Aller au contenu

Oraux HEC Appro

Les exercices principaux des oraux HEC de 2007 à 2025 (hors 2020), avec leurs références d’origine. Tous les exercices ont leurs indications et leur corrigé.

Thèmes

227 exercices

HEC 2007

HEC Exercice 1 [DENS,CE]

Exercice 1 - Estimation d'un paramètre - HEC 2007

Question de cours. Définition d'un estimateur ; définitions du biais et du risque quadratique d'un estimateur. On considère n>2n>2 variables aléatoires réelles indépendantes X1,…,XnX_1,\ldots,X_n de même loi, de densité

f0(x)={3x2θ3si x∈[0,θ],0sinon,f_0(x)=\begin{cases}\dfrac{3x^2}{\theta^3}&\text{si }x\in[0,\theta],\\0&\text{sinon,}\end{cases}

où θ>0\theta>0. On pose S=X1+⋯+XnS=X_1+\cdots+X_n et T=max⁡(X1,…,Xn)T=\max(X_1,\ldots,X_n).

  1. Calculer E(S)\mathbb{E}(S) et V(S)\mathbb{V}(S).
  2. Calculer P(T≤t)\mathbb{P}(T\leq t). En déduire une densité de TT, puis E(T)\mathbb{E}(T) et V(T)\mathbb{V}(T).
  3. On suppose maintenant θ\theta inconnu et on se propose de l'estimer.
    1. Montrer qu'il existe a,b∈Ra,b\in\mathbb{R} tels que S′=aSS'=aS et T′=bTT'=bT soient des estimateurs sans biais de θ\theta. Calculer V(S′)\mathbb{V}(S') et V(T′)\mathbb{V}(T').
    2. Entre les deux estimateurs S′S' et T′T', lequel doit-on préférer ?
Corrigé

Question de cours. Un estimateur de θ\theta est une variable aléatoire de la forme Tn=φ(X1,…,Xn)T_n=\varphi(X_1,\ldots,X_n), où φ\varphi ne dépend pas de θ\theta. Lorsque TnT_n admet une espérance, son biais est bθ(Tn)=Eθ(Tn)−θb_\theta(T_n)=\mathbb{E}_\theta(T_n)-\theta ; l'estimateur est sans biais si ce biais est nul pour tout θ\theta. Lorsque TnT_n admet un moment d'ordre 22, son risque quadratique est

rθ(Tn)=Eθ((Tn−θ)2)=Vθ(Tn)+bθ(Tn)2.r_\theta(T_n)=\mathbb{E}_\theta\left((T_n-\theta)^{2}\right)=\mathbb{V}_\theta(T_n)+b_\theta(T_n)^{2}.
  1. Les intégrales suivantes portent sur des fonctions continues sur le segment [0,θ][0,\theta] : E(X1)=∫0θ3x3θ3 dx=3θ4,E(X12)=∫0θ3x4θ3 dx=3θ25,\mathbb{E}(X_1)=\int_0^\theta\frac{3x^{3}}{\theta^{3}}\,dx=\frac{3\theta}{4},\qquad \mathbb{E}(X_1^{2})=\int_0^\theta\frac{3x^{4}}{\theta^{3}}\,dx=\frac{3\theta^{2}}{5},

    donc V(X1)=3θ25−9θ216=3θ280\mathbb{V}(X_1)=\frac{3\theta^{2}}{5}-\frac{9\theta^{2}}{16}=\frac{3\theta^{2}}{80}. Par linéarité de l'espérance, puis par indépendance des XiX_i :

    E(S)=3nθ4,V(S)=3nθ280.\boxed{\mathbb{E}(S)=\frac{3n\theta}{4},\qquad \mathbb{V}(S)=\frac{3n\theta^{2}}{80}.}
  2. La fonction de répartition commune est F(t)=0F(t)=0 si t<0t<0, F(t)=t3θ3F(t)=\frac{t^{3}}{\theta^{3}} si t∈[0,θ]t\in[0,\theta] et F(t)=1F(t)=1 si t>θt>\theta. Comme [T≤t]=⋂i=1n[Xi≤t][T\leq t]=\bigcap_{i=1}^{n}[X_i\leq t], l'indépendance donne P(T≤t)=F(t)n\mathbb{P}(T\leq t)=F(t)^{n} : P(T≤t)={0si t<0,t3nθ3nsi 0≤t≤θ,1si t>θ.\boxed{\mathbb{P}(T\leq t)=\begin{cases}0&\text{si }t<0,\\ \dfrac{t^{3n}}{\theta^{3n}}&\text{si }0\leq t\leq\theta,\\ 1&\text{si }t>\theta.\end{cases}}

    Cette fonction est continue sur R\mathbb{R} et de classe C1\mathcal C^1 sauf en 00 et θ\theta : TT est à densité, et en dérivant là où c'est possible, une densité de TT est g(t)=3n t3n−1θ3ng(t)=\frac{3n\,t^{3n-1}}{\theta^{3n}} sur [0,θ][0,\theta] et g(t)=0g(t)=0 ailleurs. Alors

    E(T)=∫0θ3n t3nθ3n dt=3nθ3n+1,E(T2)=∫0θ3n t3n+1θ3n dt=3nθ23n+2,\mathbb{E}(T)=\int_0^\theta\frac{3n\,t^{3n}}{\theta^{3n}}\,dt=\frac{3n\theta}{3n+1},\qquad \mathbb{E}(T^{2})=\int_0^\theta\frac{3n\,t^{3n+1}}{\theta^{3n}}\,dt=\frac{3n\theta^{2}}{3n+2},

