrema de f ; donner leur nature.
Si une contrainte de budget impose B+2N=23, déterminer l'optimum de rendement.
Indication 1. Les points critiques annulent ∂1f et ∂2f. Au point critique, écrire f(10+h,10+k)−f(10,10) comme une somme de carrés.
Indication 2. Sous la contrainte, remplacer B par 23−2N et étudier le trinôme du second degré obtenu en N.
Corrigé
f est polynomiale, donc de classe C1 sur l'ouvert R2 ; ses extrema sont à chercher parmi ses points critiques.
∂1f(B,N)=120−16B+4N,∂2f(B,N)=4B−4N.
Le système ∂1f=∂2f=0 donne B=N puis 120−12B=0 : l'unique point critique est (10,10). Pour tous réels h,k,
avec égalité seulement si h=k=0. Comme f(10,10)=1200−800+400−200=600 :
f admet en (10,10) un maximum global strict eˊgal aˋ600, et aucun autre extremum.
Sous la contrainte B=23−2N, on étudie g(N)=f(23−2N,N). En développant,
g(N)=−42N2+588N−1472,
trinôme de coefficient dominant négatif, maximal en N=84588=7, donc B=9 (valeurs positives, admissibles). On vérifie f(9,7)=1080−648+252−98=586 :
sous la contrainte B+2N=23, le rendement maximal est 586, atteint pour B=9,N=7.
HEC Exercice 9[EV-AL,RED]
Exercice 9 - Familles de vecteurs propres - HEC 2007
Donner, s'il en existe, un exemple de trois vecteurs de R2 tels que deux quelconques soient linéairement indépendants. Existe-t-il un endomorphisme de R2 dont ces trois vecteurs soient vecteurs propres ?
Soit f∈L(Rn) et F une famille de n+1 vecteurs propres de f, s'il en existe.
F peut-elle être libre ?
On suppose toute sous-famille de n vecteurs de F libre. Démontrer que les n+1 valeurs propres associées aux n+1 vecteurs sont égales. Que peut-on en conclure pour f ?
Indication 1. Si e1, e2 et e1+e2 sont vecteurs propres, comparer f(e1+e2) calculé de deux façons pour relier les trois valeurs propres.
Indication 2. Écrire le (n+1)-ième vecteur dans la base formée des n premiers : tous ses coefficients sont non nuls, puis appliquer f.
Corrigé
Les vecteurs e1=(1,0), e2=(0,1) et e1+e2=(1,1) sont deux à deux non colinéaires, donc deux quelconques d'entre eux sont linéairement indépendants. L'identité (ou toute homothétie) admet ces trois vecteurs pour vecteurs propres. Ce sont d'ailleurs les seuls endomorphismes possibles : si f(e1)=λ1e1, f(e2)=λ2e2 et f(e1+e2)=μ(e1+e2), alors λ1e1+λ2e2=μe1+μe2, donc λ1=λ2=μ.
(1,0),(0,1),(1,1);oui, par exemple IdR2 (et seules les homotheˊties conviennent).
Une famille libre de Rn a au plus n éléments : F ne peut pas eˆtre libre.
Notons F=(v1,…,vn+1) avec f(vi)=λivi et vi=0. La famille (v1,…,vn) est libre de cardinal n, c'est une base de Rn : vn+1=∑i=1naivi. Si un coefficient aj était nul, la famille des n vecteurs (vi)i=j, qui contient vn+1, serait liée : contradiction. Donc tous les ai sont non nuls. En appliquant f,
i=1∑nλn+1aivi=f(vn+1)=i=1∑nλiaivi,
et, par liberté, ai(λi−λn+1)=0, soit λi=λn+1 pour tout i. Notons λ cette valeur commune : f coïncide avec λId sur la base (v1,…,vn).
Soient u,v∈L(R2), de matrices respectives A,B dans la base canonique (e1,e2). On suppose
AB=(0000),BA=(0010).
v peut-il être bijectif ? Déterminer Imv.
Déterminer Keru.
Donner la forme des matrices A,B.
Indication 1.AB est la matrice de u∘v et BA celle de v∘u. Si B était inversible, AB=0 forcerait A=0. Comparer Im(v∘u) et Imv.
Indication 2.AB=0 signifie Imv⊂Keru. Conclure avec le théorème du rang, puis traduire Ae1=0 et ImB⊂Vect(e1) sur les coefficients.
Corrigé
Si v était bijectif, B serait inversible et A=(AB)B−1=0, donc BA=0 : contradiction. Ainsi v n'est pas bijectif et rgB≤1. Comme BA=0, B=0, donc rgB=1. De plus Im(v∘u)⊂Imv et Im(v∘u)=Vect(e1) (la matrice BA envoie e2 sur e1 et e1 sur 0). Les deux espaces étant de dimension 1 :
v n’est pas bijectif et Imv=Vect(e1).
AB=0 signifie u∘v=0, soit Imv⊂Keru : e1∈Keru. Comme BA=0, u=0 et, par le théorème du rang, dimKeru≤1. Donc
Keru=Vect(e1).
u(e1)=0 : la première colonne de A est nulle. Imv=Vect(e1) : la seconde ligne de B est nulle. On écrit donc A=(00ab) et B=(c0d0). Alors AB=0 automatiquement et BA=(00ac+bd0). Réciproquement, de telles matrices conviennent dès que ac+bd=1 :
A=(00ab),B=(c0d0),ac+bd=1.