    et, comme (3n+1)2−3n(3n+2)=1(3n+1)^{2}-3n(3n+2)=1,

    E(T)=3nθ3n+1,V(T)=3nθ23n+2−9n2θ2(3n+1)2=3nθ2(3n+2)(3n+1)2.\boxed{\mathbb{E}(T)=\frac{3n\theta}{3n+1},\qquad \mathbb{V}(T)=\frac{3n\theta^{2}}{3n+2}-\frac{9n^{2}\theta^{2}}{(3n+1)^{2}}=\frac{3n\theta^{2}}{(3n+2)(3n+1)^{2}}.}
    1. S′=aSS'=aS et T′=bTT'=bT sont des estimateurs (ils ne dépendent pas de θ\theta). On a E(aS)=3nθ4a=θ\mathbb{E}(aS)=\frac{3n\theta}{4}a=\theta pour tout θ\theta si et seulement si a=43na=\frac{4}{3n}, et E(bT)=θ\mathbb{E}(bT)=\theta si et seulement si b=3n+13nb=\frac{3n+1}{3n}. Ensuite V(S′)=a2V(S)\mathbb{V}(S')=a^{2}\mathbb{V}(S) et V(T′)=b2V(T)\mathbb{V}(T')=b^{2}\mathbb{V}(T) : a=43n,b=3n+13n,V(S′)=θ215n,V(T′)=θ23n(3n+2).\boxed{a=\frac{4}{3n},\quad b=\frac{3n+1}{3n},\qquad \mathbb{V}(S')=\frac{\theta^{2}}{15n},\quad \mathbb{V}(T')=\frac{\theta^{2}}{3n(3n+2)}.}
    2. Les deux estimateurs étant sans biais, leur risque quadratique est égal à leur variance. Or 3n(3n+2)−15n=9n(n−1)>03n(3n+2)-15n=9n(n-1)>0 pour n>2n>2, donc V(T′)<V(S′)\mathbb{V}(T')<\mathbb{V}(S') : on preˊfeˋre T′=3n+13nmax⁡(X1,…,Xn), de risque quadratique plus petit.\boxed{\text{on préfère }T'=\frac{3n+1}{3n}\max(X_1,\ldots,X_n),\text{ de risque quadratique plus petit.}}

HEC Exercice 2 [EV-AL,RED]

Exercice 2 - Endomorphisme nilpotent - HEC 2007

Soit EE un R\mathbb{R}-espace vectoriel de dimension finie. Pour tout endomorphisme uu de EE, on note u0=Id⁡Eu^0=\operatorname{Id}_E et ur=u∘⋯∘u⏟r termesu^r=\underbrace{u\circ\cdots\circ u}_{r\text{ termes}} pour r∈N∗r\in\mathbb{N}^*. On considère u≠0u\neq0 tel que, pour tout x∈Ex\in E, il existe r(x)∈N∗r(x)\in\mathbb{N}^* avec ur(x)(x)=0u^{r(x)}(x)=0. (Note : La source écrit ur(x)=0u^{r(x)}=0 ; l'argument xx est rétabli pour exprimer la nilpotence locale utilisée dans la question suivante.)

  1. Donner deux conditions suffisantes de diagonalisabilité d'une matrice réelle (en toute généralité).
  2. Montrer qu'il existe r∈N∗r\in\mathbb{N}^* tel que uru^r soit nulle et ur−1u^{r-1} ne soit pas nulle.
  3. Déterminer les valeurs propres de uu ; est-il diagonalisable ?
  4. On pose v=∑k=0r−1uk/k!v=\sum_{k=0}^{r-1}u^k/k!. Montrer que vv est un isomorphisme de EE sur EE. Exprimer son inverse en fonction de uu.
  5. Donner une relation simple entre Ker⁡u\operatorname{Ker} u et Ker⁡(v−Id⁡)\operatorname{Ker}(v-\operatorname{Id}).
  6. Déterminer les valeurs propres de vv.
Corrigé
  1. Deux conditions suffisantes pour qu'une matrice A∈Mp(R)A\in\mathcal M_p(\mathbb{R}) soit diagonalisable : A symeˊtrique reˊelle (theˊoreˋme spectral)ouA posseˋde p valeurs propres distinctes.\boxed{A\text{ symétrique réelle (théorème spectral)}\quad\text{ou}\quad A\text{ possède }p\text{ valeurs propres distinctes.}}
  2. Soit (e1,…,ep)(e_1,\ldots,e_p) une base de EE et s=max⁡ir(ei)s=\max_i r(e_i). Pour tout ii, us(ei)=us−r(ei)(ur(ei)(ei))=0u^{s}(e_i)=u^{s-r(e_i)}\left(u^{r(e_i)}(e_i)\right)=0 ; l'endomorphisme usu^{s} est nul sur une base, donc nul. L'ensemble des entiers k≥1k\geq1 tels que uk=0u^{k}=0 est une partie non vide de N∗\mathbb{N}^* : il admet un plus petit élément rr. On a r≥2r\geq2 car u≠0u\neq0, et ur−1≠0u^{r-1}\neq0 par minimalité : ∃r≥2,ur=0  et  ur−1≠0.\boxed{\exists r\geq2,\quad u^{r}=0\ \text{ et }\ u^{r-1}\neq0.}
  3. Le polynôme XrX^{r} est annulateur de uu, donc toute valeur propre de uu est racine de XrX^{r} : Sp⁡(u)⊂{0}\operatorname{Sp}(u)\subset\{0\}. Comme ur−1≠0u^{r-1}\neq0, il existe yy tel que x=ur−1(y)≠0x=u^{r-1}(y)\neq0, et u(x)=ur(y)=0u(x)=u^{r}(y)=0 : 00 est valeur propre. Si uu était diagonalisable, sa matrice dans une base de vecteurs propres serait nulle, donc u=0u=0, ce qui est exclu. Sp⁡(u)={0},u n’est pas diagonalisable.\boxed{\operatorname{Sp}(u)=\{0\},\quad u\text{ n'est pas diagonalisable.}}
  4. Posons w=∑j=0r−1(−1)jujj!w=\sum_{j=0}^{r-1}\frac{(-1)^{j}u^{j}}{j!}. Les puissances de uu commutent et um=0u^{m}=0 pour m≥rm\geq r, donc v∘w=∑m=0r−1(∑k=0m(−1)m−kk! (m−k)!)um=∑m=0r−1(1−1)mm!um=Id⁡E,v\circ w=\sum_{m=0}^{r-1}\left(\sum_{k=0}^{m}\frac{(-1)^{m-k}}{k!\,(m-k)!}\right)u^{m}=\sum_{m=0}^{r-1}\frac{(1-1)^{m}}{m!}u^{m}=\operatorname{Id}_E,

    car, pour m≤r−1m\leq r-1, tous les couples (k,m−k)(k,m-k) apparaissent dans le produit, et (1−1)m=0(1-1)^{m}=0 pour m≥1m\geq1. De même w∘v=Id⁡Ew\circ v=\operatorname{Id}_E. Ainsi

    v est un automorphisme de E et v−1=∑k=0r−1(−1)kk!uk.\boxed{v\text{ est un automorphisme de }E\text{ et }v^{-1}=\sum_{k=0}^{r-1}\frac{(-1)^{k}}{k!}u^{k}.}
  5. On a v−Id⁡E=∑k=1r−1ukk!=u∘w1v-\operatorname{Id}_E=\sum_{k=1}^{r-1}\frac{u^{k}}{k!}=u\circ w_1 avec w1=Id⁡E+n1w_1=\operatorname{Id}_E+n_1 et n1=∑k=2r−1uk−1k!n_1=\sum_{k=2}^{r-1}\frac{u^{k-1}}{k!}. L'endomorphisme n1n_1 s'écrit u∘zu\circ z avec zz polynôme en uu, donc n1r=ur∘zr=0n_1^{r}=u^{r}\circ z^{r}=0 ; par télescopage, (Id⁡E+n1)∘∑k=0r−1(−1)kn1k=Id⁡E−(−1)rn1r=Id⁡E(\operatorname{Id}_E+n_1)\circ\sum_{k=0}^{r-1}(-1)^{k}n_1^{k}=\operatorname{Id}_E-(-1)^{r}n_1^{r}=\operatorname{Id}_E, et de même dans l'autre sens : w1w_1 est inversible. Comme w1w_1 commute avec uu, v−Id⁡E=w1∘uv-\operatorname{Id}_E=w_1\circ u et, w1w_1 étant injectif, (v−Id⁡E)(x)=0  ⟺  u(x)=0(v-\operatorname{Id}_E)(x)=0\iff u(x)=0 : Ker⁡(v−Id⁡E)=Ker⁡u.\boxed{\operatorname{Ker}(v-\operatorname{Id}_E)=\operatorname{Ker} u.}
  6. D'après la question précédente, (v−Id⁡E)r=w1r∘ur=0(v-\operatorname{Id}_E)^{r}=w_1^{r}\circ u^{r}=0 : le polynôme (X−1)r(X-1)^{r} annule vv, donc Sp⁡(v)⊂{1}\operatorname{Sp}(v)\subset\{1\}. Enfin Ker⁡(v−Id⁡E)=Ker⁡u≠{0}\operatorname{Ker}(v-\operatorname{Id}_E)=\operatorname{Ker} u\neq\{0\} par la question 3, donc 11 est valeur propre : Sp⁡(v)={1}.\boxed{\operatorname{Sp}(v)=\{1\}.}

HEC Exercice 3 [DENS,DIS]

Exercice 3 - Durée de vie de composants - HEC 2007

On considère un type de composants électroniques dont la durée de vie XX, exprimée en heures, est une variable de densité

f(t)={c/t2si t≥10,0sinon.f(t)=\begin{cases}c/t^2&\text{si }t\geq10,\\0&\text{sinon.}\end{cases}
  1. Rappeler les qualités d'une densité de probabilité ; en déduire cc.
  2. Déterminer les réels mm pour lesquels P(X≤m)=P(X>m)\mathbb{P}(X\leq m)=\mathbb{P}(X>m).
  3. Quelle est la probabilité que, sur un lot de 55 composants, 33 au moins fonctionnent durant au moins 1515 heures ?

Deux machines A,BA,B sont équipées de composants de ce type :

  • AA contient deux composants et cesse de fonctionner dès que l'un est défectueux ;
  • BB contient deux composants mais un seul suffit à la faire fonctionner.

On note TA,TBT_A,T_B leurs durées de fonctionnement. (Note : La source ne précise pas l'indépendance des durées de vie des composants.)

  1. Déterminer une densité de chacune des variables TA,TBT_A,T_B.
  2. Pour chacune, indiquer si elle possède une espérance et, le cas échéant, la calculer.
Corrigé
  1. Une densité est une fonction positive, continue sur R\mathbb{R} sauf éventuellement en un nombre fini de points, dont l'intégrale sur R\mathbb{R} converge et vaut 11. Ici ff est positive dès que c≥0c\geq0 et continue sauf en 1010. Pour A>10A>10, ∫10Act2 dt=c(110−1A)→A→+∞c10,\int_{10}^{A}\frac{c}{t^{2}}\,dt=c\left(\frac{1}{10}-\frac1A\right)\xrightarrow[A\to+\infty]{}\frac{c}{10},

    donc c=10.\boxed{c=10.}

  2. La fonction de répartition de XX est F(x)=0F(x)=0 si x<10x<10 et F(x)=1−10xF(x)=1-\frac{10}{x} si x≥10x\geq10. Comme P(X>m)=1−F(m)\mathbb{P}(X>m)=1-F(m), la condition s'écrit F(m)=12F(m)=\frac12. Elle est impossible pour m<10m<10, et pour m≥10m\geq10 elle équivaut à 10m=12\frac{10}{m}=\frac12 : m=20.\boxed{m=20.}
  3. Un composant fonctionne au moins 1515 heures avec la probabilité P(X≥15)=1015=23\mathbb{P}(X\geq15)=\frac{10}{15}=\frac23. En supposant les durées de vie des 55 composants indépendantes, le nombre NN de composants fonctionnant au moins 1515 heures suit la loi B(5,23)\mathcal B\left(5,\frac23\right) : P(N≥3)=(53)2335+(54)2435+2535=80+80+32243,\mathbb{P}(N\geq3)=\binom53\frac{2^{3}}{3^{5}}+\binom54\frac{2^{4}}{3^{5}}+\frac{2^{5}}{3^{5}}=\frac{80+80+32}{243},

    soit P(N≥3)=6481.\boxed{\mathbb{P}(N\geq3)=\frac{64}{81}.}

  4. On suppose les durées de vie X1,X2X_1,X_2 des deux composants indépendantes, de densité ff. Alors TA=min⁡(X1,X2)T_A=\min(X_1,X_2) et TB=max⁡(X1,X2)T_B=\max(X_1,X_2). Pour t≥10t\geq10, par indépendance, P(TA>t)=P(X1>t)P(X2>t)=100t2,P(TB≤t)=F(t)2=(1−10t)2,\mathbb{P}(T_A>t)=\mathbb{P}(X_1>t)\mathbb{P}(X_2>t)=\frac{100}{t^{2}},\qquad \mathbb{P}(T_B\leq t)=F(t)^{2}=\left(1-\frac{10}{t}\right)^{2},

    et ces deux fonctions de répartition sont nulles sur ]−∞,10[]-\infty,10[. Elles sont continues sur R\mathbb{R} et de classe C1\mathcal C^1 sauf en 1010 ; en dérivant là où c'est possible :

    fTA(t)=200t3,fTB(t)=20(t−10)t3pour t≥10,0 sinon.\boxed{f_{T_A}(t)=\frac{200}{t^{3}},\qquad f_{T_B}(t)=\frac{20(t-10)}{t^{3}}\quad\text{pour }t\geq10,\qquad 0\text{ sinon.}}
  5. Pour A>10A>10, ∫10At 200t3 dt=200(110−1A)→20\int_{10}^{A}t\,\frac{200}{t^{3}}\,dt=200\left(\frac1{10}-\frac1A\right)\to20 : TAT_A admet une espérance. En revanche tfTB(t)=20(t−10)t2t f_{T_B}(t)=\frac{20(t-10)}{t^{2}} est positive et équivalente à 20t\frac{20}{t} en +∞+\infty ; l'intégrale de Riemann ∫10+∞dtt\int_{10}^{+\infty}\frac{dt}{t} diverge, donc ∫10+∞tfTB(t) dt\int_{10}^{+\infty}t f_{T_B}(t)\,dt diverge. E(TA)=20,TB n’admet pas d’espeˊrance.\boxed{\mathbb{E}(T_A)=20,\qquad T_B\text{ n'admet pas d'espérance.}}

HEC Exercice 4 [DIS,SS]

Exercice 4 - Deux pièces truquées - HEC 2007

Question de cours. Rappeler la formule des probabilités totales. On lance deux pièces truquées : la pièce 11 donne pile avec la probabilité p1p_1 et la pièce 22 avec la probabilité p2p_2. On choisit une pièce uniformément au hasard et on la lance. Si on obtient pile, on relance la même pièce jusqu'à obtenir face ; à ce moment on change de pièce. Plus généralement, dès qu'on obtient face, on change de pièce. On suppose p1,p2∈]0,1[p_1,p_2\in]0,1[.

  1. Quelle est la probabilité de lancer la pièce 11 au nn-ième lancer ?
  2. Quelle est la probabilité rnr_n d'obtenir pile au nn-ième lancer ?
  3. Calculer L=lim⁡n→+∞rnL=\lim_{n\to+\infty}r_n.
  4. On suppose p1=1/3p_1=1/3 et p2=1/6p_2=1/6. Écrire en Pascal l'expression d'une fonction permettant de calculer un rang n0n_0 à partir duquel ∣rn−L∣≤10−6|r_n-L|\leq10^{-6}.
Corrigé

Question de cours. Si (Ai)i∈I(A_i)_{i\in I}, avec II fini ou dénombrable, est un système complet d'événements, alors pour tout événement BB : P(B)=∑i∈IP(Ai∩B)\mathbb{P}(B)=\sum_{i\in I}\mathbb{P}(A_i\cap B), et P(B)=∑i∈IP(Ai)PAi(B)\mathbb{P}(B)=\sum_{i\in I}\mathbb{P}(A_i)\mathbb{P}_{A_i}(B) lorsque tous les P(Ai)\mathbb{P}(A_i) sont non nuls.

  1. Notons AnA_n l'événement « on lance la pièce 11 au nn-ième lancer » et an=P(An)a_n=\mathbb{P}(A_n). On lance la pièce 11 au lancer n+1n+1 si l'on a lancé la pièce 11 au lancer nn et obtenu pile, ou si l'on a lancé la pièce 22 et obtenu face. Avec le système complet (An,An‾)(A_n,\overline{A_n}) : an+1=p1an+(1−p2)(1−an)=s an+1−p2,s=p1+p2−1∈]−1,1[.a_{n+1}=p_1a_n+(1-p_2)(1-a_n)=s\,a_n+1-p_2,\qquad s=p_1+p_2-1\in\left]-1,1\right[.

    Le point fixe est ℓ=1−p21−s=1−p22−p1−p2\ell=\frac{1-p_2}{1-s}=\frac{1-p_2}{2-p_1-p_2}, et an+1−ℓ=s(an−ℓ)a_{n+1}-\ell=s(a_n-\ell) ; comme a1=12a_1=\frac12 :

    an=1−p22−p1−p2+(p1+p2−1)n−1(12−1−p22−p1−p2).\boxed{a_n=\frac{1-p_2}{2-p_1-p_2}+(p_1+p_2-1)^{n-1}\left(\frac12-\frac{1-p_2}{2-p_1-p_2}\right).}
  2. Avec le système complet (An,An‾)(A_n,\overline{A_n}) : rn=p1an+p2(1−an)=p2+(p1−p2)an.\boxed{r_n=p_1a_n+p_2(1-a_n)=p_2+(p_1-p_2)a_n.}
  3. Comme ∣s∣<1|s|<1, sn−1→0s^{n-1}\to0, donc an→ℓa_n\to\ell et rn→p2+(p1−p2)ℓr_n\to p_2+(p_1-p_2)\ell. Après simplification du numérateur p2(2−p1−p2)+(p1−p2)(1−p2)p_2(2-p_1-p_2)+(p_1-p_2)(1-p_2) : L=p1+p2−2p1p22−p1−p2.\boxed{L=\frac{p_1+p_2-2p_1p_2}{2-p_1-p_2}.}
  4. Pour p1=13p_1=\frac13 et p2=16p_2=\frac16 : s=−12s=-\frac12, ℓ=59\ell=\frac59, L=727L=\frac{7}{27} et ∣rn−L∣=∣p1−p2∣ ∣an−ℓ∣=16⋅118⋅12n−1=1108⋅2n−1,|r_n-L|=|p_1-p_2|\,|a_n-\ell|=\frac16\cdot\frac{1}{18}\cdot\frac{1}{2^{n-1}}=\frac{1}{108\cdot2^{n-1}},

    qui décroît strictement : le premier rang où ∣rn−L∣≤10−6|r_n-L|\leq10^{-6} convient pour tous les rangs suivants. Le programme calcule ana_n et rnr_n par la récurrence et s'arrête au premier rang où l'écart est au plus 10−610^{-6}.

    def rang():
        p1 = 1/3
        p2 = 1/6
        L = (p1+p2-2*p1*p2)/(2-p1-p2)
        a = 1/2
        r = p2+(p1-p2)*a
        n = 1
        while r-L > 10**(-6) or L-r > 10**(-6):
            a = (p1+p2-1)*a+1-p2
            r = p2+(p1-p2)*a
            n = n+1
        return n

    La condition 108⋅2n−1≥106108\cdot2^{n-1}\geq10^{6} équivaut à 2n−1≥92602^{n-1}\geq9260 environ, et 213<9260<2142^{13}<9260<2^{14} : la fonction renvoie n0=15.\boxed{n_0=15.}

HEC Exercice 5 [DIS]

Exercice 5 - Tirages avec remise - HEC 2007

Soient n,Nn,N des entiers non nuls. Une urne contient nn jetons numérotés de 11 à nn. On effectue NN tirages avec remise.

  1. Soit FiF_i le nombre de fois où le jeton ii a été tiré. Déterminer sa loi. On pose F=∑i=1nFiF=\sum_{i=1}^nF_i.

    Déterminer la loi de FiF_i, son espérance et sa variance. (Note : La source répète ici FiF_i après avoir défini FF ; cette formulation est conservée.) Les FiF_i sont-elles deux à deux indépendantes ?

  2. Pour i∈{1,…,n}i\in\{1,\ldots,n\}, on note XiX_i la variable égale à 00 si le numéro ii n'a pas été tiré et à 11 s'il l'a été au moins une fois. Déterminer sa loi, son espérance et sa variance.

    Pour tout (i,j)∈{1,…,n}2(i,j)\in\{1,\ldots,n\}^2, déterminer P[Xi=0](Xj=0)\mathbb{P}_{[X_i=0]}(X_j=0). (Note : La source indique (i,j)∈{0,1}2(i,j)\in\{0,1\}^2, alors que les variables sont indexées de 11 à nn ; les indices sont harmonisés avec leur définition.) Les variables Xi,XjX_i,X_j sont-elles indépendantes ?

Corrigé
  1. Les NN tirages sont indépendants et chacun donne le jeton ii avec la probabilité 1n\frac1n : FiF_i est le nombre de succès dans NN épreuves de Bernoulli indépendantes de paramètre 1n\frac1n. Chaque tirage donne exactement un jeton, donc F=NF=N est certaine. Fi↪B(N,1n),E(Fi)=Nn,V(Fi)=N(n−1)n2,F=N.\boxed{F_i\hookrightarrow\mathcal B\left(N,\frac1n\right),\quad \mathbb{E}(F_i)=\frac Nn,\quad \mathbb{V}(F_i)=\frac{N(n-1)}{n^{2}},\quad F=N.}

    Pour n≥2n\geq2 et i≠ji\neq j, P([Fi=N]∩[Fj=N])=0\mathbb{P}([F_i=N]\cap[F_j=N])=0 alors que P(Fi=N)P(Fj=N)=n−2N≠0\mathbb{P}(F_i=N)\mathbb{P}(F_j=N)=n^{-2N}\neq0 : les Fi ne sont pas deux aˋ deux indeˊpendantes.\boxed{\text{les }F_i\text{ ne sont pas deux à deux indépendantes.}}

  2. On a [Xi=0]=[Fi=0][X_i=0]=[F_i=0], de probabilité q=(n−1n)Nq=\left(\frac{n-1}{n}\right)^{N}. Ainsi XiX_i suit une loi de Bernoulli : Xi↪B(1,1−q),E(Xi)=1−(n−1n)N,V(Xi)=(n−1n)N(1−(n−1n)N).\boxed{X_i\hookrightarrow\mathcal B(1,1-q),\quad \mathbb{E}(X_i)=1-\left(\frac{n-1}{n}\right)^{N},\quad \mathbb{V}(X_i)=\left(\frac{n-1}{n}\right)^{N}\left(1-\left(\frac{n-1}{n}\right)^{N}\right).}

    Pour n≥2n\geq2, q>0q>0. Si i=ji=j, la probabilité conditionnelle vaut 11. Si i≠ji\neq j, l'événement [Xi=0]∩[Xj=0][X_i=0]\cap[X_j=0] signifie que chacun des NN tirages donne un jeton autre que ii et jj, d'où P([Xi=0]∩[Xj=0])=(n−2n)N\mathbb{P}([X_i=0]\cap[X_j=0])=\left(\frac{n-2}{n}\right)^{N} et

    P[Xi=0](Xj=0)=(n−2n−1)N (i≠j),P[Xi=0](Xi=0)=1.\boxed{\mathbb{P}_{[X_i=0]}(X_j=0)=\left(\frac{n-2}{n-1}\right)^{N}\ (i\neq j),\qquad \mathbb{P}_{[X_i=0]}(X_i=0)=1.}

    Pour i≠ji\neq j, l'indépendance imposerait (n−2n−1)N=(n−1n)N\left(\frac{n-2}{n-1}\right)^{N}=\left(\frac{n-1}{n}\right)^{N}, soit n(n−2)=(n−1)2n(n-2)=(n-1)^{2}, c'est-à-dire 0=10=1 : Xi et Xj (i≠j) ne sont pas indeˊpendantes.\boxed{X_i\text{ et }X_j\ (i\neq j)\text{ ne sont pas indépendantes.}}

HEC Exercice 6 [DENS,INT,FVR]

Exercice 6 - Loi de Pareto - HEC 2007

Soient α>0\alpha>0, x0>0x_0>0 et

f(x)={αx0(x0x)α+1si x≥x0,0sinon.f(x)=\begin{cases}\dfrac\alpha{x_0}\left(\dfrac{x_0}x\right)^{\alpha+1}&\text{si }x\geq x_0,\\0&\text{sinon.}\end{cases}
    1. Donner la définition d'une variable à densité et vérifier que ff est une densité d'une variable réelle XX. Déterminer sa fonction de répartition et donner l'allure de son graphe. On dit que XX suit la loi de Pareto de paramètres x0,αx_0,\alpha.
    2. Pour quelles valeurs de α\alpha, XX admet-elle une espérance et une variance ? Calculer l'espérance lorsqu'elle existe.
    3. On suppose α>1\alpha>1 et on pose, pour x>x0x>x_0, MX(x)=∫x+∞tf(t) dt∫x+∞f(t) dt.M_X(x)=\frac{\int_x^{+\infty}tf(t)\,dt}{\int_x^{+\infty}f(t)\,dt}.

      Calculer MX(x)M_X(x).

  1. On se propose d'établir une réciproque. Soient x0>0x_0>0 et YY à valeurs dans [x0,+∞[[x_0,+\infty[, de densité hh continue, à valeurs strictement positives, admettant une espérance et telle qu'il existe k>1k>1 vérifiant ∀x>x0,MY(x)=∫x+∞th(t) dt∫x+∞h(t) dt=kx.\forall x>x_0,\quad M_Y(x)=\frac{\int_x^{+\infty}th(t)\,dt}{\int_x^{+\infty}h(t)\,dt}=kx.
    1. On pose G(x)=∫x+∞h(t) dtG(x)=\int_x^{+\infty}h(t)\,dt pour x>x0x>x_0. Montrer que G(x)=1−kkxG′(x)G(x)=\frac{1-k}{k}xG'(x).
    2. En calculant la dérivée de x↦xk/(k−1)G(x)x\mapsto x^{k/(k-1)}G(x) pour x>x0x>x_0, déterminer GG, puis la fonction de répartition de YY. Quelle loi retrouve-t-on ?
Corrigé
    1. Une variable XX est à densité si sa fonction de répartition est continue sur R\mathbb{R} et de classe C1\mathcal C^1 sauf éventuellement en un nombre fini de points. Ici ff est positive, continue sauf en x0x_0, et pour A>x0A>x_0, ∫x0Aαx0(x0t)α+1dt=[−(x0t)α]x0A=1−(x0A)α→A→+∞1:\int_{x_0}^{A}\frac{\alpha}{x_0}\left(\frac{x_0}{t}\right)^{\alpha+1}dt=\left[-\left(\frac{x_0}{t}\right)^{\alpha}\right]_{x_0}^{A}=1-\left(\frac{x_0}{A}\right)^{\alpha}\xrightarrow[A\to+\infty]{}1 :

      ff est une densité. Sa fonction de répartition est

      F(x)=0  si x<x0,F(x)=1−(x0x)α  si x≥x0.\boxed{F(x)=0\ \text{ si }x<x_0,\qquad F(x)=1-\left(\frac{x_0}{x}\right)^{\alpha}\ \text{ si }x\geq x_0.}

      Le graphe est nul jusqu'à x0x_0, puis croît strictement et de façon concave (car F′′(x)=−α(α+1)x0αx−α−2<0F''(x)=-\alpha(\alpha+1)x_0^{\alpha}x^{-\alpha-2}<0) de 00 vers l'asymptote horizontale y=1y=1.

    2. tf(t)=αx0αt−αtf(t)=\alpha x_0^{\alpha}t^{-\alpha} et t2f(t)=αx0αt1−αt^{2}f(t)=\alpha x_0^{\alpha}t^{1-\alpha} sur [x0,+∞[[x_0,+\infty[. Par le critère de Riemann, la première intégrale converge si et seulement si α>1\alpha>1, la seconde si et seulement si α>2\alpha>2. Pour α>1\alpha>1, ∫x0+∞αx0αt−α dt=αx0αx01−αα−1\int_{x_0}^{+\infty}\alpha x_0^{\alpha}t^{-\alpha}\,dt=\frac{\alpha x_0^{\alpha}x_0^{1-\alpha}}{\alpha-1} : E(X) existe  ⟺  α>1, E(X)=αx0α−1 ;V(X) existe  ⟺  α>2.\boxed{\mathbb{E}(X)\text{ existe}\iff\alpha>1,\ \mathbb{E}(X)=\frac{\alpha x_0}{\alpha-1}\ ;\qquad \mathbb{V}(X)\text{ existe}\iff\alpha>2.}
    3. Pour x>x0x>x_0, les mêmes calculs donnent ∫x+∞tf(t) dt=αx0αx1−αα−1\int_x^{+\infty}tf(t)\,dt=\frac{\alpha x_0^{\alpha}x^{1-\alpha}}{\alpha-1} et ∫x+∞f(t) dt=(x0x)α\int_x^{+\infty}f(t)\,dt=\left(\frac{x_0}{x}\right)^{\alpha}, d'où MX(x)=αα−1 x.\boxed{M_X(x)=\frac{\alpha}{\alpha-1}\,x.}
    1. Comme hh est continue, G(x)=1−∫x0xh(t) dtG(x)=1-\int_{x_0}^{x}h(t)\,dt est de classe C1\mathcal C^1 sur ]x0,+∞[]x_0,+\infty[ avec G′=−hG'=-h. De même ∫x+∞th(t) dt=E(Y)−∫x0xth(t) dt\int_x^{+\infty}th(t)\,dt=\mathbb{E}(Y)-\int_{x_0}^{x}th(t)\,dt a pour dérivée −xh(x)=xG′(x)-xh(x)=xG'(x). En dérivant l'égalité ∫x+∞th(t) dt=kxG(x)\int_x^{+\infty}th(t)\,dt=kxG(x) : xG′(x)=kG(x)+kxG′(x),soitG(x)=1−kk xG′(x).xG'(x)=kG(x)+kxG'(x),\quad\text{soit}\quad \boxed{G(x)=\frac{1-k}{k}\,xG'(x).}
    2. Posons φ(x)=xk/(k−1)G(x)\varphi(x)=x^{k/(k-1)}G(x) pour x>x0x>x_0. Avec la relation précédente, kk−1x1k−1G(x)=−xkk−1G′(x)\frac{k}{k-1}x^{\frac{1}{k-1}}G(x)=-x^{\frac{k}{k-1}}G'(x), donc φ′(x)=kk−1x1k−1G(x)+xkk−1G′(x)=0.\varphi'(x)=\frac{k}{k-1}x^{\frac{1}{k-1}}G(x)+x^{\frac{k}{k-1}}G'(x)=0.

      φ\varphi est constante sur l'intervalle ]x0,+∞[]x_0,+\infty[ : G(x)=Cx−k/(k−1)G(x)=Cx^{-k/(k-1)}. Comme G(x)→1G(x)\to1 quand x→x0+x\to x_0^{+} (car Y≥x0Y\geq x_0), C=x0k/(k−1)C=x_0^{k/(k-1)}. En posant α=kk−1>1\alpha=\frac{k}{k-1}>1 :

      FY(x)=1−(x0x)α (x≥x0),FY(x)=0 (x<x0):Y suit la loi de Pareto de parameˋtres x0, α=kk−1.\boxed{F_Y(x)=1-\left(\frac{x_0}{x}\right)^{\alpha}\ (x\geq x_0),\quad F_Y(x)=0\ (x<x_0) : Y\text{ suit la loi de Pareto de paramètres }x_0,\ \alpha=\frac{k}{k-1}.}

      On retrouve bien MY(x)=αα−1x=kxM_Y(x)=\frac{\alpha}{\alpha-1}x=kx.

HEC Exercice 7 [DIS]

Exercice 7 - Égalité de deux variables binomiales - HEC 2007

Soient X,YX,Y deux variables binomiales de paramètres (n,1/2)(n,1/2) indépendantes. Calculer P(X=Y)\mathbb{P}(X=Y).

Corrigé

La variable Y′=n−YY'=n-Y prend ses valeurs dans {0,…,n}\{0,\ldots,n\} et P(Y′=k)=P(Y=n−k)=(nn−k)2−n=(nk)2−n\mathbb{P}(Y'=k)=\mathbb{P}(Y=n-k)=\binom{n}{n-k}2^{-n}=\binom nk2^{-n} : Y′↪B(n,12)Y'\hookrightarrow\mathcal B\left(n,\frac12\right), et Y′Y' est indépendante de XX. Par stabilité des lois binomiales de même paramètre p=12p=\frac12, X+Y′↪B(2n,12)X+Y'\hookrightarrow\mathcal B\left(2n,\frac12\right). Or [X=Y]=[X+Y′=n][X=Y]=[X+Y'=n], donc

P(X=Y)=(2nn)14n.\boxed{\mathbb{P}(X=Y)=\binom{2n}{n}\frac{1}{4^{n}}.}

On peut aussi écrire, avec le système complet ([X=k])0≤k≤n([X=k])_{0\leq k\leq n} et l'indépendance, P(X=Y)=∑k=0nP(X=k)P(Y=k)=14n∑k=0n(nk)2\mathbb{P}(X=Y)=\sum_{k=0}^{n}\mathbb{P}(X=k)\mathbb{P}(Y=k)=\frac{1}{4^{n}}\sum_{k=0}^{n}\binom nk^{2}, ce qui redonne la formule de Vandermonde ∑k=0n(nk)2=(2nn)\sum_{k=0}^{n}\binom nk^{2}=\binom{2n}{n}.

HEC Exercice 8 [FNV]

Exercice 8 - Rendement agricole - HEC 2007

Un agriculteur souhaite améliorer le rendement de son exploitation en utilisant de l'engrais. Une étude a montré que le rendement, en tonnes par hectare, pour la variété de blé cultivée est

f(B,N)=120B−8B2+4BN−2N2,f(B,N)=120B-8B^2+4BN-2N^2,

où BB est la quantité de semences de blé utilisée et NN la quantité d'engrais.

  1. Déterminer les extrema de ff ; donner leur nature.
  2. Si une contrainte de budget impose B+2N=23B+2N=23, déterminer l'optimum de rendement.
Corrigé
  1. ff est polynomiale, donc de classe C1\mathcal C^1 sur l'ouvert R2\mathbb{R}^{2} ; ses extrema sont à chercher parmi ses points critiques. ∂1f(B,N)=120−16B+4N,∂2f(B,N)=4B−4N.\partial_1f(B,N)=120-16B+4N,\qquad \partial_2f(B,N)=4B-4N.

    Le système ∂1f=∂2f=0\partial_1f=\partial_2f=0 donne B=NB=N puis 120−12B=0120-12B=0 : l'unique point critique est (10,10)(10,10). Pour tous réels h,kh,k,

    f(10+h,10+k)−f(10,10)=−8h2+4hk−2k2=−2(k−h)2−6h2≤0,f(10+h,10+k)-f(10,10)=-8h^{2}+4hk-2k^{2}=-2(k-h)^{2}-6h^{2}\leq0,

    avec égalité seulement si h=k=0h=k=0. Comme f(10,10)=1200−800+400−200=600f(10,10)=1200-800+400-200=600 :

    f admet en (10,10) un maximum global strict eˊgal aˋ 600, et aucun autre extremum.\boxed{f\text{ admet en }(10,10)\text{ un maximum global strict égal à }600,\text{ et aucun autre extremum.}}
  2. Sous la contrainte B=23−2NB=23-2N, on étudie g(N)=f(23−2N,N)g(N)=f(23-2N,N). En développant, g(N)=−42N2+588N−1472,g(N)=-42N^{2}+588N-1472,

    trinôme de coefficient dominant négatif, maximal en N=58884=7N=\frac{588}{84}=7, donc B=9B=9 (valeurs positives, admissibles). On vérifie f(9,7)=1080−648+252−98=586f(9,7)=1080-648+252-98=586 :

    sous la contrainte B+2N=23, le rendement maximal est 586, atteint pour B=9, N=7.\boxed{\text{sous la contrainte }B+2N=23,\text{ le rendement maximal est }586,\text{ atteint pour }B=9,\ N=7.}

HEC Exercice 9 [EV-AL,RED]

Exercice 9 - Familles de vecteurs propres - HEC 2007

  1. Donner, s'il en existe, un exemple de trois vecteurs de R2\mathbb{R}^2 tels que deux quelconques soient linéairement indépendants. Existe-t-il un endomorphisme de R2\mathbb{R}^2 dont ces trois vecteurs soient vecteurs propres ?
  2. Soit f∈L(Rn)f\in\mathcal L(\mathbb{R}^n) et F\mathcal F une famille de n+1n+1 vecteurs propres de ff, s'il en existe.
    1. F\mathcal F peut-elle être libre ?
    2. On suppose toute sous-famille de nn vecteurs de F\mathcal F libre. Démontrer que les n+1n+1 valeurs propres associées aux n+1n+1 vecteurs sont égales. Que peut-on en conclure pour ff ?
Corrigé
  1. Les vecteurs e1=(1,0)e_1=(1,0), e2=(0,1)e_2=(0,1) et e1+e2=(1,1)e_1+e_2=(1,1) sont deux à deux non colinéaires, donc deux quelconques d'entre eux sont linéairement indépendants. L'identité (ou toute homothétie) admet ces trois vecteurs pour vecteurs propres. Ce sont d'ailleurs les seuls endomorphismes possibles : si f(e1)=λ1e1f(e_1)=\lambda_1e_1, f(e2)=λ2e2f(e_2)=\lambda_2e_2 et f(e1+e2)=μ(e1+e2)f(e_1+e_2)=\mu(e_1+e_2), alors λ1e1+λ2e2=μe1+μe2\lambda_1e_1+\lambda_2e_2=\mu e_1+\mu e_2, donc λ1=λ2=μ\lambda_1=\lambda_2=\mu. (1,0), (0,1), (1,1) ; oui, par exemple Id⁡R2 (et seules les homotheˊties conviennent).\boxed{(1,0),\ (0,1),\ (1,1)\ ;\ \text{oui, par exemple }\operatorname{Id}_{\mathbb{R}^{2}}\text{ (et seules les homothéties conviennent).}}
    1. Une famille libre de Rn\mathbb{R}^{n} a au plus nn éléments : F ne peut pas eˆtre libre.\boxed{\mathcal F\text{ ne peut pas être libre.}}
    2. Notons F=(v1,…,vn+1)\mathcal F=(v_1,\ldots,v_{n+1}) avec f(vi)=λivif(v_i)=\lambda_iv_i et vi≠0v_i\neq0. La famille (v1,…,vn)(v_1,\ldots,v_n) est libre de cardinal nn, c'est une base de Rn\mathbb{R}^{n} : vn+1=∑i=1naiviv_{n+1}=\sum_{i=1}^{n}a_iv_i. Si un coefficient aja_j était nul, la famille des nn vecteurs (vi)i≠j(v_i)_{i\neq j}, qui contient vn+1v_{n+1}, serait liée : contradiction. Donc tous les aia_i sont non nuls. En appliquant ff, ∑i=1nλn+1aivi=f(vn+1)=∑i=1nλiaivi,\sum_{i=1}^{n}\lambda_{n+1}a_iv_i=f(v_{n+1})=\sum_{i=1}^{n}\lambda_ia_iv_i,

      et, par liberté, ai(λi−λn+1)=0a_i(\lambda_i-\lambda_{n+1})=0, soit λi=λn+1\lambda_i=\lambda_{n+1} pour tout ii. Notons λ\lambda cette valeur commune : ff coïncide avec λId⁡\lambda\operatorname{Id} sur la base (v1,…,vn)(v_1,\ldots,v_n).

      λ1=⋯=λn+1=λetf=λId⁡Rn est une homotheˊtie.\boxed{\lambda_1=\cdots=\lambda_{n+1}=\lambda\quad\text{et}\quad f=\lambda\operatorname{Id}_{\mathbb{R}^{n}}\text{ est une homothétie.}}

HEC Exercice 10 [EV-AL]

Exercice 10 - Compositions d'endomorphismes - HEC 2007

Soient u,v∈L(R2)u,v\in\mathcal L(\mathbb{R}^2), de matrices respectives A,BA,B dans la base canonique (e1,e2)(e_1,e_2). On suppose

AB=(0000),BA=(0100).AB=\begin{pmatrix}0&0\\0&0\end{pmatrix},\qquad BA=\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}.
  1. vv peut-il être bijectif ? Déterminer Im⁡v\operatorname{Im} v.
  2. Déterminer Ker⁡u\operatorname{Ker} u.
  3. Donner la forme des matrices A,BA,B.
Corrigé
  1. Si vv était bijectif, BB serait inversible et A=(AB)B−1=0A=(AB)B^{-1}=0, donc BA=0BA=0 : contradiction. Ainsi vv n'est pas bijectif et rg⁡B≤1\operatorname{rg}B\leq1. Comme BA≠0BA\neq0, B≠0B\neq0, donc rg⁡B=1\operatorname{rg}B=1. De plus Im⁡(v∘u)⊂Im⁡v\operatorname{Im}(v\circ u)\subset\operatorname{Im}v et Im⁡(v∘u)=Vect⁡(e1)\operatorname{Im}(v\circ u)=\operatorname{Vect}(e_1) (la matrice BABA envoie e2e_2 sur e1e_1 et e1e_1 sur 00). Les deux espaces étant de dimension 11 : v n’est pas bijectif et Im⁡v=Vect⁡(e1).\boxed{v\text{ n'est pas bijectif et }\operatorname{Im}v=\operatorname{Vect}(e_1).}
  2. AB=0AB=0 signifie u∘v=0u\circ v=0, soit Im⁡v⊂Ker⁡u\operatorname{Im}v\subset\operatorname{Ker} u : e1∈Ker⁡ue_1\in\operatorname{Ker} u. Comme BA≠0BA\neq0, u≠0u\neq0 et, par le théorème du rang, dim⁡Ker⁡u≤1\dim\operatorname{Ker} u\leq1. Donc Ker⁡u=Vect⁡(e1).\boxed{\operatorname{Ker} u=\operatorname{Vect}(e_1).}
  3. u(e1)=0u(e_1)=0 : la première colonne de AA est nulle. Im⁡v=Vect⁡(e1)\operatorname{Im}v=\operatorname{Vect}(e_1) : la seconde ligne de BB est nulle. On écrit donc A=(0a0b)A=\begin{pmatrix}0&a\\0&b\end{pmatrix} et B=(cd00)B=\begin{pmatrix}c&d\\0&0\end{pmatrix}. Alors AB=0AB=0 automatiquement et BA=(0ac+bd00)BA=\begin{pmatrix}0&ac+bd\\0&0\end{pmatrix}. Réciproquement, de telles matrices conviennent dès que ac+bd=1ac+bd=1 : A=(0a0b),B=(cd00),ac+bd=1.\boxed{A=\begin{pmatrix}0&a\\0&b\end{pmatrix},\quad B=\begin{pmatrix}c&d\\0&0\end{pmatrix},\quad ac+bd=1.}